LES FEMMES ET LA PAUVRETE
Mireille LACOMBE
Une élue auvergnate dénonce
le " terrorisme " contre les femmes
par Théodora YONKOVA
" Les femmes sont les premières
victimes des inégalités et de la pauvreté
croissante en Europe et face à cette urgence, il faut contraindre
les Etats à agir concrètement et à l'échelle
régionale ", telle est la conclusion de Mireille
Lacombe, membre PSE du Comité des régions et conseillère
générale du Puy-de-Dôme dans son rapport-expertise.
Un travail qui fait suite à la décision du Parlement
européen de faire appel au Comité des régions
pour réaliser une étude sur la " pauvreté
des femmes dans l'Union européenne ". Et de marquer
ainsi la journée pour l'éradication de la pauvreté
(le 17 octobre).
Le 13 octobre dernier en session plénière
du Comité des Régions à Bruxelles, devant
un public de 367 élus locaux et régionaux, Mireille
Lacombe a démontré que l'Europe aujourd'hui est
la proie d'un nouveau terrorisme. " Terrorisme " économique,
culturel, social et familial dirigé contre les femmes.
Après débat, un compromis a été trouvé
sur la reconnaissance du droit au travail qui contredit toute
politique d'incitation au retour des femmes à la maison.
Cette politique ayant surtout pour objectif de faire baisser les
statistiques du chômage.
Les constats présentés dans l'avis
par Mireille Lacombe sont alarmants et ses préconisations,
sans appel. En effet, depuis une dizaine d'années l'égalité
entre les hommes et les femmes ralentit dans tous les pays de
l'Union, malgré les traités et les dispositifs
législatifs existants. Selon la conseillère
générale du Puy-de-Dôme, les femmes sont les
premières touchées par la pauvreté qui trouve
son origine dans les inégalités et l'exclusion sociale.
Dans le domaine de l'emploi, l'écart par rapport aux hommes
se creuse en raison de la fragilité sociale des femmes
et du déficit de confiance qu'elles inspirent. Mireille
Lacombe déplore que les politiques macro-économiques
de libéralisation des marchés et d'incitation à
la concurrence, sans prise en compte de la dimension sociale,
entraînent cette féminisation de la pauvreté.
Ainsi, les droits sociaux et la législation de l'emploi
étant régulièrement ignorés, ce sont
les droits fondamentaux des femmes qui se trouvent bafoués.
Aussi Mireille Lacombe insiste sur l'urgence de
transposer la législation existante dans tous les pays-membres.
Et de trouver un équilibre entre flexibilité et
sécurité de l'emploi, de rendre ce dernier accessible
aux femmes défavorisées dans le respect de la stratégie
de Lisbonne. Pour lutter contre les discriminations sur le marché
du travail en raison de l'âge, des charges familiales ou
des origines, elle préconise des mesures contraignantes
à tous les échelons et dans tous les Etats membres.
Pour rétablir le lien social rompu et retrouver une démocratie
qui met au centre de ses préoccupations l'homme et
la femme.
Théodora YONKOVA
LEGISLATION
EUROPEENNE
en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes
Traité JO L 17 du 19 janvier 2001, article
2 selon lequel la promotion de l'égalité entre les
hommes et les femmes figure parmi les missions de l'UE :
- art. 3 : l'élimination des inégalités constitue
un objectif transversal des politiques de l'UE.
- art. 13 : donne le droit à la Commission de prendre des
initiatives en vue de combattre toute discrimination, entre autre
fondée sur le sexe.
- art. 141 impose l'application du principe de l'égalité
des rémunérations entre travailleurs masculins et
féminins.
- art. 23 de la Charte des Droits fondamentaux assure du principe
d'égalité entre les femmes et les hommes dans tous
les domaines.
- Déclaration de Pékin : " la participation
des femmes au développement économique et social,
l'égalité des chances et la pleine participation,
sur un pied d'égalité, des femmes et des hommes,
en tant qu'agents et bénéficiaires d'un développement
durable au service de l'individu sont des conditions essentielles
à l'élimination de la pauvreté
"
LA SITUATION
DES FEMMES EN EUROPE
- 60 %, le taux d'emploi pour les femmes
en âge de travailler fixé en tant qu'objectif d'ici
2010 par le Sommet de Lisbonne (2000);
- 44 % de femmes actives dans l'UE;
- 17 % des femmes vivent encore en dessous du seuil
de risque de pauvreté (60 % du revenu moyen national,
prestations sociales comprises)
- 33,5 % des emplois à temps partiel pour
les femmes contre 6,5 % pour les hommes; en 10 ans, progression
2 fois plus rapide du TP pour les femmes;
- 70 % des 1,3 milliard de pauvres dans le monde
(vivant avec moins d'1 dollar par jour) sont des femmes (selon
l'OIT);
- 2007 "Année européenne
de l'Egalité des chances pour tous - vers une société
plus juste", initiative de la Commission présentée
le 31.05.2005.