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N° 109
- février 2003
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FRANCOPHONIE
par Alain GARNIER
Coopération décentralisée
: une chance pour la Francophonie
AFICOD. Une association de plus ? Oui, mais...
fédératrice de toutes les autres. Une institution
de plus ? Oui, mais... instigatrice d'action sur le terrain. Quel
créateur d'association n'a pas donné les mêmes
réponses à ces mêmes questions ? Oui, mais
l'Aficod n'a pas que des espoirs, elle a des atouts d'origine.
Si comme le clament les fondateurs de l'Association
francophone internationale de coopération décentralisée
(Aficod) : "coopération décentralisée
et francophonie, même combat", il était
temps de dresser des garde-fous. En 2004, les deux grandes organisations
de collectivités territoriales, la Fédération
mondiale des cités unies (FMCU), francophone, et "International
Union of Local Authorities" (IULA), anglophone, fusionneront
à Barcelone en Espagne, leur siège désormais
unique. La nouvelle organisation aura, c'est décidé,
trois langues de travail: l'anglais, le français et l'espagnol.
Pour la suite, on sait à l'usage, de l'ONU à l'UE,
quel est le sort réservé dans les institutions internationales
aux langues présumées officielles autres que l'anglais...
A l'aube du grand regroupement, les adhérents de Cités
Unies France s'étaient préoccupés de forger
un outil à même de renforcer la composante francophone
du futur géant de la coopération décentralisée.
Cet appareil est une association, l'Aficod qui devra protéger
la francophonie au sein de la nouvelle "ONU des collectivités
locales".
Seulement cela ? Faut-il parler de protéger
la langue, quand l'enjeu est d'effacer de la carte du monde l'empire
grandissant de la pauvreté ? Oui, car pour les praticiens,
langue et échanges sont inséparables. "La
coopération décentralisée et la francophonie
défendent les mêmes valeurs de solidarité,
d'humanisme et de partenariat", soutient l'Aficod qui
se présente par ses origines mêmes (les Cités
Unies) et par une langue commune, le français, comme un
"facilitateur" expérimenté de la solidarité
de terrain. Et ce, bien au-delà des frontières de
la francophonie institutionnelle et des cinquante-six Etats et
régions membres de l'Organisation internationale de la
Francophonie (OIF).
Par ses statuts, l'Aficod propose de parler d'une
voix unique dans les institutions internationales, et d'être
le lieu des échanges et de l'aide "à la
recherche de financements nationaux et multilatéraux pour
la coopération décentralisée francophone".
L'association nouvelle ne sera pas pour autant "un opérateur",
mais un cadre "au service des opérateurs" que
sont et doivent rester les collectivités locales, libres
de leurs initiatives, dans les règles du jeu d'une coopération
"démocratique". L'Aficod devrait avoir en outre
une vertu plus politique de francophonie "citoyenne",
activant une coopération directe de communes à communes,
de populations à populations. Il faut faire "sortir
les rencontres entre francophones du territoire réservé
des chefs d'Etat et des élites", souhaite le président
fondateur d'Aficod, l'ancien ministre français Bernard
Stasi, médiateur de la République et président
de Cités Unies France. Et de fait, l'association naissante,
appuyée sur "les collectivités adhérentes
de Cités Unies France et leurs collectivités territoriales
et partenaires francophones et francophiles", a déjà
recueilli 170 adhésions de collectivités locales,
entraînant une centaine de liens de partenariat, jusqu'à
des centres urbains chinois. Etre issue de Cités Unies,
un organe fédérateur à tout prix, autorise
l'Aficod à tendre la main aux organisations plus anciennes,
trop souvent prisonnières de barrières que la nouvelle
venue ne connaît pas. L'Aficod souhaite ainsi se rallier
comme partenaire, un grand précurseur de la coopération
décentralisée, l'Association internationale des
maires des villes francophones (AIMF), qui limite les adhésions
à cinq grandes villes par pays, ou même la naissante
Association internationale des régions francophones (AIRF),
qui veut fédérer la coopération entre régions
de pays membres de l'OIF. L'Aficod peut, elle, élargir
encore l'horizon en ouvrant des partenariats essentiels hors de
l'OIF : Algérie, Arménie, Israël, Palestine,
Jordanie, Cuba ou Chine... pour ne parler que de ceux-là.
Une association de plus Aficod ? Non, plutôt
un partisan de plus d'association, via les collectivités
locales. Et qui se présente dès le berceau comme
une chance partagée. Une chance pour la coopération
de multiplier les actions décentralisées. Une chance
pour la Francophonie d'élargir son réseau et de
se revitaliser.
Alain GARNIER