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ECONOMIE
Septembre 1999

wpeE1.jpg (2350 octets) Tchad

Des ONG veulent un moratoire sur le projet tchadien d'oléoduc
WASHINGTON, 28 sept (AFP) - Des organisations non gouvernementales tchadienne et camerounaise, soutenues par une ONG américaine, ont demandé lundi à la Banque mondiale (BM) un moratoire sur son éventuelle participation à un projet de construction de pipeline reliant le Tchad et le Cameroun. "Les deux ans que nous demandons nous serviront à demander de meilleures conditions intérieures, parce qu'il n'y a pas de cadre juridique permettant aux populations de se défendre", a affirmé Delphine Djiraïbe, présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme au cours d'une conférence de presse. "L'argent servira à acheter des armes si le pétrole est exploité" dans les conditions actuelles, a-t-elle ajouté, soulignant que les populations ont été mal informées sur l'impact du projet. "Les buts de la Banque mondiale sont d'éradiquer la pauvreté et d'encourager le développement à long terme. Nous ne pensons pas que la situation politique actuelle dans ces deux pays permette d'atteindre ces objectifs à travers ce projet", a déclaré Samuel Nguiffo, qui dirige le Centre pour l'Environnement et le Développement au Cameroun, dans un communiqué. Le projet de 3,5 milliards de dollars prévoit l'exploitation de champs pétroliers dans le sud-ouest du TchadTchadet d'offrir un débouché sur la côte camerounaise grâce à un pipeline de quelque 1.000 kilomètres. Il est mis sur pied par un consortium de trois des plus grands groupes pétroliers mondiaux: l'américain Exxon, l'anglo-néerlandais Shell et le français Elf. Le conseil d'administration de la Banque mondiale doit se prononcer sur une éventuelle participation. Selon le Fonds de Défense de l'Environnement (EDF), qui soutient l'initiative des ONG locales, le consortium pétrolier ne lancera le projet que si la Banque mondiale y participe. L'EDF juge que ce projet met gravement en danger l'environnement et que les nouveaux rapports d'expertise des compagnies pétrolières, demandés à la Banque mondiale, ne donnent pas encore assez de garanties. "Le Cameroun a été classé cette année le pays le plus corrompu du monde, par l'organisation de lutte contre la corruption Transparency international et le Tchad sort à peine d'une guerre civile", a affirmé Korinna Horta, économiste à l'EDF. Elle estime que le projet ne "fera qu'exacerber la corruption, les atteintes aux droits de l'Homme et la destruction de l'environnement". Un alpiniste militant de l'organisation écologiste Rainforest Action Network a déroulé lundi sur la façade de la Banque mondiale à Washington une imposante affiche de protestation contre le projet d'oléoduc Tchad-Cameroun, provoquant un attroupement avant que les pompiers ne tentent de le faire descendre. Les pompiers de la ville avaient déployé une grande échelle au niveau du 9e étage du bâtiment et ont négocié pendant une heure avant que le jeune homme, qui s'était accroché aux câbles décoratifs qui ornent la prestigieuse façade du siège de la banque, n'accepte de descendre.
wpeDE.jpg (2878 octets) Etats-Unis

Réduction de la dette : inquiétude des pays en développement
WASHINGTON, 26 sept (AFP) - Les pays en développement du G24 ont fait part samedi de leur inquiétude face aux difficultés rencontrées sur le financement de la réduction de la dette, venant notamment de la Banque mondiale, car ils craignent des conséquences négatives pour l'aide future les concernant. Dans un communiqué, le G24 appelle à un "partage équitable entre les créanciers" et se dit "très préoccupé" face à l'idée d'utiliser les fonds de l'AID-IDA - l'agence de la Banque mondiale qui prête aux pays les plus pauvres - pour financer la part de la Banque dans l'initiative de réduction de la dette. "Les pays industrialisés, en particulier ceux du G7, devraient fournir davantage de ressources que celles promises jusqu'ici", estime le G24. James Wolfensohn, le président de la Banque mondiale, a averti à plusieurs reprises qu'il faudrait faire appel à des contributions bilatérales pour financer la part de la Banque (5 milliards USD au total) dans l'allègement de la dette. La Banque a déjà promis 2 milliards puisés dans ses bénéfices. Certains pays comme les Etats-Unis, l'Allemagne ou même la France voudraient cependant une participation de la Banque plus importante. Augmenter celle-ci reviendrait à puiser dans les ressources de l'Agence Internationale pour le Développement (AID-IDA) et donc à réduire d'autant les prêts futurs de cette agence aux pays pauvres. "Le financement de l'initiative renforcée d'allègement de la dette ne devrait pas se faire aux dépens de pays en développement qui ne profiteront pas de cette initiative", ajoute le G24. Les pays en développement craignent aussi que cela ne conduise à un renchérissement des prêts de la Banque mondiale. Car au-delà de la réduction de la dette, il faut continuer l'aide au développement, disent les pays du G24. Ils sont "d'accord pour que les ressources libérées par l'effacement de la dette soient utilisées pour réduire la pauvreté (...) mais elles ne seront pas suffisantes pour soutenir la croissance et d'autres ressources concessionnelles doivent être mobilisées", indique le communiqué. Les pays en développement s'insurgent également contre une certaine "ingérence" dans les affaires sociales et de gestion des affaires publiques qui "va au-delà du mandat des institutions de Bretton Woods", selon eux. Les pays en développement ont par ailleurs mis en garde contre la montée du protectionnisme dans les pays industrialisés où leurs exportations se heurtent déjà à de "sérieux obstacles". Ils ont estimé que la reprise dans les pays en développement restait "plutôt fragile" et appelé à un renforcement de la coordination entre les pays industrialisés pour "enrayer les fluctations brutales des taux de changes entre les grandes monnaies, qui leur créent de sérieuses difficultés". Le G24 comprend l'Algérie, l'Argentine, le Brésil, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, l'Egypte, l'Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Guatemala, l'Inde, l'Iran, le Liban, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, le Pérou, les Philippines, le Sri Lanka, la Syrie, Trinité et Tobago, le Venezuela et la Chine comme invitée spéciale.
wpeE1.jpg (2350 octets) Gabon

Le Gabon pourrait augmenter sa participation dans Elf-Gabon
LIBREVILLE, 22 sept (AFP) - Le président Omar Bongo n'exclu pas une augmentation de la participation de l'Etat gabonais dans le capital d'Elf-Gabon, filiale du groupe français Elf-Aquitaine, selon ses déclarations diffusées mardi par la presse.
"Est-ce que le gouvernement gabonais va continuer avec les 25% qu'il a dans Elf-Gabon? Est-ce qu'il ne doit pas aussi monter à 33 ou 34% pour avoir une minorité de blocage?", s'est-il interrogé à son retour d'un voyage de deux semaines à l'étranger. En revanche il ne s'est pas prononcé sur les conséquences de la fusion entre TotalFina et Elf-Aquitaine, qui place ce nouveau groupe au quatrième rang mondial des pétroliers,. Qualifiant la fusion entre les deux groupes pétroliers européens de "cuisine interne à la France", M. Bongo a ajouté qu'il attendait les responsables de TotalFina pour obtenir de plus amples explications sur l'avenir de la filiale. Lle capital d'Elf-Gabon est actuellement détenu à hauteur de 57% par Elf Aquitaine, 25% par l'Etat gabonais et 18% par des investisseurs gabonais.
wpeE1.jpg (2916 octets) France

Zone franc: décélération accentuée de la croissance en 99
PARIS, 22 sept (AFP) - La décélération de la croissance, observée en 1998 dans les pays de la zone franc, devrait "s'accentuer" en 1999, estime le rapport annuel de la Zone franc. Le recul de la croissance "pourrait s'accompagner d'une dégradation des équilibres financiers internes et externes de plusieurs pays de la zone", ajoute le rapport, publié à Paris par le Secrétariat du Comité monétaire de la Zone franc. "Les perspectives économiques et financières des pays de la zone franc apparaissent dans l'ensemble plus incertaines qu'en 1998, en dépit de l'amélioration de l'environnement international", souligne le rapport. En 1998, les pays de la zone franc ont connu une "croissance soutenue" mais en décélération. Elle a atteint 5,1%, contre 5,5% en 1997 pour les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et 4,3%, contre 5,5% pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), indique le rapport. Du fait de la remontée des cours de pétrole depuis le début de l'année, l'Afrique de l'ouest subirait un renchérissement de ses importations combiné à une baisse de ses recettes d'exportations en raison de la poursuite accentuée au 1er semestre 1999 de la dégradation des cours des matières premières (café, cacao, coton, arachide). En revanche, l'Afrique centrale bénéficierait d'un surcroît de recettes pétrolières. Mais cette hausse ne sera pas suffisante à court terme pour éviter l'alourdissement du besoin de financement du Gabon et du Congo, estime le rapport. La détérioration des finances publiques, parfois liée à un manque de transparence dans la gestion des fonds publics, a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à mettre fin aux programmes d'ajustement structurels en vigueur, rappelle le rapport. II souligne les "limites" des stratégies axées sur le rétablissement des équilibres macroéconomiques sous la surveillance des bailleurs de fonds et plaide pour "une surveillance multilatérale des politiques économiques". Il préconise aussi des réformes dites de "deuxième génération", appuyées notamment sur une association plus étroite du secteur privé à l'amélioration des infrastructures. Combinées à l'ajustement budgétaire, ces réformes permettraient une orientation des dépenses publiques vers les secteurs prioritaires, dont la santé et l'éducation. Le secrétarait de la zone franc préconise la poursuite de "la stratégie d'intégration dans l'ensemble de la zone" afin "de réduire la vulnérabilité aux chocs externes et élargir les bases d'une croissance saine et durable". Les pays africains de la Zone franc sont quinze. D'une part: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo forment l'union monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEOMO). D'autre part: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad (qui forment l'union monétaire de l'Afrique centrale, CEMAC). Et enfin, les Comores qui ne font partie d'aucune des deux unions.
wpeE1.jpg (2350 octets) Cameroun

Le FMI accorde une nouvelle aide de 44,3 milliards de FCFA au Cameroun

YAOUNDE, 16 sept (AFP) - Le Fonds monétaire international (FMI) vient d'accorder au Cameroun une aide d'un montant de 44,3 milliards de francs CFA (443 millions de FF), dont 16,7 milliards de FCFA (167 millions de FF) seront versés immédiatement, a annoncé jeudi de la représentation du FMI à Yaoundé. Cette aide, qui entre dans le cadre d'un programme économique et financier triennal, correspond au troisième et dernier accord annuel au titre de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR), selon la même source. Au terme de ce programme triennal engagé en juillet 1997, le Cameroun aura ainsi reçu du FMI la somme globale de 132,7 milliards de FCFA (plus de 1,3 milliard de FF), rappelle-t-on. "Les administrateurs du FMI félicitent les autorités camerounaises pour leurs performances dans l'application des deux premières années du programme", a-t-on appris dans un communiqué remis à la presse. "Des progrès ont été effectués dans la mise en oeuvre des réformes structurelles, notamment dans la réhabilitation du système bancaire, la privatisation des entreprises publiques et les mesures visant à libéraliser le secteur de l'énergie et des transports", ont-ils expliqué. "Malgré la détérioration des termes de l'échange dans la première moitié de 1998-1999", le FMI constate que "l'inflation a été contenue, tandis que l'introduction de la taxe sur la valeur ajoutée a été réussie". Les administrateurs du FMI encouragent par ailleurs le gouvernement camerounais à "continuer les réformes structurelles dans les secteurs publics, pétrolier, agro-industriel et des transports, ainsi qu'à libéraliser le commerce", ajoute le document.
wpeE1.jpg (2350 octets) Niger

Le Fonds de solidarité africaine poursuit ses activités sans la France
NIAMEY, 16 sept (AFP) - Le retrait de la France du Fonds de solidarité africain (FSA) "ne remet nullement en cause la poursuite des opérations" de cette institution, a estimé lundi dans un communiqué la direction générale de ce Fonds, basée à Niamey.
La France qui fournissait la moitié du capital du FSA, estimé à 15 milliards de F CFA (150 millions de FF), s'est retirée la semaine dernière de cette institution, dont elle est membre, aux côtés de 13 pays africains, depuis 23 ans.
La France, qui assure la présidence du conseil, a reproché au Fonds l'absence "de plan de réforme" et son manque d'efficacité à "mobiliser le financement extérieur". Un document du FSA, transmis à l'AFP, souligne que ce départ va priver le FSA de 7 milliards de F CFA (70 millions de FF) représentant le retrait des parts de la France dans le capital qui se fera de façon progressive pendant cinq ans. Le document avertit que cette "ponction sur les avoirs" du FSA "réduirait fortement" ses capacités d'intervention "sans remettre en cause son existence". Toutefois, le FSA espère assainir ses finances grâce à 6,5 milliards de F CFA que doit lui verser, à titre de "dommages et intérêts", la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), déboutée par la Cour d'appel à Niamey dans un litige qui les oppose depuis 1993, selon ce texte. La mission du FSA, créé en décembre 1976 à Bangui, est de "participer au développement économique des Etats africains les plus défavorisés", en leur accordant des prêts. D'importants projets dans les secteurs des télécommunications, de l'eau des routes, de la santé ont été financés par le FAS dans plusieurs pays membres. Les Etats africains membres du FSA sont: le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, la République centrafricaine, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Mali, l'Ile Maurice, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
wpeE1.jpg (2350 octets) Gabon

Un représentant du FMI "confiant" sur la résolution des problèmes du Gabon
LIBREVILLE, 16 sept (AFP) - Un représentant de Washington du Fonds monétaire international (FMI), de passage pour 72 heures à Libreville, s'est déclaré "confiant" quant à la résolution des problèmes financiers du Gabon et a "encouragé" ce pays à "poursuivre ses efforts de remise en ordre". Après un entretien vendredi soir avec le ministre de l'Economie et des Finances Emile Doumba, M. Christian François, conseiller principal au département Afrique du FMI, a indiqué à la presse locale que "les relations entre le FMI et le Gabon ont toujours été étroites". "Le Fonds, a-t-il ajouté, a bien sûr à plusieurs reprises exprimé ses préoccupations sur certains aspects de l'évolution financière du Gabon, mais je crois qu'un effort considérable est entrepris pour remettre les choses en ordre". "Nous avons toute confiance que le ministre des Finances, sur la base des instructions du chef de l'Etat, va mener à bien toutes les opérations d'assainissement qui étaient nécessaires pour le Gabon", a précisé M. François.
Il s'est également déclaré "confiant que ces problèmes arriveront à être résolus" tout en affirmant qu'il "ne voudrait pas sous-estimer également la tâche à laquelle le ministre des Finances est confronté". Cette visite, note-t-on de source financière gabonaise, s'est déroulée alors que M. Emile Doumba devrait effectuer prochainement une visite aux Etats-Unis où il aura également des contacts avec des représentants du FMI. Le Gabon, confronté à une crise économique sans précédent et actuellement en quasi-cessation de paiement, devra impérativement conclure au cours des prochains mois un nouvel accord avec le FMI et la Banque mondiale pour bénéficier du soutien financier des institutions de Bretton Woods. Le Gabon est actuellement hors programme FMI, un précédent accord de facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR) d'un montant de 110,3 millions de Droits de tirage spéciaux (DTS), signé avec cette institution en juillet 1995 pour une période de trois ans, ayant expiré en début d'année, rappelle-t-on.