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N° 109
- Janvier-février 2003
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MEDIA - Maroc.
Sapress
1 - Sapress: 25ème
anniversaire, par J. de La Fayolle.
2 - Mohamed Barrada: "Un journal pour chaque citoyen",
La Gazette du Maroc.
1- Les 25 ans de Sapress
Un anniversaire sous le signe
du débat et de l'innovation.
" Nous avons voulu placer la célébration
du 25ème anniversaire de Sapress sous le signe d'une réflexion
sur le devenir de la presse écrite au Maroc et au Maghreb
avec des projets novateurs en matière de diffusion "
a souligné, le 10 janvier à Casablanca, Mohamed
Berrada, président de cette société de distribution
marocaine au parcours original.
En guise de commémoration Sapress organisait un débat
sur le thème : " Quel journal pour quel lecteur
?" avec la participation de journalistes algériens,
tunisiens et marocains ainsi que du secrétaire général
de l'Union internationale de la presse francophone (UPF), Georges
Gros.
Ce thème a reflété les préoccupations
d'une presse maghrébine en pleine mutation, en proie au
doute et à l'impératif de renouvellement. Cette
rencontre a été un véritable événement
qui a permis de réunir des journalistes des trois pays
du Maghreb, dans un cadre indépendant, pour dialoguer,
s'informer et prospecter des voies d'avenir. Signe du temps :
les réalités politiques des pays maghrébins
sont passées au second plan, derrière l'exigence
d'une presse en phase avec son lectorat et avec les attentes nouvelles
de la société. Pour les dirigeants de Sapress les
attentes du lectorat sont au cur des problèmes de
crédibilité et d'impact des journaux du Maghreb.
La presse marocaine a connu ces dernières années,
grâce aux libertés acquises, un foisonnement de titres
nouveaux au contenu et au ton plus ou moins indépendants
et audacieux. Pourtant on ne peut pas encore parler d'une progression
fulgurante des ventes et de l'audience de la presse écrite.
Nombre de facteurs entrent en compte, dont celui de la qualité
des journaux.
Le 25ème anniversaire de Sapress a aussi été
l'occasion de rappeler les conditions de sa naissance. Révolté
par la marginalisation où était confinée
la presse nationale du fait du monopole de la distribution réservé
à une société aux capitaux en majorité
étrangers, Mohamed Berrada, en 1977, proposa aux éditeurs
de journaux marocains, alors pour la plupart dans l'opposition,
de créer une sorte de coopérative de distribution
pour s'émanciper. Sapress vit le jour en octobre de cette
même année.
Très vite cette société embryonnaire a mis
en place et structuré un réseau qui est aujourd'hui
le plus grand du Maroc avec 7200 points de vente desservis par
24 agences et par une importante logistique.
En mettant au point et en affinant sans cesse ses méthodes
de travail, Sapress a favorisé une plus large diffusion
de la presse au Maroc, notamment dans les quartiers périphériques
et dans les régions qui n'avaient pas été
jusque là touchées par la distribution de journaux.
Voulant toujours innover, Sapress a présenté, lors
de la manifestation célébrant son 25ème anniversaire,
un prototype de kiosque moderne, fonctionnel et à l'esthétique
inspirée des arts décoratifs marocains. L'objectif
étant de mettre en place un réseau de 500 kiosques
à travers le pays afin de renouveler un parc devenu vétuste
et obsolète. Ce projet permettra aussi de promouvoir la
diffusion et la vente de la presse sur des bases plus professionnelles
et économiquement plus efficientes, tout en contribuant
à la création de nouveaux emplois.
C'est ainsi que Sapress entend poursuivre son action, en soutenant
d'une part les améliorations qualitatives de la presse
et en créant d'autre part un réseau permettant l'accroissement
de sa diffusion. Sur ces deux plans, Sapress veut rester fidèle
à sa vocation première : l'exigence.
J. de la Fayolle
ENTRETIEN avec Mohamed
BERRADA
Directeur général
de Sapress
La Gazette du Maroc
2-
"Un journal pour chaque citoyen reste mon rêve "
Mohamed Berrada, directeur général
de Sapress livre ses impressions sur l'état de la presse
maghrébine au journal " La Gazette du Maroc ".
- Pourriez-vous nous résumer l'expérience
de 25 années d'existence de la Sapress en quelques mots ?
En 1977, lorsque nous avons commencé à distribuer
la presse nationale, il n'y avait que cinq quotidiens nationaux.
Aujourd'hui et après 25 ans d'expérience, Sapress
distribue 21 quotidiens, 72 hebdomadaires et plus de 320 revues
et magazines. Sapress est une société de distribution
performante qui emploie un système informatique performant
capable de répertorier de manière exacte les volumes
à fournir à chaque point de vente pour chaque publication.
- Où en est le slogan " un journal pour chaque
citoyen " ?
Nous n'avons peut-être pas atteint nos objectifs, mais ce
slogan demeurera présent dans notre esprit, car nous tenons
à le réaliser. Mais il évident que nous avons
parcouru un long chemin pour en arriver à la situation actuelle.
Il faut rappeler qu'il y a 25 ans, la totalité des publications
distribuées ne dépassait pas 45 unités. Aujourd'hui
nous diffusons 300 000 exemplaires vendus pour 21 quotidiens. Ceci
étant, nous restons en deçà des pourcentages
réalisés par des pays voisins. Aujourd'hui au Maroc,
nous avons atteint 13 exemplaires pour 1000 citoyens, alors que
la moyenne mondiale est de 28. En Algérie par exemple, les
ventes de journaux sont trois fois supérieures aux nôtres.
Les Algériens ont 40 exemplaires pour 1000 habitants, et
dans certains pays avancés ce chiffre atteint 300. Mais nous
estimons avoir tout de même progressé. Nous gardons
l'espoir de progresser davantage en 2003 eu égard à
l'évolution que connaît le secteur de la presse, laquelle
est liée à l'élargissement des espaces de liberté.
- Cependant il y a une situation paradoxale. D'un côté
il a floraison de titres et d'un autre, il y a un rétrécissement
du lectorat
Comment expliquez-vous ce phénomène
?
La problématique de la lecture et de la diffusion des publications
est réelle, mais elle est liée à plusieurs
facteurs. Quand nous citons un journal, nous ne pouvons pas le dissocier
du message qu'il véhicule, de son contenu, de sa forme, de
la qualité d'impression et du papier. Il y a aussi l'environnement
général. Il ne faut pas oublier que le taux d'analphabétisme
reste élevé et constitue un sérieux handicap.
Il y a aussi le problème du pouvoir d'achat. Cependant nous
croyons que la multiplication des titres est un indice de bonne
santé et contribue à créer le cumul. Et en
fin de compte, c'est le meilleur qui vivra plus longtemps. Le seul
juge reste le lecteur.
- On reproche à Sapress de ne pas divulguer les chiffres
de vente des journaux comme cela se fait ailleurs. Qu'en dites-vous
?
C'st une question de déontologie. Il y a ce qu'on appelle
le secret professionnel qui nous est imposé dans nos rapports
avec nos fournisseurs. Ces derniers sont les premiers responsables
de leurs performances et sont plus habilités, que nous, à
divulguer leurs chiffres. A mon avis ce problème sera résolu
incessamment surtout après le message adressé par
sa Majesté le Roi à l'occasion de la journée
nationale de l'information. Actuellement nous attendons la mise
en place du Haut conseil de l'information qui constituera un outil
majeur. Jusqu'à maintenant, la loi impose à l'éditeur
d'afficher les tirages, mais ultérieurement les textes feront
obligation de vérifier les chiffres de vente, car l'Etat
accorde des subventions aux journaux.
- Vous avez récemment ouvert votre capital à
des sociétés indépendantes. A quelle fin ?
Sapress a effectivement ouvert son capital à des sociétés
indépendantes. Mais jusqu'à présent ces sociétés
ne font pas encore partie de notre structure. Il y a des négociations
en cours et nous souhaitons que cela aboutisse dans les plus bref
délais. Pour l'histoire je dois vous dire que Sapress a été
depuis le début une sorte de coopérative dont les
actionnaires sont en même temps les éditeurs des publications
qui existaient à l'époque et qui ont voulu prendre
le chemin de cette aventure. Mais l'ouverture du capital, aujourd'hui,
n'est qu'une actualisation de la situation puisqu'il y a d'autres
publications qui ont émergé et qui veulent s'associer
à nous selon, bien entendu, les normes définies par
Sapress. Il faut pour cela sauvegarder le noyau dur de la société,
tout en ouvrant la porte à toutes les entreprises désireuses
et surtout capables d'entreprendre dans ce secteur.
- Qu'en est-il de la concurrence des publications européennes
ou arabes ?
Nous estimons que la concurrence est un facteur d'encouragement
et d'incitation à l'effort. Il ne faut pas la craindre, mais
agir pour que le meilleur puisse remporter le marché. Donc,
la société qui est sérieuse parviendra à
maintenir la confiance et à la renforcer auprès des
éditeurs. Au Maroc, l'espace est assez large pour contenir
d'autres société de distribution et d'autres entreprises
de presse.
Propos recueillis par H.N.
La Gazette du Maroc
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