Que serait le monde sans journalistes ?
*
Oui, que serait le monde, sans journalistes
? Que serait un continent sans journalistes ? Que serait un
pays sans joumalistes ?
Une épidémie peut décimer
des populations sans que personne ne le sache, en dehors des
familles des victimes. Une pluie torrentielle peut emporter
des quartiers précaires sans que personne ne le sache.
La malfaisance peut sévir ici et là sans que
l'information ne parvienne aux forces de sécurité.
Des élections, peuvent être truquées sans
gêne, sans protestation, sans contestation. Une tentative
de coup d'Etat ou un coup d'Etat peut intervenir sans que
le peuple sache ce qui s'est passé. La rumeur, toujours
folle, peut faire la pluie et le beau temps sans que personne
ne cherche à vérifier, à confirmer ou
à infirmer le message qu'elle véhicule.
Que serait un monde sans radios, sans télévisions,
sans journaux, sans presse en ligne ? Un monde sans journalistes
serait celui qui ne reconnaîtrait plus le droit du public
à l'information de masse, à l'information sportive,
culturelle, économique, sociale et politique. Non !
L'UPF refuse catégoriquernent un monde sans journalistes
et même l'hypothèse d'un tel monde. Non seulement
ce n'est pas réaliste, mais les journalistes ont trop
payé de leur vie, dans l'exercice de leur métier,
et c'est largement suffisant pour poursuivre le combat pour
la liberté de la presse, le combat pour le droit du
public à l'information juste et équilibrée,
le combat pour l'éducation aux médias.
Il est indispensable et d'actualité que
cette éducation aux médias permette de comprendre
que la liberté de la presse n'est dirigée ni
contre le pouvoir politique, ni contre l'opposition politique,
ni contre les institutions républicaines, ni contre
la société civile, ni contre les pouvoirs publics,
ni contre le public, ni contre les petits et les faibles,
ni contre les plus grands et les plus forts.
Engagée depuis 2006 dans la réforme
de ses structures, soucieuse de coller aux préoccupations
des médias et des professionnels de l'espace francophone,
l'UPF soutient que la liberté de la presse est au service
de la bonne gouvernance et oeuvre au respect du bien public,
au respect du citoyen, au respect du droit à la différence.
Que serait le monde, sans les journalistes ?
L'UPF répond que le monde et les journalistes doivent
cohabiter, sans animosité et sans esprit de vengeance.
Alfred DAN MOUSSA
* extrait
de l'intervention
d'Alfred Dan Moussa, vice-président international de
l'UPF, au 2e Festival international de la liberté dexpression
et de presse (FILEP), sur le thème "Sauver la
liberté dexpression et de presse pour renforcer
la démocratie", 10-14 avril 2007 à Ouagadougou,
Burkina Faso.