Groupe RINGIER
Les deux
passions de Michael Ringier:
le lecteur et donc le journalisme
Leader de la presse alémanique avec
un chiffre d'affaires qui dépasse le milliard de francs
suisses, le groupe Ringier, au capital entièrement familial,
fêtera, l'an prochain, ses 170 ans. Bien qu'alémanique,
l'éditeur, fier de ses origines françaises, s'est
installé en Romandie voici 80 ans. Plusieurs de ses titres
ont des dizaines d'années d'existence, mais il sait aussi
se renouveler, créer, prendre le risque de l'innovation,
même si le fil conducteur de sa gestion reste la prudence.
A l'étroit dans la Confédération,
où nul ne lui conteste sa première place dans
le secteur de l'imprimerie, Michaël Ringier, à l'image
des groupes multinationaux, a su, dès la chute des régimes
communistes en 1989, prendre des positions en Europe, qui se
révèlent aujourd'hui très fructueuses.
Il s'intéresse aussi à l'Asie, à la Chine
particulièrement, mais ne conçoit son rôle
d'éditeur que dans un processus démocratique,
dont ses titres doivent aider au développement.
Sa stratégie est simple: satisfaire les
attentes du lecteur pour le fidéliser, lui offrir un
produit de qualité et, pour cela, mettre en place les
meilleures équipes rédactionnelles possibles.
Michaël Ringier croit au journalisme. Et
cela lui rapporte. En situation de crise économique,
comme ce fut le cas en 2001, il a réussi à tirer
son épingle du jeu mieux que ses confrères parce
que les revenus du groupe dépendent plus de la vente
des publications que de la publicité.
Editeur heureux, Michaël Ringier, pourtant,
ne peut s'empêcher, à chacun de ses passages à
Paris, d'exprimer un regret, celui de ne pas pouvoir jouer un
rôle actif en France, où son statut d' "étranger"
lui interdit de se développer dans la presse d'informations
politiques et générales. Mais il ne désespère
pas de convaincre un jour ses concitoyens d'entrer dans l'Union
européenne. Ses titres mènent le combat à
chaque votation sur le sujet.
Serge HIREL