Brèves


Lanceurs d’alerte : l’appel de l’AJE

Le jugement rendu sur plainte de la firme Price Waterhouse Coopers, par le Tribunal d’arrondissement de Luxembourg, le 29 juin, le jour du sommet européen est assez hallucinant. Il nous a fait réagir à l’Association des journalistes européens (section française). Au-delà de l’argumentation juridique, il s’agit d’une menace réelle, et inégalitaire, qui plane sur le journalisme européen. C’est un appel que l’AJE lance donc aux institutions européennes. Faites preuve de courage, de cohérence et de lucidité. Proposez, adoptez une législation sur les lanceurs d’alerte, comme vous en avez proposé une sur le secret d’affaires. Nous demandons également aux organisateurs du Prix Charlemagne de faire preuve d’un peu d’audace et de décerner leur prochain prix aux protagonistes de cette affaire. Ils l’ont bien mérité. Avec le Luxleaks, ils auront considérablement fait avancer la lutte contre l’évasion fiscale (ou plutôt l’optimisation fiscale…).

74 journalistes tués en six mois

Trois journalistes ont été tués chaque semaine en moyenne depuis début janvier. Le nombre de victimes, 74 en six mois, continue d'augmenter, a déploré lundi à Genève la Presse Emblème Campagne (PEC). Les conflits en cours et non résolus sont à l'origine de ce prix très élevé payé par les journalistes pour informer l'opinion publique", a déclaré le secrétaire général de l’ONG, Blaise Lempen. Malgré les efforts, il faut oeuvrer davantage encore à la lutte contre l'impunité, selon lui. Sur la même période, le nombre de journalistes tués a augmenté chaque année depuis 2013, où il était inférieur à 60. Depuis début janvier, dix collaborateurs de médias ont été tués en Afghanistan. Ce pays devance la Syrie avec 9 victimes, le Mexique qui en totalise 8, puis le Yémen et l'Irak avec 7. Selon la PEC, deux tiers des journalistes tués ont été ciblés délibérément et un tiers sont décédés dans des affrontements. Parmi eux, beaucoup ont été visés par les groupes terroristes.

image 150 ans de presse malgache
150 ans de presse malgache

La presse malgache est sans doute la plus ancienne des pays francophones du sud : Teny soa (« la bonne parole ») y est paru en janvier 1866, et a ouvert un chemin de 150 années pour une presse dont la très grande vitalité se prouve encore aujourd’hui. Au colloque de cet anniversaire organisé à Paris par la Sorbonne le 15 juin dernier, on a savamment évoqué le passé, mais aussi tendu des perches au futur. Un passé marqué par des luttes, dans lesquelles la presse nationaliste a été le terreau de construction de l’identité nationale face au colonisateur, où l’ « opération transistor » des premières années de l’indépendance (un poste dans chaque foyer !) a été un facteur déterminant d’unification de la langue, où les périodes de censure pure et dure du régime Ratsiraka n’ont pas entamé la détermination des entrepreneurs de presse. Celle-ci perdure aujourd’hui dans les difficultés économiques, longuement décrites par les intervenants, et qui seront -aussi- à l’ordre du jour des 45èmes Assises, sur place à Antsirabe, en novembre prochain.