Union de la Presse Francophone
 
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N° 132 - juin-juillet 2007

ÉDITORIAL

Union de la Presse Francophone
par Alfred DAN MOUSSA
vice-président du comité international de l'UPF
directeur des rédactions du groupe
Fraternité-Matin

Que serait le monde sans journalistes ? *

Oui, que serait le monde, sans journalistes ? Que serait un continent sans journalistes ? Que serait un pays sans joumalistes ?

Une épidémie peut décimer des populations sans que personne ne le sache, en dehors des familles des victimes. Une pluie torrentielle peut emporter des quartiers précaires sans que personne ne le sache. La malfaisance peut sévir ici et là sans que l'information ne parvienne aux forces de sécurité. Des élections, peuvent être truquées sans gêne, sans protestation, sans contestation. Une tentative de coup d'Etat ou un coup d'Etat peut intervenir sans que le peuple sache ce qui s'est passé. La rumeur, toujours folle, peut faire la pluie et le beau temps sans que personne ne cherche à vérifier, à confirmer ou à infirmer le message qu'elle véhicule.

Que serait un monde sans radios, sans télévisions, sans journaux, sans presse en ligne ? Un monde sans journalistes serait celui qui ne reconnaîtrait plus le droit du public à l'information de masse, à l'information sportive, culturelle, économique, sociale et politique. Non ! L'UPF refuse catégoriquernent un monde sans journalistes et même l'hypothèse d'un tel monde. Non seulement ce n'est pas réaliste, mais les journalistes ont trop payé de leur vie, dans l'exercice de leur métier, et c'est largement suffisant pour poursuivre le combat pour la liberté de la presse, le combat pour le droit du public à l'information juste et équilibrée, le combat pour l'éducation aux médias.

Il est indispensable et d'actualité que cette éducation aux médias permette de comprendre que la liberté de la presse n'est dirigée ni contre le pouvoir politique, ni contre l'opposition politique, ni contre les institutions républicaines, ni contre la société civile, ni contre les pouvoirs publics, ni contre le public, ni contre les petits et les faibles, ni contre les plus grands et les plus forts.

Engagée depuis 2006 dans la réforme de ses structures, soucieuse de coller aux préoccupations des médias et des professionnels de l'espace francophone, l'UPF soutient que la liberté de la presse est au service de la bonne gouvernance et oeuvre au respect du bien public, au respect du citoyen, au respect du droit à la différence.

Que serait le monde, sans les journalistes ? L'UPF répond que le monde et les journalistes doivent cohabiter, sans animosité et sans esprit de vengeance.

Alfred DAN MOUSSA

* extrait de l'intervention d'Alfred Dan Moussa, vice-président international de l'UPF, au 2e Festival international de la liberté d’expression et de presse (FILEP), sur le thème "Sauver la liberté d’expression et de presse pour renforcer la démocratie", 10-14 avril 2007 à Ouagadougou, Burkina Faso.