L'éditorial
de Georges GROS: Quelle francophonie ?
UIJPLF. Les états
généraux de la presse francophone au Congo-Brazzaville
Pour un nouveau souffle de la presse africaine.
"De Windhoek 1991 à Brazzaville 2001.Dix ans
de combat pour une presse libre"
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EDITORIAL
par Georges GROS
secrétaire général international
de l'UIJPLF
Quelle francophonie ?
Rassembler le plus grand nombre possible de pays et vouloir
constituer un ensemble cohérent sont deux objectifs différents
qui peuvent, parfois, s'opposer.
Le pari est difficile: réunir autour d'une même
langue - qui, pour certains, n'est ni officielle, ni d'usage
courant lorsqu'elle est seulement pratiquée, à
l'occasion, par quelques locuteurs - des états aux systèmes
politiques ne défendant pas les mêmes valeurs et
aux cultures différentes, ressemble fort à vouloir
trouver la quadrature du cercle.
S'il paraît difficile de refuser l'entrée à
ceux qui souhaitent, pour des raisons qui sont les leurs, en
faire partie, il paraît nécessaire de définir
des critères d'adhésion pour répartir les
pays dans différentes catégories. Il n'est pas
logique, en effet, de placer sur un même pied les pays
qui mènent une politique en faveur de l'enseignement
de notre langue, de l'édition de livres et du développement
de la presse écrite et audiovisuelle en français
et ceux - et leur nombre ira en augmentant - qui n'agissent
pas dans ces trois domaines essentiels pour cette langue commune
qu' ils disent vouloir partager.
Il n'est pas non plus logique de situer sur un même plan
le Québec, la Communauté française de Belgique,
le Sénégal, le Maroc ou la Côte d'Ivoire
par exemple, qui construisent chaque jour la francophonie et
d'autres qui ne lui apportent rien et qui en attendent beaucoup
trop.
Les chefs d'Etat et de gouvernement qui vont se réurnir
à Beyrouth dans quelques semaines, pour leur IXème
sommet, devraient se souvenir du rôle des associations
francophones qui, dès 1950, ont commencé à
bâtir cette francophonie grâce à leurs valeurs
communes.
Il appartient aux responsables francophones de savoir mettre
en commun leurs valeurs pour ériger un ensemble politique
et culturel durable autour de la langue française où
les droits de l'homme seront respectés.
Georges GROS
Secrétaire général international de
l'UIJPLF