Union de la Presse Francophone
 
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N° 132- juin-juillet 2007

PRESSE

CAMEROUN

Union de la Presse Francophone
par Alain-Blaise BATONGUÉ

LA SITUATION DE LA PRESSE PRÉOCCUPE LE GOUVERNEMENT

Une délégation du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) a été reçue en audience par le secrétaire général adjoint de la Primature, Emmanuel Djoumessi, qui a promis d'entreprendre des actions promptes dans le sens des desiderata du syndicat exprimés dans le mémorandum adressé en décembre 2006 au Premier ministre, Inoni Ephraïm. Comme la reprise des travaux de la commission paritaire chargée d'élaborer, de négocier et d'adopter la convention collective nationale des journalistes dont les travaux avaient été suspendus en mai 2006.

La démarche du SNJC est celle de trois ou quatre syndicats qui évoluent dans les couloirs des salles de rédaction. Elle vise globalement l'amélioration des conditions de travail des journalistes, généralement sans statut et sans salaire décent, dans l'essentiel de la presse privée au Cameroun, en dehors d'un ou deux quotidiens et autant de radios et télévisions qui ont réussi à se constituer en entreprise de presse.

Ce n'est peut être qu'un prétexte pour quelques-uns, une réelle source de préoccupation pour les autres, mais la plupart des promoteurs de la presse au Cameroun pensent qu'une partie de leurs problèmes serait résolue si le gouvernement, qui a pourtant ratifié l'accord de Florence et le protocole de Nairobi (accordant des facilités douanières dans la fabrication des journaux et le matériel informatique), signait un décret pour son application effective.

Il y a trois ans, Jacques Fame Ndongo, alors ministre de la Communication, avait initié un arrêté conjoint dans ce sens mais son collègue des Finances, évoquant des difficultés à boucler le budget de l'État avait refusé de le suivre. Et l'arrêté finalement signé par le seul ministre de la Communication n'a jamais été appliqué.

Les patrons de presse, qui évoquent également le caractère spécifique de leur activité, se plaignent du harcèlement dont ils sont l'objet de la part de l'administration fiscale, qui collecte auprès d'eux, comme auprès des entreprises classiques, qui vient de leur faire tenir des sommations annonçant probablement de futurs scellés en cascade.

De cela, les syndicats ont également parlé avec le mandant du Premier ministre qui, comme il fallait s'y attendre, n'a pas pris d'engagements forrnels, se bornant à indiquer qu'il ferait un rapport circonstancié à sa hiérarchie qui se dit cependant très préoccupée par l'état de la presse au Cameroun.

Alain-Blaise BATONGUÉ