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N°
132- juin-juillet 2007
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LANGUE
FRANCAISE
QUÉBEC
Michelle COURCHESNE
ministre de l'Éducation du Québec
DÉBATS SUR LES FAUTES DE FRANCAIS
Qui sait ce que ça veut dire "holistique"
?
demande la ministre de l'Education
Les fautes de français continueront
d'être recensées au collégial. La ministre
de l'Édu- cation, Michelle Courchesne, a passé à
la déchiqueteuse un rapport commandé par son ministère
qui proposait de ne plus comptabiliser les fautes d'orthographe
et de syntaxe dans la correction de l'épreuve finale de
français au cégep.
«Oh mon Dieu !» a lancé la ministre,
indignée, lorsqu'un journaliste lui a dit que le rapport
associe le décompte des fautes à une "approche
judéo-chrétienne trop punitive". «Ce
rapport n'a aucun sens», a-t-elle soupiré. Le «
document de travail » produit par l'enseignant de français
Richard Berger et dont le quotidien de Montréal Le Devoir
a fait état dans ses colonnes, propose d'adopter une approche
«holistique» afin de mesurer la maîtrise du
français. Les correcteurs évalueraient ainsi la
qualité de l'ensemble d'un texte plutôt que de recenser
chacune des fautes de français. L'expression « holistique
» a fait sursauter Michelle Courchesne. «Les parents
n'en ont rien à faire. Qui sait ce que ça veut dire
?»
La ministre croit qu'« il y a lieu de faire
évoluer la pédagogie et la façon d'enseigner
sauf que ça ne doit pas se faire au détriment de
notre capacité de savoir si notre enfant sait lire, écrire
et compter». Faire le décompte des fautes est à
son avis «indispensable» pour «mesurer le niveau
de connaissances» d'un élève. Cette approche
n'est pas «punitive», car elle permet plutôt
à un étudiant de «s'améliorer».
«La langue française, c'est ce qui
nous définit comme nation. Il faut en être très
fier et la respecter, cette langue-là. Pour la respecter,
il faut savoir l'écrire. Il faut qu'on soit capable de
réussir des examens de français.»
Rappelons que les collégiens doivent réussir
l'épreuve uniforme de français pour obtenir leur
diplôme. Le taux de réussite avoisine les 85%. Une
maîtrise déficiente du français est responsable
de la plupart des échecs. Si un élève fait
plus de 30 fautes dans son texte de 900 mots, il échoue
à l'examen.
Michelle Courchesne entend demander des comptes
à la direction de l'enseignement collégial de son
ministère qui a commandé le rapport et qui défend
l'approche préconisée par Richard Berger. Elle veut
savoir «pourquoi et à quel coût» le document
a été produit. Michelle Courchesne rabroue en termes
à peine voilés les fonctionnaires et les experts
qui sont derrière cette initiative. «Je ne fais pas
de chasse aux sorcières, mais ça dépasse
les cadres d'une orientation stratégique qu'un ministère
doit se donner».
La ministre a indiqué que «ces orientations
stratégiques doivent répondre à des volontés
gouvernementales». «On a une volonté de valoriser
la maîtrise de la langue française. Il faudra donc
que ceux qui oeuvrent dans ce ministère fassent écho
à cette volonté.»
Le rapport Berger traduit, selon elle, la pensée
de certains pédagogues qui souhaitent valoriser les forces
d'un élève au lieu de souligner ses faiblesses,
ses fautes de français par exemple. Selon eux, «il
ne faut pas qu'il y ait une approche punitive. Il faut plutôt
regarder ce que la personne a à dire. Le contenu est plus
important que le contenant. Michelle Courchesne « conteste
cette approche quand il s'agit du français».