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Côte
d'Ivoire
Le
Forum de réconciliation
UNE ERE NOUVELLE
Guy
MOSKIT
Journaliste
Un vent d'optimisme souffle sur la Côte d'ivoire. Le Forum
pour la réconciliation nationale, dont la tenue en octobre
2001 était déjà en soi une avancée décisive,
a permis de refermer la parenthèse d'instabilité et
de violences que le coup d'Etat du général Gueï
avait ouvert en décembre 1999. Catharsis collective, ce Forum,
dont les résolutions ont été adoptées
fin janvier 2002 par les quatre principaux leaders politiques ivoiriens,
jette les bases d'une vraie réconciliation nationale. Le
président Laurent Gbagbo, l'ex-président Henri Konan
Bédié (PDCI), le général Robert Guéï
(UPDCI) et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara (RDR) ont
approuvé la création d'un comité de juristes
pour organiser fin juillet un colloque sur la constitution controversée
de la deuxième république. Autres points d'accord
importants, le règlement judiciaire de la question de la
nationalité d'Alassane Ouattara, la mise en place d'une commission
nationale sur la question très sensible du foncier rural,
le renforcement de l'Etat de droit, la nécessité de
résoudre la crise scolaire et universitaire. Les dirigeants
ont aussi affiché leur volonté de faire la lumière
sur les événements sanglants de 2000 et 2001 et pris
acte de l'engagement du gouvernement à améliorer la
sécurité dans le pays et oeuvrer au sein d'un cabinet
d'union nationale. La Côte d'Ivoire scelle un nouveau pacte
républicain.
Cette politique de normalisation et d'ouverture menée par
le président Laurent Gbagbo a permis au pays de rompre son
isolement diplomatique et de renouer avec les bailleurs de fonds.
Après trois ans de suspension, la Banque Mondiale, le FMI,
l'Union européeme et la France ont décidé de
reprendre leur aide financière. Autre bonne nouvelle, la
Côte d'Ivoire pourrait bénéficier dès
2004 de l'initiative de réduction de la dette en faveur des
pays pauvres très endettés.
Fort du consensus ébauché autour de sa politique
et du soutien de la communauté financière internationale,
le président Laurent Gbagbo peut aborder les prochaines années
sur des bases solides et mettre en oeuvre son programme de refondation
nationale. Les priorités sont données à la
santé (avec notamment un projet d'assurance maladie universelle),
à l'éducation, à la lutte contre la pauvreté,
mais aussi à la réforme de la justice et à
la décentralisation. Les objectifs sont clairs : rassurer
les Ivoiriens, réduire les disparités, réhabiliter
la très vieillissante et budgetivore administration. Et enfin,
consolider la démocratie vers un nouvel horizon plein d'espoir
et de sérénité.
Essentiels pour rétablir la confiance des investisseurs
et relancer la croissance, la justice, la sécurité
et l'assainissement des structures d'Etat devront faire l'objet
de mesures courageuses. La Côte d'Ivoire, à l'instar
du Mexique en Amérique du Sud, ou de Singapour en Asie du
Sud-Est, entend jouer, de nouveau, pleinement son rôle de
locomotive économique et de pôle de stabilité
en Afrique de l'Ouest. Le pays se remet à espérer,
porté par un véritable projet de société...
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