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Une transmission
par voie sanguine ou sexuelle
* Le VHB se transmet par voie sexuelle
ou sanguine, ou encore de la mère à l'enfant.
Chez la personne adulte, dans 90% des cas, il est éliminé
de l'organisme naturellement, ne laissant que des stigmates biologiques
de son passage, c'est-à-dire des anti-corps identifiés
par la sérologie. Mais, chez un patient sur dix, l'hépatite
B évolue vers une forme chronique. Il peut aussi rarement
donner un tableau d'hépatite aiguë, parfois sévère.
* Le virus de l'hépatite C se transmet
essentiellement par le sang. L'organisme ne parvient à
l'éradiquer que dans 20% des cas. Huit patients sur dix évoluent
vers une hépatite chronique. Toute la gravité des
hépatites B et C tient donc à leur passage à
la chronicité : le système immunitaire ne parvient
pas à les éliminer et ils poursuivent en silence
leur activité néfaste pour le foie.
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Alcool et diabète
des facteurs aggravants
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L'arrêt de la consommation d'alcool, une perte
de poids et la correction des anomalies du métabolisme glucidique
sont indispensables, non seulement parce qu'ils aggravent les lésions
hépatiques, mais aussi parce qu'ils sont responsables d'une
moins bonne réponse au traitement.
Chez certains patients, des mesures hygiéno-diététiques
permettent même d'améliorer la maladie et de différer
la mise en route d'un traitement antiviral.
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En France, les hépatites virales chroniques
toucheraient entre 600 000 et 700 000 personnes mais moins de 400
000 le savent. Transmissibles et silencieuses, les hépatites
B et C demeurent un réel problème de santé
publique. Non soignées et non prises en charge alors que
des traitements efficaces existent, elles sont la cause de plus
de 5 000 décès chaque année en France.
Pour la deuxième "Journée nationale
hépatites", le samedi 20 janvier, la Fédération
nationale des Pôles de référence et Réseaux
Hépatites (FPRH), l'Association Française pour l'étude
du foie (AFEF), les associations de malades représentées
par SOS Hépatites et l'Agence nationale de recherche sur
le sida et les hépatites virales (ANRS) se sont mobilisés
pour sensibiliser le plus grand nombre au dépistage et pour
informer sur les avancées de la prise en charge et des traitements.
Encourager le dépistage
Les objectifs de la journée ont été
:
- informer le grand public sur la fréquence et le danger
des hépatites virales.
- encourager les personnes qui a priori ne présentent pas
de risque évident à se faire dépister : antécédent
même ancien d'hospitalisations répétées,
d'interventions chirurgicales, d'examens invasifs, tatouages, piercing
- favoriser une meilleure prise en charge des sujets dépistés
- améliorer l'accès des malades aux traitements qui
sont d'autant plus efficaces qu'ils sont mis en place de façon
précoce et peuvent ainsi éviter l'évolution
vers la cirrhose ou le cancer du foie.
- Informer les patients sur les avancées thérapeutiques
et cliniques.
Connaître les risques pour mieux se protéger
" Les hépatites chroniques virales
sont des maladies transmissibles et souvent silencieuses encore
mal connues du grand public " affirme M. Michel Bonjour,
président de l'association SOS Hépatites. "Asymptomatiques,
elles passent le plus souvent inaperçues jusqu'à l'apparition
des complications (cirrhose dans 20 % des cas et cancer du foie).
Le dépistage est le seul moyen de le savoir " explique
le Pr Jean-Pierre Zarski, président de la FPRH. En France,
ces infections sont, malgré d'importants efforts de dépistage,
encore largement sous diagnostiquées et insuffisamment traitées.
Une situation intolérable alors que des traitements efficaces
existent.
On guérit de plus en plus souvent d'une
hépatite
" Des progrès spectaculaires ont été
réalisés dans la prise en charge des patients atteints
d'hépatites chroniques ", explique le Pr Patrick
Marcellin (hôpital Beaujon, Clichy). Avec les quatre médicaments
disponibles actuellement, l'interféron pégylé
et trois antiviraux purs, la lamivudine, l'adéfovir et récemment
l'entécavir, les deux tiers des patients infectés
par le virus de l'hépatite B (VHB) voient leur maladie stabilisée.
" Ces traitements, en arrêtant la réplication
virale, améliorent les lésions hépatiques,
bien qu'ils ne permettent pas d'obtenir une guérison définitive
", précise-t-il.
Si on ne parvient pas à guérir d'une
hépatite B, en revanche, il est aujourd'hui possible d'éliminer
définitivement le virus de l'hépatite C (VHC) dans
la majorité des cas. L'association interféron pégylé-ribavirine,
traitement de référence actuel des hépatites
chroniques C, permet de guérir de 50% à 90% des patients,
suivant la forme du virus. " C'est un progrès considérable
puisque, il y a 10 ou 15 ans, on ne parvenait à guérir
que 10 à 30% des malades ", rappelle le Pr Stanislas
Pol, ancien président du groupe Essais thérapeutiques
sur les hépatites virales de l'ANRS.
Augmenter le nombre de patients stabilisés, offrir une solution
à ceux qui sont en échec thérapeutique, réduire
la durée des traitements, améliorer leur tolérance
sont les enjeux de la recherche dynamique consacrée aujourd'hui
à ces infections. C'est notamment le rôle de l'ANRS
que de mener des études sur certaines de ces questions. Des
progrès sont attendus par ailleurs prochainement car de nouvelles
molécules plus spécifiques et/ou plus puissantes et/ou
mieux tolérées sont déjà en cours d'évaluation
dans de nombreux essais cliniques.
Tous ces progrès thérapeutiques ne devraient
pour autant pas faire oublier qu'il existe un vaccin contre l'hépatite
B et que l'amélioration de la couverture vaccinale des nourrissons
et des sujets à risque reste une priorité.
Autre progrès notable pour la prise en charge
des patients, la validation de tests non invasifs, Fibroscan et
Fibrotest, pour l'évaluation de la maladie hépatique.
Les indications de ces méthodes pour le diagnostic et la
surveillance des pathologies hépatiques devraient être
prochainement définies par les autorités sanitaires.
" Elles constituent un progrès certain pour l'évaluation
initiale de l'atteinte hépatique, comme pour la surveillance
des patients, à condition d'être prescrites et interprétées
par un praticien expérimenté ", note le Pr
Jean-Claude Trinchet, hépatologue à l'hôpital
Jean-Verdier (Bondy).
Un patient motivé et informé se soigne
mieux
Pour que le patient puisse bénéficier
pleinement de ces avancées thérapeutiques, il faut
qu'il puisse suivre correctement son traitement. L'enjeu n'est pas
mince : on sait en effet qu'une bonne observance a une influence
directe sur le succès thérapeutique. Or, l'adhésion
au traitement est souvent difficile car le malade a peu ou pas de
symptôme avant la mise sous traitement, alors que les médicaments
peuvent donner des effets indésirables et le traitement est
long, de 24 à 48 semaines selon les cas. Informer, motiver,
éduquer sont indispensables pour l'aider à mettre
toutes les chances de son côté. Les associations de
malades jouent un rôle clé de soutien.
De la recherche aux soins de proximité :
un maillage autour du malade
" La collaboration de la FPRH, de l'AFEF, de
l'ANRS et des associations de malades assure un véritable
maillage autour du patient, pour lui offrir des soins de proximité
de qualité, tout en poursuivant les actions d'information
et de mobilisation de tous les acteurs et une recherche fondamentale
et clinique dynamique ", conclut le Pr Christine Silvain.
Gaël de VAUMAS
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