Union de la Presse Francophone
 
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N° 124 - novembre-décembre 2005

AFRIQUE CENTRALE
Après le séminaire de Bangui, 12-16 septembre 2005

Union de la Presse Francophone
par Alain Blaise BATONGUE
Président de la section camerounaise de l'UPF

Plan d'urgence pour la presse centrafricaine

"Il faut un programme spécial pour sauver la presse centrafricaine". Comme s'ils s'étaient donné le mot, les participants à l'atelier de formation des directeurs et publication et rédacteurs en chef de journaux d'Afrique centrale, réunis à Bangui du 12 au 16 septembre, ont exprimé une préoccupation identique en observant l'état de la presse écrite centrafricaine et surtout, en écoutant ceux des patrons de presse qui avaient été invités pour l'occasion.

Des maux résumés par Tidiane Dioh, responsable des projets médias à l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) et initiateur du séminaire : "La presse centrafricaine est malade de ses tirages, malade de ses équipements vétustes, malade de son système de distribution, malade de ses moyens inexistants, malade de la formation de ses journalistes." Et c'est à l'unanimité que les participants ont exprimé le voeu que l'AIF organise un séminaire spécial pour la presse centrafricaine.
La vingtaine de participants, venant du Cameroun, du Congo, de la République Démocratique du Congo, du Tchad, du Gabon et de la République Centrafricaine devaient échanger avec quelques experts sur le thème "Comment diriger une entreprise de presse".

Il en est ressorti que la presse d'Afrique centrale, plus qu'ailleurs, fait face à de multiples difficultés structurelles et opérationnelles qui freinent son développement. D'où la recommandation forte, au terme des échanges, "que l'AIF renforce son programme d'appui aux médias du Sud en poursuivant et en diversifiant ses activités de formation et ses actions d'accompagnement". Il a également été recommandé que l'AIF intervienne "auprès des Etats de la sous-région pour qu'ils adhèrent sans réserve à la Convention de Florence et au protocole de Nairobi, afin de faciliter l'équipement des entreprises de presse".

Les échanges ont par ailleurs débouché sur la nécessité de la formation continue des cadres de la presse afin de favoriser l'émergence de journaux de qualité, mais aussi un engagement sur la promotion de synergies entre entreprises de presse en vue d'aboutir à la création de services communs efficaces comme la messagerie, l'imprimerie, les agences d'information.
Mais tout cela ne peut être rendu possible que "si sont améliorées les législations sur la presse et que soient dépénalisés les délits la concernant, à l'exception des incitations à la haine, au crime et au génocide".
Tidiane Dioh indiquera dans son discours de clôture, qu'il repart "avec une idée précise des besoins de ce secteur si fragile qu'est la presse dans cette partie du monde", espérant, au delà du cas spécifique de la RCA qui nécessite un "plan d'urgence", que ces échanges débouchent sur "une révolution de la presse en Afrique centrale".

Alain Blaise BATONGUE
Président de la section camerounaise de l'UPF