Union de la Presse Francophone
 
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N° 124 - novembre-décembre 2005

CÔTE D'IVOIRE
Le point de vue de l'OLPED

Union de la Presse Francophone
par Thierno DIALLO

Les " dérives " de la presse ivoirienne indexées

Incitation à la violence, au tribalisme et à la xénophobie. Telles sont entre autres les "dérives" qui caractérisent la presse ivoirienne selon l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (Olped), organe de régulation de la profession, qui célébrait fin septembre son dixième anniversaire. Si l'Olped ne nie pas l'importance de la jeune presse ivoirienne dans le jeu démocratique du pays depuis une dizaine d'années, elle lui reproche cependant son "inféodation aux partis politiques". "En Côte d'Ivoire, les journaux sont des journaux de combat et d'opinion qui font d'abord passer des idées au lieu d'informer", déplore Samba Koné, le président de l'Olped, avant d'ajouter que "quand la situation socio-politique devient dramatique, la presse ivoirienne suit le ton des politiques". Dans les statistiques dressées par l'organe de régulation, "l'injure au chef de l'Etat" occupe la place la plus importante dans les "dérives" de cette presse... Les atteintes aux bonnes mœurs et l'anticonfraternité figurent également dans le tableau noir de cette presse souvent stigmatisée par les spécialistes pour "son manque de rigueur et de professionnalisme".

Cette situation est en grande partie liée à la crise militaro-politique que traverse le pays depuis septembre 2002, suite à une rébellion déclenchée par les Forces nouvelles (FN) qui occupent depuis le nord du pays. Dès lors, deux camps s'opposent, matérialisés par une presse "patriote" affirmant défendre les institutions de la République contre une "presse pro-rebelle". Les deux tendances excellent dans la "désinformation", la "calomnie" et cherchent avant tout à faire passer leurs messages, remarque l'Olped. D'aucuns estiment d'ailleurs que la presse ivoirienne est en partie responsable de cette crise politique. Elle met l'accent sur "les mots de haine, de rupture, de division plutôt que ceux qui devraient ramener la paix et la cohésion sociale", regrette Auguste Miremont, journaliste de formation et ancien ministre ivoirien de la Communication.

Thierno DIALLO