Union de la Presse Francophone
 
La francophonie

1. Versailles
2. Québec
3. Dakar
4. Paris
5. Grand Baie
6. Cotonou
7. Hanoi
8. Moncton
9. Beyrouth
10. Ouagadougou
11. Bucarest

Retour pagé précédente
Menu pricipal
U.P.F.
La gazette
Pressothèque
Agence d'info - U.P.F.

MONCTON, Nouveau-Brunswick (Canada) 3-5 septembre 1999

Participation - Tous les États et gouvernements de la Francophonie participent à la Conférence, soit 49 membres et trois observateurs. Trente-sept d’entre eux sont représentés par leur chef d’État ou de gouvernement. Deux pays observateurs, l’Albanie et la Macédoine, deviennent membres associés des sommets et trois pays acquièrent le statut d'observateur, soit la Lituanie, la République tchèque et la Slovénie.

Sommet de la jeunesse - Le thème du Sommet porte sur la jeunesse. Cinq jeunes prennent la parole au cours de la cérémonie solennelle d’ouverture et une douzaine de jeunes échangent à huis clos pendant plus d'une heure avec les chefs d’État et de gouvernement.

Droits de la personne - Sommet à forte insistance sur la démocratie, l’état de droit et les droits de la personne, en raison de la situation politique qui prévaut dans certains pays. Un observatoire de la démocratie doit être mis sur pied par le secrétaire général et les pays de la Francophonie sont invités à ratifier le statut de Rome qui porte sur la création d’une cour pénale internationale.

Diversité culturelle - Les chefs d’État et de gouvernement s’engagent à « promouvoir, dans le processus d’intégration mondiale en cours, le respect de la diversité culturelle, facteur indéniable de l’enrichissement du patrimoine culturel » (Déclaration de Moncton, art. 4). Des concertations seront organisées pour tous les membres de la Francophonie pour définir une position commune en vue des prochaines négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui aura lieu à Seattle, au début de décembre 1999. De semblables concertations seront périodiquement tenues sur d’autres sujets où il importe que la Francophonie fasse front commun sur la scène internationale.

Conférence des ministres de la culture - Une conférence des ministres francophones de la Culture sera tenue dans un pays du Sud, avant le prochain sommet. 9e Sommet à Beyrouth (Liban), en 2001

 

Allocution du Secrétaire général de la Francophonie
Monsieur Boutros Boutros-Ghali, à la séance solennelle d'ouverture du VIIIème Sommet de la Francophonie


Moncton, le 3 septembre 1999

Monsieur le Premier Ministre du Canada,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Mes Chers amis,

Au moment où s'ouvre, ici, à Moncton, le 8ème Sommet de la Francophonie, je voudrais, avant tout, vous faire part d'un sentiment de fierté. Fierté, tout d'abord, d'avoir été choisi par vous, pour mettre en mouvement la Francophonie nouvelle, telle que vous l'avez dessinée à Hanoi. Mais fierté, aussi, d'être au service d'une Francophonie rénovée, sûre d'elle-même, confiante, qui entrevoit, sans doute mieux que dans le passé, son avenir et son destin. Car la Francophonie est aujourd'hui, me semble-t-il, en passe de remporter un formidable pari : celui de rester fidèle à ses racines, tout en s'ouvrant à la diversité du monde. Fidèle à ses racines, car il me semble essentiel, quelles que soient les transformations de notre institution, que nous conservions, en nous, ce que j'aimerais appeler " l'esprit de Niamey ", qui a lancé, il y a maintenant 30 ans, l'institution dont nous sommes, en quelque sorte, les héritiers. Cet esprit fonde la communauté francophone sur la fraternité et la solidarité. Une fraternité et une solidarité qui se nourrissent du plus puissant lien qui soit : celui de la langue que nous avons en partage et qui nous donne notre identité réelle. C'est en gardant cette idée à l'esprit que j'ai voulu développer cette Francophonie politique dont vous m'avez confié la charge. C'est la raison pour laquelle j'ai tenu à ce que les grandes valeurs de la démocratie, des droits de l'Homme et de l'Etat de droit, constituent le fondement de notre action. Dans ce domaine, nous avons, en deux ans, fait beaucoup avancer les choses. Par l'assistance électorale, par des missions de bons offices, par des actions de médiation, par le soutien aux institutions judiciaires et à la presse écrite et audiovisuelle. Mais ne nous le cachons pas ! Beaucoup reste à faire. Et l'opinion publique ne comprendrait pas que la Francophonie ne soit pas plus exigeante dans le domaine de la démocratie et des droits de l'Homme. Notre Organisation est là pour aider chaque membre de notre communauté ! Notre Organisation est là pour encourager chaque progrès dans ce domaine ! Notre Organisation est là, aussi, pour être à l'écoute de ceux qui luttent pour aider à faire progresser ces valeurs. Car l'avènement de la démocratie et la promotion des droits de l'Homme sont les impératifs catégoriques de la Francophonie ! Ces impératifs ne peuvent s'incarner dans le réel que s'ils s'appuient sur une politique de coopération cohérente et efficace. Car nous savons tous combien le développement économique et social est la condition indispensable d'une paix et d'une démocratie durables. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que l'Agence Intergouvernementale et les autres opérateurs de la Francophonie recentrent leurs actions, de manière à apporter une véritable valeur ajoutée à la coopération multilatérale ! Je veux le dire clairement ! En matière de coopération, la Francophonie n'est pas là pour faire ce que d'autres font déjà. Et souvent mieux. Et avec des moyens plus importants. En d'autres termes, la Francophonie est d'abord là pour faire ce que d'autres ne feront jamais à sa place ! La Francophonie est donc là pour faire entendre la voix de ses membres au sein des plus hautes instances internationales. Elle est là pour défendre leurs intérêts. Elle est là pour promouvoir le respect de la diversité culturelle et linguistique. Elle est là pour œuvrer en faveur de la paix au sein de l'espace francophone. Elle est là pour développer l'éducation et la formation de la jeunesse francophone. Elle est là pour stimuler la coopération économique et favoriser la participation de tous ses membres au commerce mondial. Elle est là pour démocratiser l'accès aux nouvelles technologies, notamment dans les pays francophones du Sud, et susciter la multiplication des contenus en français sur les inforoutes. Elle est là pour assurer la mobilité des jeunes et faciliter leur emploi. Elle est là, enfin, pour favoriser la concertation et la circulation de l'information entre ses Etats et gouvernements membres. La valeur ajoutée de la Francophonie, c'est tout cela ! et beaucoup d'autres choses encore. Ce n'est qu'à ce prix qu'elle pourra rester fidèle à ses idéaux, tout en relevant le premier de tous les défis, celui de la modernité. Mais, dans le même temps, la Francophonie doit s'ouvrir à la diversité du monde. J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises : ne vivons jamais la Francophonie comme une citadelle assiégée, ne vivons jamais la Francophonie comme un repliement sur nous-mêmes ! La Francophonie n'est elle-même que lorsqu'elle s'ouvre au monde. Car, j'en suis convaincu depuis longtemps, la Francophonie est une autre manière de vivre l'universel. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu, dès les premiers mois de mon mandat, aller à la rencontre des autres Organisations régionales, aller à la rencontre des autres aires linguistiques, aller à la rencontre de l'Organisation des Nations Unies. Et j'ai, dans cette démarche, reçu un accueil au delà de mes attentes et de mes espoirs. En deux ans, nous avons pu avec d'autres Organisations internationales et avec l'Organisation mondiale, mener des actions électorales, conduire des actions de médiation, initier des projets de coopération, lancer la réflexion sur des sujets d'intérêt commun. Tout un chantier s'est ouvert, aujourd'hui, à nous qui fait, désormais, de la Francophonie un acteur à part entière de la vie internationale. Et je veux me réjouir avec vous que le Secrétaire général des Nations Unies et les responsables d'autres organisations internationales soient là, avec nous, aujourd'hui, pour témoigner de l'importance et de l'intérêt qu'ils attachent à notre existence et à notre action. Dans le même temps, j'ai voulu ouvrir la Francophonie sur les organisations non gouvernementales, sur le monde de l'entreprise, le monde économique, le monde financier. De manière à donner à la Francophonie un ancrage de plus en plus solide dans la réalité du monde. Là encore, mon espoir n'a pas été déçu. Beaucoup reste à faire, mais beaucoup de projets sont esquissés. Et je suis, je l'avoue, encouragé par l'intérêt réel que suscite la Francophonie dans des milieux, traditionnellement bien loin de nos préoccupations francophones. C'est donc, Excellences, Mesdames, Messieurs, ce message et ces impressions que je voulais vous livrer aujourd'hui. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis, il y a deux ans, à Hanoi, ont fait preuve d'une puissante intuition. Ils ont fait le pari du changement et de la modernité. Ils ont fait confiance à la Francophonie, à sa capacité de se transformer, à sa capacité de sortir du registre confidentiel dans lequel certains veulent parfois l'enfermer. Oui ! le temps est venu d'une Francophonie sans complexes, d'une Francophonie libérée, qui ose dire à la face du monde ce qu'elle est, ce qu'elle fait, et ce qu'elle entend faire ! Et je veux voir, aujourd'hui, dans l'histoire de cette terre d'Acadie, chargée de symboles, le destin même de la Francophonie. Une histoire à jamais associée à ces femmes et à ces hommes qui ont lutté pour sauver leur mémoire, pour préserver leur langue, leur culture, leur identité, en un mot, leur âme. Et qui ont su, tout en restant fidèles à leurs racines, se hisser à la pointe de la technologie. Quelle belle leçon de courage, de détermination et d'audace ! C'est ce courage, cette détermination et cette audace qui doivent, plus que jamais, nous animer pour porter haut les couleurs de la Francophonie dans un univers en mouvement. Ce courage, cette détermination, cette audace sont déjà ancrés dans le cœur de tous les jeunes de l'espace francophone. Vous les avez entendus ! Ils sont prêts ! Ils comptent sur la Francophonie ! Et la Francophonie se doit, désormais, de compter avec eux ! C'est pourquoi je forme le vœu, en terminant, que la Francophonie sorte de ce 8ème Sommet - parce qu'il est le Sommet de la jeunesse - plus innovante que jamais, plus militante que jamais, en un mot, plus que jamais rayonnante ! Vive Moncton ! Vive le Nouveau Brunswick ! Vive le Canada ! Et que Vive la Francophonie !

u