"Il faut un programme spécial pour sauver la presse
centrafricaine". Comme s'ils s'étaient donné
le mot, les participants à l'atelier de formation des
directeurs et publication et rédacteurs en chef de journaux
d'Afrique centrale, réunis à Bangui du 12 au 16
septembre, ont exprimé une préoccupation identique
en observant l'état de la presse écrite centrafricaine
et surtout, en écoutant ceux des patrons de presse qui
avaient été invités pour l'occasion.
Des maux résumés par Tidiane Dioh, responsable
des projets médias à l'Agence intergouvernementale
de la Francophonie (AIF) et initiateur du séminaire :
"La presse centrafricaine est malade de ses tirages,
malade de ses équipements vétustes, malade de
son système de distribution, malade de ses moyens inexistants,
malade de la formation de ses journalistes." Et c'est
à l'unanimité que les participants ont exprimé
le voeu que l'AIF organise un séminaire spécial
pour la presse centrafricaine.
La vingtaine de participants, venant du Cameroun, du Congo,
de la République Démocratique du Congo, du Tchad,
du Gabon et de la République Centrafricaine devaient
échanger avec quelques experts sur le thème "Comment
diriger une entreprise de presse".
Il en est ressorti que la presse d'Afrique centrale, plus qu'ailleurs,
fait face à de multiples difficultés structurelles
et opérationnelles qui freinent son développement.
D'où la recommandation forte, au terme des échanges,
"que l'AIF renforce son programme d'appui aux médias
du Sud en poursuivant et en diversifiant ses activités
de formation et ses actions d'accompagnement". Il a
également été recommandé que l'AIF
intervienne "auprès des Etats de la sous-région
pour qu'ils adhèrent sans réserve à la
Convention de Florence et au protocole de Nairobi, afin de faciliter
l'équipement des entreprises de presse".
Les échanges ont par ailleurs débouché
sur la nécessité de la formation continue des
cadres de la presse afin de favoriser l'émergence de
journaux de qualité, mais aussi un engagement sur la
promotion de synergies entre entreprises de presse en vue d'aboutir
à la création de services communs efficaces comme
la messagerie, l'imprimerie, les agences d'information.
Mais tout cela ne peut être rendu possible que "si
sont améliorées les législations sur la
presse et que soient dépénalisés les délits
la concernant, à l'exception des incitations à
la haine, au crime et au génocide".
Tidiane Dioh indiquera dans son discours de clôture, qu'il
repart "avec une idée précise des besoins
de ce secteur si fragile qu'est la presse dans cette partie
du monde", espérant, au delà du cas spécifique
de la RCA qui nécessite un "plan d'urgence",
que ces échanges débouchent sur "une révolution
de la presse en Afrique centrale".
Alain Blaise BATONGUE
Président de la section camerounaise de l'UPF