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Intervention de M. Bozidar Jaredic
secrétaire d'Etat à l'Information de la République du Monténégro
à l'occasion du déjeuner de presse de l'UIJPLF,
vendredi 16 juin 2000, au restaurant du Sénat à Paris,
Mesdames
et Messieurs
Chers collègues,
Au nom du gouvernement du Monténégro et en mon nom, je vous salue très cordialement et j'exprime ma très grande satisfaction d'être ici parmi vous aujourd'hui.
Tout d'abord, je souhaite vous transmettre brièvement quelques informations sur le Monténégro, ses problèmes actuels, sa position dans la fédération yougoslave, l'état de ses mass-média et ses efforts d'ouverture face aux processus d'intégration européens et mondiaux.
Le Monténégro aspire à se construire et à s'affirmer comme un Etat de droit, ouvert, démocratique, multi-ethnique, ayant une stabilité sociale. Au Monténégro, vivent environ 670.000 habitants, dont la majorité est composée de Monténégrins et également de musulmans, de Serbes et d'Albanais et d'autres nationalités.
Le premier état slave qui a été créé sur le territoire de l'actuel Monténégro s'appelait Duklia. A partir du XIème siècle, cet état, pratiquement indépendant, est connu sous le nom de Zeta. Le nom de Monténégro (Crna Gora) n'a commencé à être utilisé qu'à partir du XVème siècle.
C'est au Monténégro que la première imprimerie slave du sud a été créée, en la lointaine année 1494. Le Monténégro est le premier pays des Balkans à avoir possédé la radio-télégraphie et un réseau d'éclairage public. Dans la ville de Cetinje, on joue au tennis depuis cent ans et on y a mené une politique étrangère dynamique.
Le Monténégro est un pays méditerranéen. Son littoral s'étire sur environ 200 km avec plus de 70 km de plages de sable. La plage de Becici a été déclarée la plus belle d'Europe, en 1920, à Paris. Le pays est embelli par quatre parcs nationaux et plusieurs lacs magnifiques. La magnifique gorge de Tara est la deuxième plus longue du monde. La ville de Kotor est protégée par l'UNESCO. Podgorica est la capitale du Monténégro.
La plupart d'entre vous le sait, mais je vais vous le rappeler, le Monténégro se situe dans la péninsule balkanique. Et les Balkans sont confrontés depuis longtemps à des évènements désagréables et imprévisibles. Ces évènements ont ralenti l'évolution de notre civilisation.
Hélas, la fin du XXème siècle nous a apporté d'énormes peines malgré nos grands espoirs de progrès et d'évolution. La désintégration de la "précédente" Yougoslavie, la guerre sans merci, en situation d'encerclement et les sanctions très dures de la communauté internationale, nous ont fait reculer de plusieurs années. Beaucoup d'occasions nous ont échappé, mais nous gardons l'espoir d'un avenir meilleur.
Une lourde responsabilité pèse sur notre génération et sur les générations futures pour trouver la meilleure manière de valoriser tout notre potentiel, y compris les ressources naturelles. En effet, nous avons décidé une stratégie de développement qui définit le Monténégro comme un espace douanier libre en off-shore. L'objectif est de promouvoir notre pays au niveau international comme un centre d'affaires attractif en Méditerranée, par des facilités fiscales et douanières et la libre disposition du profit. Ces mesures alliées à d'autres facilités doivent inciter les partenaires internationaux à investir au Monténégro.
Vous savez certainement que le Monténégro est une des composantes de la République fédérale de Yougoslavie. Lors du référendum, nos citoyens se sont prononcés pour une vie commune avec la République de Serbie. Ils souhaitent être égaux et respectés. Ce statut nous est redevable, parce que notre Etat a une longue tradition. Le peuple est très attaché à l'idée yougoslave et l'a défendue au cours de l'histoire. Dans la dernière période, le peuple a, injustement, supporté trop de souffrances et de difficultés. Au niveau des échanges extérieurs, les sanctions de la communauté internationale, nous ont coûté plus de 6,5 milliards de dollars de pertes. A l'intérieur, le Monténégro subit une forte pression des autorités de Slobodan Milosevic, qui se manifeste de plus en plus sous forme de violence juridico-politique, économique et médiatique. Et tout celà, parce que le Monténégro s'est opposé à une politique autoritaire, dictatoriale et néfaste qui n'a rien apporté de bon ni au Monténégro, ni à la Yougoslavie, ni à la Serbie et à son peuple.
Les autorités du régime de Belgrade ne respectent et ne reconnaissent ni notre président de la République légalement élu, ni les autorités du Monténégro. Contrairement à la Constitution, ils annulent les lois relevant exclusivement des autorités du Monténégro. Ils n'acceptent pas la délégation du Monténégro à l'Assemblée fédérale, légalement élue. Le gouvernement fédéral et son président, sont mis en place sans respect de la Constitution. Ces éléments ajoutés aux pressions économiques et médiatiques, rendent difficile la position du Monténégro dans l'Etat commun.
Malgré tout cela, le Monténégro reste en Yougoslavie, dans l'espoir que la Serbie et ses forces démocratiques trouvent une solution pour s'engager sur la voie des réformes et de la démocratie. C'est l'intérêt de la communauté internationale mais surtout, son propre intérêt, pour que la Yougoslavie puisse enfin trouver une voie pour entrer dans la famille des pays européens à laquelle elle appartient. Hélas, je dois souligner que le comportement du régime de Belgrade ferme encore la porte de la voie qui mène vers l'Europe.
Nous avons proposé à la Serbie une plate-forme pour redéfinir en urgence les rapports entre la Serbie et le Monténégro, face à une crise complète de fonctionnement de l'Etat fédéral et à cause des pressions exercées sur notre République. L'objectif était de protéger le Monténégro de l'arbitraire de certains hommes de pouvoir et de créer les conditions pour que l'Etat fédéral devienne un Etat de droit, de réformes, démocratique, reconnaissant les institutions internationales et la Charte de la communauté internationale.
Nous attendons de vraies réponses.
Heureusement l'Europe et la communauté internationale ont compris que le Monténégro, sûr et réfléchi, a choisi la voie de la démocratie et avance vers l'économie de marché et sur la voie pro-européenne. Un soutien fort est donné à ce mouvement. L'accès aux programmes du Pacte de stabilité pour le sud-est de l'Europe nous est ouvert. Nous bénéfiçions d'un soutien économique fort, et des garanties son annoncées ainsi que certains capitaux, aux projets stratégiques pour le développement du Monténégro.
Avec joie et gratitude, je peux dire que les portes de l'Europe s'ouvrent désormais de plus en plus au Monténégro. Justement, les principaux axes de développement extérieurs du Monténégro s'orientent vers l'ouverture aux pays voisins et au monde, vers une coopération complète pour permettre une entrée accélérée dans l'Europe et ses institutions. Autres éléments à souligner : le développement intérieur, le renforcement de la démocratie parlementaire des citoyens, une société multi-ethnique et multi-confessionnelle, la liberté des mass-média, la poursuite des réformes et la privatisation complète de l'économie. Cette orientation stratégique est soutenue par la majorité des citoyens et devient de plus en plus une manière de penser au Monténégro.
Je termine avec la question de l'information qui aurait pu être mon sujet initial. Le Monténégro aspire à la liberté de la presse et de la parole publique, conformément à sa longue et bonne tradition. Il existe une loi sur les mass-média, basée sur les expériences des pays occidentaux avancés : nous avons donc défini la liberté et réalisé la démocratisation complète de ce domaine. Au Monténégro, toute personne physique ou morale, monténégrine ou étrangère, peut créer un organe d'information, sans condition préalable. Au Monténégro, pays petit et pauvre, plus de 250 organes de presse, 15 radios et 5 chaînes de télévision sont enregistrées.
Un nombre considérable de journaux serbes sont enregistrés au Monténégro parce qu'ils rencontrent des difficultés en Serbie. Légalement et de façon démocratique, nous avons organisé le domaine sur le modèle des mass-médias étrangers englobant le travail des correspondants, les centres culturels et d'information, l'importation de la presse étrangère, des programmes radiophoniques, etc.
Aujourd'hui, nous avons encore beaucoup de difficultés. Pendant que nous nous battons pour la liberté de parole publique et pour un espace libre d'information, la torture pèse sur les mass-média et les représentants de la libre parole en Serbie. Les journalistes sont arrêtés et même assassinés. Pour ces raisons, je suis pour que nos informations circulent vers la Serbie. De l'autre côté, il y a l'installation par le biais de l'armée de points de propagande "You-info-télévision".
Heureusement, depuis l'année dernière, grâce à l'aide de l'Union européenne, le programme de la Radio et de la Télévision du Monténégro est transmis par satellite. De cette façon, l'Europe et le monde, peuvent mieux connaître l'évolution et les souhaits du Monténégro.
Je profite de cette occasion pour vous inviter au Monténégro, afin de mieux connaître le pays.
Je suis certain que vous serez d'accord avec les paroles du poète anglais Lord Byron, sur le Monténégro : "Justement, c'est ici que s'est passée la meilleure rencontre entre le ciel et la terre".
Fin de l'intervention de M. Bozidar Jaredic
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