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N° 111
- mai-juin 2003
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MEDIAS
Jean VALION, délégué Chaîne graphique
de l'Union internationale de la presse francophone (UPF)
L'alchimie du papier
Un séminaire sur la fabrication du papier
organisé par la direction technique du groupe finlandais
UPM-Kymmene, s'est tenu, en avril, à l'Institut National
des Sciences Appliquées de Rouen (INSA). A cette occasion,
les participants, imprimeurs et éditeurs de journaux et
de magazine, ont visité la papeterie de Chapelle Darblay
qui fabrique du papier journal 100% recyclé. Sa capacité
de production s'élève à 330 000 tonnes par
an. Son approvisionnement en papiers recyclables est géré
par un système de contrats de collecte sélective
des ménages, couvrant plus de 20 millions d'habitants dans
un rayon de 400 km autour de l'usine. Aujourd'hui ce sont 300
000 tonnes par an de papier recyclable qui sont ainsi fournies,
soit 14 kg par habitants. 540 000 tonnes sont prévues pour
2005, soit 22kg. Pour obtenir les fibres nécessaires à
la fabrication du papier recyclé, il faut 30% de papier
journal et 70% de papier magazine.
Procédé de désencrage :
1) Première étape : la trituration. La matière
première (papier journal et magazine) est introduite dans
un tambour d'une longueur de 28,5 m et d'un diamètre de
4 m. Ce tambour tourne à 13 tours par minute et peut traiter
1300 tonnes de papier par jour. Les papiers y sont mélangés
à de l'eau. Comme le tambour est en rotation et légèrement
incliné, les matières indésirables, tels
les plastiques, sont naturellement évacuées vers
l'extrémité.
2) Deuxième étape : l'épuration. Elle
permet d'extraire le sable, le verre et les agrafes. C'est la
force centrifuge à l'intérieur d'épurateurs
coniques qui sépare les éléments de différente
taille.
3) Troisième étape : la flottation. Les encres
sont séparées des fibres par de l'air injecté
dans les cellules de flottation. Cet air va générer
des millions de bulles d'air qui remontent l'encre à la
surface (insoluble dans l'eau).
4) Quatrième étape : la dispersion : c'est
le procédé final du désencrage qui consiste
en la pulvérisation des fines particules d'encres restantes
qui seront extraites au moyen d'une deuxième flottation.
La pâte à papier ainsi obtenue est stockée
dans des tours avant la mise en machine. Il faut savoir qu'une
fibre ne peut être recyclée que 5 à 7 fois
afin de conserver fraîcheur et résistance.
Les machines à papier pour une qualité
100% fibres recyclées
Deux machines à papier sont utilisées sur le site
Chapelle Darblay :
- la PM6, d'une capacité de 220 000 tonnes pour une laize
commerciale de 8m46 et une vitesse moyenne de 1400 mètres
par minute, produit du papier journal.
- la PM3, d'une capacité de 110 000 tonnes pour une laize
commerciale de 5m22 et une vitesse de 1100 mètres par minute,
produit des papiers de couleur pour toute la presse européenne
et des papiers à blancheur améliorée (de
63 à 69%) comme celui de "La Gazette de la Presse
Francophone", un UPM Brite 68.
Le procédé machine à papier
:
La machine à papier est constituée de trois sections
: toile, presse et sécherie.
La section toile. Un mélange de 99%
d'eau pour 1% de fibres recyclées est diffusé par
une caisse de tête sur toute la largeur de la toile. L'eau
s'écoule au travers de cette toile (égouttage).
C'est à ce stade que se crée l'ébauche de
la feuille de papier.
La section presse. La feuille de papier maintenue par des
feutres passe entre des cylindres en pression afin d'essorer ce
qui n'a pu s'égoutter. Il reste à ce niveau 60%
d'eau.
La section séchage. Il s'agit d'une opération
de séchage réalisée avec de la vapeur injectée
dans des cylindres sécheurs. La feuille est accompagné
par des feutres sécheurs. Le résultat est une évaporation
qui maintient à la sortie de la sécherie une humidité
absolue de 8%.
Une dernière étape consiste à
calandrer la feuille sur une "soft calandre" qui assure
la finition en lissant le papier.
Le contrôle de qualité s'effectue au moyen
de capteurs positionnés sur la machine qui évaluent
l'épaisseur, le grammage, l'humidité.
Des contrôles quotidiens sont effectués en laboratoire
sur la qualité de la pâte et de la feuille (égoutabilité,
résistance, blancheur, opacité, teinte
)
La bobine "mère" ainsi réalisée
(18 tonnes environ) est dirigée vers l'atelier des bobineuses
pour être transformée en bobines "filles"
aux laizes commercialisées par les clients. Elles sont
ensuite emballées, étiquetées pour une expédition
en imprimerie.
Jean VALION
délégué chaîne graphique,
de l'Union internationale
de la presse francophone