Union de la Presse Francophone
 
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N° 111 - mai-juin 2003

MEDIAS
Emmanuel BERRETTA

Le Point

Audiovisuel francophone
Envolée des coûts d'exploitation

A l'heure où l'on s'apprête à lancer une "CNN française", les deniers publics consacrés à ce qu'il est convenu d'appeler l'audiovisuel extérieur connaissent une croissance sans précédent. L'effort actuel peut sembler déjà important: au total, 223 millions d'euros (en 2001), selon la Cour des Comptes, répartis entre plusieurs stations de radios (RFI, RMC Moyen-Orient, Medi 1) et diverses télévisions, dont TV5, CFI, Euronews, etc. L'essentiel des fonds provient de dotations du Quai d'Orsay.
Difficile d'y voir clair tant cet audiovisuel extérieur est éparpillé entre diverses chaînes et stations dont la stratégie a connu, au fil de la décennie 90, bien des à-coups. Devant cet imbroglio, l'Etat a démissionné. La Cour relève notamment que, depuis 1995, "le Conseil de l'action audiovisuelle extérieure de la France, instance normale de coordination et d'arbitrage dans ce domaine, ne s'est plus réuni".
Les sages de la rue Cambon concentrent leurs critiques sur l'envolée des coûts d'exploitation qui "n'ont pas été maîtrisés" (multipliés par deux en euros constants depuis 1990) et déplorent que les résultats d'audience restent faibles au regard des moyens consentis. Faibles... pour autant qu'on puisse les mesurer.
Malgré tout, l'effort - trop tardif - de restructuration porte quelques fruits: TV5, grâce à son sous-titrage en huit langues (anglais, arabe, espagnol, allemand, portugais, danois, suédois, français), a réussi une percée: 12 millions de téléspectateurs en Europe regardent la chaîne chaque jour. En Argentine, ils sont 450 000, à égalité avec CNN, mais deux fois plus que la BBC. Au Liban, ils sont 220 000, deux fois plus que CNN et trois fois plus que la BBC. Aux Etats-Unis, 164 000 foyers abonnés au câble paient désormais 4 à 10 dollars pour recevoir la chaîne. Ce redressement se poursuivra-t-il? Pas sûr, car la CNN à la française, prévue pour 2004, va sans doute obliger à revoir toutes les cartes.

Emmanuel BERRETTA
Le Point