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Mauritanie Mise en liberté du capitaine mauritanien écroué pour "crimes de torture" |
| MONTPELLIER, 28 sept (AFP) - La chambre d'accusation de la Cour d'appel de Montpellier a décidé mardi la mise en liberté sous contrôle judiciaire du capitaine mauritanien Ely Ould Dah, mis en examen pour "crimes de torture" et écroué depuis le 2 juillet, a annoncé son avocat. |
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Burundi Au moins 29 morts dans des camps où sont regroupés 200.000 Burundais |
| BUJUMBURA, 28 sept (AFP) - Au moins 29 personnes sont mortes en une semaine, faute d'assistance humanitaire, dans des camps où les autorités ont regroupé plus de 200.000 Burundais autour de Bujumbura, a-t-on appris mardi de sources concordantes. "En une semaine, nous avons enregistré 29 morts, en majorité des femmes et des enfants, sur ces sites", a affirmé à l'AFP un responsable de l'administration locale qui a voulu rester anonyme et dit craindre que la "situation des regroupés, dejà précaire, ne s'aggrave si les aides d'urgence n'arrivent pas rapidement." "Il y a des personnes qui étaient malades quand elles ont été forcées d'aller dans les sites, des femmes ont fait de fausses couches, des enfants sont morts de faim ou de soif", explique-t-il. L'armée, dominée par la minorité tutsie au pouvoir, a entrepris de regrouper les civils autour de la capitale afin, selon elle, de pourchasser plus facilement les rebelles hutus qui attaquent Bujumbura. Selon des listes dressées par le major Bathazar Batungwanayo, gouverneur de la province de Bujumbura rural qui enserre la ville, plus de 200.000 personnes sont regroupées dans diverses communes de la province, a rapporté à l'AFP une source de l'ONU qui a souhaité rester anonyme. "Ces personnes sont restées environ une semaine sans aide ni assistance", a assuré cette source, reconnaissant que les organisations humanitaires "n'avaient pas prévu une catastrophe humanitaire pareille". Depuis 1993, la guerre civile au Burundi qui oppose le pouvoir et l'armée, dominés par la minorité tutsie, à divers mouvements de rebelles hutus, a fait plus de 200.000 morts. |
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Guinée-équatoriale Le président Obiang Nguema atteint d'un cancer de la prostate |
| MADRID, 26 sept (AFP) - Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema souffre d'un cancer de la prostate et a subi deux fois cette année des examens médicaux aux Etats-Unis, affirme dimanche le quotidien espagnol El Pais. Le président Obiang Nguema, 57 ans, s'est rendu en septembre à la clinique Mayo de Rochester, au Minnesota, où il avait déjà passé des examens médicaux en avril, ajoute le journal. Citant une source "proche du dossier médical", El Pais ajoute que le président équato-guinéen souffre d'un cancer avancé de la prostate et reçoit un traitement à base d'oestrogènes. Selon le quotidien espagnol, le voyage du président Obiang Nguema et sa suite au Canada et aux Etats-Unis, du 5 septembre au 2 octobre, a été payé par la filiale en Guinée équatoriale du pétrolier Mobil Oil (Mobil GE). Le président de Mobil GE Art Green, affirme El Pais, a reçu fin août une lettre lui demandant "sa collaboration habituelle pour que Mobil GE prenne en charge les frais d'hôtel, de transport et tout autre frais liés à des situations imprévues découlant de la présence de la délégation présidentielle" dans les pays visités. El Pais, qui souligne que Mobil n'a pas répondu à ses demandes d'explication, rappelle que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont dénoncé l'opacité financière de l'exploitation pétrolière en Guinée équatoriale. Selon le FMI, les revenus annuels du pétrole en Guinée équatoriale sont de l'ordre de 125 millions d'euros. A la mi-septembre, l'opposition équato-guinéenne en Espagne avait dénoncé la mise en place par le président Obiang Nguema, avant son départ à l'étranger, d'une junte militaire dirigée notamment par deux de ses frères, les généraux Armengol Ondo Nguema et Antonio Mba Nguema. |
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Niger L'enquête sur l'assassinat du président Maïnassara "classée sans suite" |
| NIAMEY, 22 sept (AFP) - L'enquête sur l'assassinat le 9 avril du président Ibrahim Baré Maïnassara, sera "classée sans suite", en raison de l'amnistie accordée par la Constitution aux auteurs des coups d'Etat de 1996 et 1999, affirme mercredi l'hebdomadaire indépendant Le Démocrate. Selon le journal qui cite un avocat de la famille du président assassiné, l'enquête a été "bouclée la semaine dernière" et la gendarmerie a transmis son rapport au ministère de l'Intérieur. La nouvelle constitution élaborée par la junte du commandant Daouda Mallam Wanké au pouvoir depuis l'assassinat de Maïnassara, prévoit l'amnistie pour les auteurs des deux derniers coups d'Etat au Niger. Cette constitution a été adoptée par référendum le 18 juillet, Dans un récent rapport, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a dénoncé le "sacre de l'impunité" au Niger. Cédant à des pressions internationales, la junte qui a affirmé que la mort de Maïnassara n'était qu'un "accident malheureux" a, deux mois après l'assassinat, confié une enquête à la gendarmerie. Pour Amnesty cependant, "l'impartialité d'une telle enquête peut être mise en doute car la gendarmerie dépend directement du ministère de la Défense". |
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Liban Une "grande puissance" espionne les Libanais |
| BEYROUTH, 22 sept (AFP) - Le précédent ministre libanais de la Défense et actuel député, Mohsen Dalloul, a affirmé que les représentants d'une "grande puissance" disposent au Liban d'un système d'écoutes téléphoniques avec lequel ils espionnent la classe politique. Dans des déclarations publiées mardi par des quotidiens libanais, M. Dalloul (opposition) a affirmé que cette partie "utilise des instruments de haute technicité installés à l'une des entrées de la capitale et mis à sa disposition" par les responsables des services de sécurité libanais "qui reçoivent en contrepartie des informations insignifiantes". "A l'aide de ces instruments cette grande puissance espionne tout le monde, les présidents, des ministres, des députés (...) et les renseignements obtenus sont mis à la disposition de l'ennemi sioniste (Israël)", affirme-t-il. M. Dalloul s'est refusé à identifier la partie incriminée mais on affirme dans son entourage qu'il s'agit des Etats-Unis. Un des ténors de l'opposition, le chef druze Walid Joumblatt, avait pour sa part indiqué dans une interview il y a plusieurs mois que des systèmes d'écoutes sophistiqués avaient été introduits au Liban en 1983 sous le mandat du président Amine Gemayel après le déploiement de la Force Multinationale (FM, Etats-Unis, GB, France, Italie) à la suite de l'invasion israélienne du Liban. Ces instruments servaient notamment à espionner l'armée syrienne qui avait été forcée par l'armée israélienne à évacuer la capitale libanaise et à se redéployer dans la plaine de la Békaa. Le matériel a été installé par la suite dans divers endroits du territoire libanais et ses capacités ont été modifiées pour servir de système d'écoutes téléphoniques des particuliers, avait précisé M. Joumblatt. Ces accusations interviennent alors que la polémique bat son plein au Parlement et au sein du gouvernement depuis une semaine sur l'existence de systèmes d'écoutes téléphoniques non autorisés. Le débat est allé jusqu'à ébranler la cohésion gouvernementale et provoquer une correspondance agressive, rendue publique, entre le Premier ministre Salim Hoss et son ministre de l'Intérieur Michel Murr, M. Hoss l'accusant implicitement de lui avoir fourni de faux renseignements qui auraient amené le gouvernement à induire en erreur les députés. M. Hoss a ainsi rendu public une lettre dans laquelle il demande à son ministre comment il expliquait qu'il lui avait assuré qu'il n'y avait pas de systèmes d'écoutes au ministère de l'Intérieur "alors que le directeur général de la sûreté générale a affirmé le contraire à la commission parlementaire en charge du dossier". M. Murr a alors rétorqué par voie de presse qu'il avait voulu dire qu'il "n'y avait pas d'écoutes illégales" dans son département sans augurer des services de l'Etat qui ne sont pas sous son contrôle. La polémique s'est alors encore amplifiée et une psychose d'espionite, se traduisant par un langage codé et à demi-mots notamment lors d'entretiens téléphoniques avec la presse, s'est répandue dans la classe politique. |
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Congo L'Eglise dénonce "le pillage systématique" des paroisses dans le Kasaï |
| KINSHASA, 22 sept (AFP) - L'Eglise catholique a dénoncé lundi à Kinshasa "le pillage systématique" des églises, couvents et séminaires dans les deux provinces du Kasaï (centre) et particulièrement dans les zones contrôlées par les rebelles et l'armée rwandaise. Dans une lettre ouverte publiée lundi, l'archevêque de Kananga (capitale de la province du Kasaï occidental), Godefroid Mukenga-Kalond et les évêques des diocèses du Kasaï s'élèvent contre "la rage destructrice des pillards", qu'ils n'identifient pas plus précisément et demandent une aide pour "les colonnes de milliers" d'habitants de la région condamnés à "l'errance" par la guerre. Dans le Kasaï oriental, "neuf paroisses ont été systématiquement pillées, les écoles et les centres de santé détruits, les objets de culte emportés, les églises profanées dans le diocèse de Tshumbe", s'insurgent les prélats, selon qui "le théâtre de mort est semblable au diocèse de Kole, où l'on signale le pillage systématique de l'évêché" et de paroisses. Dans le Kasaï occidental, "les paroisses de Muetshi, Katende, Mashala, Munkamba, Kabuluanda et Benaleka ne conservent pratiquement plus rien de leur patrimoine après des scènes odieuses de vol, viol et profanation des lieux de culte", ajoutent dans leur lettre les évêques. La ville de Kabinda (1.100 km à l'est de Kinshasa), verrou défensif des forces gouvernementales, "vit aujourd'hui asphyxiée à cause de la rareté des produits pharmaceutiques et du manque de vivres", rappelle également le texte. Le Kasaï, où est extrait la grande majorité des diamants de République démocratique du Congo (RDC), constitue le front central de la guerre en RDC. |
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Haïti Plaintes contre Jean-Claude Duvalier pour "crimes contre l'humanité" |
| PARIS, 16 sept (AFP) - Quatre plaintes pour "crimes contre l'humanité" visant l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, ont été déposées vendredi matin auprès du parquet de Paris, a-t-on appris de source judiciaire. Ces plaintes simples émanent de quatre Haïtiens installés en France depuis le début des années 1980. Ils affirment avoir été emprisonnés pendant plusieurs années à Haïti, et torturés, pour des raisons politiques, sous le régime de "Baby Doc" (1971-1986), a-t-on précisé. Les plaignants, qui ne souhaitent pas que leurs identités soient révélées, sont représentés par Me Basile Ader, avocat au barreau de Paris. Ces plaintes ont toutefois peu de chances de prospérer, estime-t-on de source judiciaire. La législation française ne prend en effet en compte que les "crimes contre l'humanité" commis par les puissances de l'Axe, durant la Seconde guerre mondiale, ou perpétrés après 1994, année de l'entrée en vigueur du nouveau code pénal. Porté disparu depuis 1997 pour le ministère de l'Intérieur, après le décès de sa mère dans une clinique de la banlieue parisienne, M. Duvalier, 48 ans, serait malade et dépourvu de ressources. On ignore s'il se trouve toujours en France. Selon le ministère de l'Intérieur en France, interrogé au printemps dernier sur le sort de l'ex-dictateur de Port-au-Prince, "Baby Doc" ne dispose pas de statut de résident en France, et aucun mandat d'arrêt ni demande d'extradition ne pèsent sur lui. L'ancien dictateur, au pouvoir absolu pendant 15 ans, et qui, fuyant les émeutes en Haïti, s'était installé dans un exil doré sur la Côte d'Azur jusqu'en 1993, estime cependant bénéficier en France "d'un droit d'asile exceptionnel implicite". Depuis une résidence dont on ignore la localisation, il avait accordé en décembre 1998 à la chaîne de télévision LCI une interview dans laquelle il précisait "préférer vivre dans la simplicité et la discrétion" et "avoir hérité de mon père un certain montant que j'ai fait fructifier". Un "Comité pour la mise en jugement de Duvalier" s'est créé à la fin de l'année dernière à Paris, composé d'opposants haïtiens et d'universitaires qui demandent son jugement pour les exactions présumées commises sous sa présidence, qui se seraient traduites par des dizaines de milliers de morts. L'Etat Haïtien lui réclame également le remboursement de plusieurs centaines de millions de dollars. |
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Niger Les enseignants du Niger boycottent la rentrée scolaire |
| NIAMEY, 16 sept (AFP) - Les enseignants nigériens du primaire ont
décidé vendredi d'empêcher la rentrée scolaire prévue le 1er octobre pour exiger le
paiement de plusieurs mois d'arriérés de salaires. Dans un communiqué lu à la radio, le syndicat national des enseignants de base (SNEB) demande à "tous ses militants" de "boycotter" les opérations de recrutement de nouveaux élèves et de "bloquer" la rentrée d'octobre sur l'ensemble du territoire. Le SNEB dénonce "le silence de cimetière" des autorités "face à la précarité" de la situation des enseignants et conditionne la rentrée scolaires au paiement de trois mois d'arriérés de salaires. |
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Tchad Le président Deby minimise la rébellion de Youssouf Togoïmi dans le nord |
| PARIS, 16 sept (AFP) - Le président tchadien Idriss Deby a minimisé
samedi la portée de la rébellion menée dans le nord du Tchad par son ancien ministre
Youssouf Togoïmi qui a annoncé il y a dix jours son intention "d'entrer
victorieusement à Ndjamena avant la fin de l'année". "M. Togoïmi ne viendra
à Ndjamena que par la voie de la négociation ou parce que nous l'aurons invité", a
déclaré le président tchadien dans un entretien accordé à Radio France Internationale
(RFI) à Moncton (Canada) où il participe au sommet de la francophonie. Le président
Deby a estimé que son ancien ministre de la Justice, de la Défense puis de l'Intérieur
qui avait bruyamment démissionné du gouvernement en mai 1997 "fait partie des
mécontents" mais qu'"il ne représente absolument rien". Le Tibesti (région nord-est) "est contrôlé par l'administration civile et militaire tchadienne" a précisé M. Deby, réfutant les arguments de M. Togoïmi selon lesquels la rébellion contrôlerait 85% de cette région. M. Togoïmi dirige depuis octobre 1998 le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad. |
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Côte-d'Ivoire RSF proteste contre la condamnation de six journalistes béninois |
| ABIDJAN, 16 sept (AFP) - L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a protesté vendredi contre la condamnation de six journalistes béninois à des peines allant de 3 à 12 mois d'emprisonnement pour "diffamation". Les rédacteurs des articles incriminés ont été condamnés à trois mois de prison, et leurs directeurs de publication, Patrick Adjamonsi, Vincent Folly et Célestin Abissi, des journaux "L'Aurore", "Le Matin" et "L'Oeil du Peuple" à un an. Les journalistes, qui ne se sont pas présentés au tribunal, font l'objet d'un mandat d'arrêt. Le Matin avait mis en cause dans ses colonnes un agent de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne (ASECNA), dans une affaire de malversation financière. L'Aurore avait publié un article dénonçant la prétendue implication d'un agent de la Croix Rouge dans le meurtre d'une réfugiée libérienne. Dans une lettre adressée au ministre béninois de la Justice Joseph Gnonlofoun, le secrétaire général de RSF Robert Ménard a demandé que "les six journalistes ne soient pas arrêtés. Il a également demandé la modification "dans un sens plus libéral" de la loi béninoise sur la presse de 1997, notamment l'article 86 qui prévoit des peines d'emprisonnement allant de trois mois à un an pour diffamation". "Un emprisonnement pour un délit de presse est considéré par les instances internationales en charge des droits de l'homme, comme disproportionnée par rapport au préjudice subi par la victime", note M. Ménard. |
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Pays-Bas La Suissesse Carla Del Ponte adopte un profil bas pour son arrivée au TPI |
| LA HAYE, 16 sept (AFP, Michel CONRATH) - La magistrate suisse Carla Del Ponte a choisi d'adopter un profil bas pour sa prise de fonctions comme procureur général des Tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie (TPI) et pour le Rwanda (TPR), mercredi à La Haye. Auparavant procureur général de la confédération helvétique, Mme Del Ponte succède à la Canadienne Louise Arbour, qui a écourté d'un an le mandat qu'elle exerçait depuis fin 1996 au TPI pour siéger à la Cour suprême de son pays. A son arrivée dans les locaux du TPI, Mme Del Ponte, 52 ans, a soigneusement évité de rencontrer la presse. Dans les semaines qui viennent, elle va "s'acclimater à son (nouveau) bureau et à son entourage", a déclaré son porte-parole, Paul Risley. "Je ne m'attends pas à ce qu'elle veuille des rencontres avec des journalistes dans l'immédiat. Je pense qu'elle va aborder cela avec précaution", a ajouté M. Risley. Le porte-parole avait déjà souligné ces dernières semaines la nécessité pour Mme Del Ponte de prendre connaissance des dossiers souvent très complexes gérés par le tribunal spécial créé par l'ONU en 1993 concernant l'ex-Yougoslavie, et un an plus tard pour le Rwanda. Le porte-parole a aussi fait valoir les "précautions de sécurité très strictes" qui devront être prises, "au moins au début" de son mandat et compte tenu du fait que "Madame Del Ponte amène avec elle des considérations de sécurité spécifiques, en raison de son travail précédent en Suisse". En Suisse, Mme Del Ponte s'est notamment occupé ces dernières années d'affaires impliquant la mafia russe. M. Risley a indiqué qu'elle devrait se rendre rapidement au Conseil de Sécurité de l'ONU à New York, comme il est d'usage pour un nouveau procureur du TPI. Louise Arbour s'est pour sa part félicité du caractère "irréversible" des progrès enregistrés ces dernière années par les tribunaux internationaux, à l'issue de la présentation de son rapport de fin de mandat au Conseil de sécurité dans la nuit de mardi à mercredi. "Je pense que pendant les trois années durant lesquelles j'ai été procureur, nous avons franchi un point de non retour. Ces tribunaux sont maintenant très solidement établis", a-t-elle déclaré à des journalistes. Le TPI et le TPR ont envoyé un puissant signal "pour mettre fin à la culture de l'impunité et de l'abus de pouvoir qui ont conduit à laisser impunis les dirigeants politiques et militaires", a-t-elle ajouté. Une série de dossiers épineux attendent maintenant Carla Del Ponte. Mme Arbour a notamment laissé sur son bureau le dossier d'un éventuel élargissement de l'inculpation du président yougoslave Slobodan Milosevic, la première à avoir jamais été prononcée par un tribunal international contre un chef d'Etat en exercice. M. Milosevic a été inculpé fin mai pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Kosovo, mais Mme Arbour a laissé entendre qu'il pourrait devoir répondre de génocide - chef d'inculpation le plus lourd -, voire être inculpé pour sa responsabilité dans les guerres précédentes en Croatie et en Bosnie. Carla Del Ponte devra aussi superviser le bouclage des enquêtes sur les charniers du Kosovo et tenter de régler un contentieux ouvert avec la Croatie, concernant les exactions commises en 1995 par les forces de Zagreb lors de la reconquête de territoires croates des mains de séparatistes serbes. Le ministre croate de la justice, Zvonimir Separovic, s'est rendu mardi et mercredi au siège du TPI pour y remettre de nouveaux documents, mais les responsables du tribunal se sont dits dans l'impossibilité dans l'immédiat d'en évaluer l'importance. |
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Rwanda L'évêque rwandais Misago rejette les accusations de génocide |
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KIGALI, 14 août (AFP, Jean-Claude NKUBITO) - L'évêque catholique rwandais de Gikongoro (sud-ouest), Mgr Augustin Misago, a catégoriquement rejeté mardi devant un tribunal de Kigali toutes les accusations de génocide et crimes contre l'Humanité dont il est accusé. "Je plaide non coupable, messieurs les juges, je n'accepte rien de tout ce dont je suis accusé", a crié le prélat après l'énoncé des accusations par le tribunal de première instance de Nyamirambo, où son procès a repris après 20 jours d'ajournement. Dès le début de l'audience, le greffier a lu les accusations portées contre le premier haut prélat catholique accusé de tels crimes: génocide et crimes contre l'Humanité, non assistance à personnes en danger, participation aux milices génocidaires et meurtres, dont ceux de trois prêtres catholiques tués sur le territoire où il officiait pendant le massacre de 500.000 à 800.000 Tutsis et Hutus modérés dans tout le pays, d'avril à juillet 1994. Le prêtre est également accusé de complicité dans la disparition de trente jeunes filles qui avaient demandé sa protection. "Ces accusations sont une pure machination du parquet pour mener à bonne fin la position affichée le 7 avril dernier par le président rwandais lorsqu'il m'a publiquement accusé de génocide", a rétorqué à la barre l'évêque arrêté le 14 avril dernier et maintenu depuis en prison. Mgr Misago avait été mis directement en cause le 7 avril par des rescapés de son diocèse et par le président Pasteur Bizimungu, dans un discours commémorant le cinquième anniversaire du génocide. "Même si son innocence arrivait à être prouvée, nous demanderons malgré tout au Vatican de nous débarrasser de cet homme, qu'il soit nommé évêque ailleurs qu'au Rwanda", avait alors déclaré le chef de l'Etat. Parmi les témoins à charge, figurent deux prêtres catholiques de Gikongoro. Le prélat a lancé à ses juges que "le génocide est un crime tellement grave que continuer à en accuser les innocents risque de conduire à un révisionisme pur et simple". Le 25 août, son procès avait été ajourné pour lui permettre, ainsi qu'à ses trois avocats qui l'assistaient mardi, d'étudier son dossier de 300 pages. Dans les travées du public, plusieurs hommes d'église ont assisté à la première journée de débats au milieu de Rwandais venus de tous le pays. L'Eglise catholique rwandaise qui soutient Mgr Misago, s'était dit "suffisamment préparée" pour la comparution du prélat. "La conférence épiscopale lui a payé un avocat", avait précisé à l'AFP l'abbé Boniface Kagabo, membre du secrétariat des évêques rwandais. Huit des neuf évêques catholiques du Rwanda avaient demandé en avril la mise en liberté provisoire de l'évêque de Gikongoro, pour raisons de santé, promettant qu'il "se soumettra à toutes les conditions légales" posées pour sa libération. Le parquet avait rejeté la requête. Originaire de Byumba dans le centre-nord du Rwanda, Mgr Misago était devenu évêque de Gikongoro le 25 juillet 1991, un an après l'offensive lancée par le Front Patriotique Rwandais (FPR), l'ancienne rébellion opposée au président Habyarimana, majoritairement tutsie et aujourd'hui au pouvoir. |