2016 : Une année difficile pour l’exercice de la liberté de la presse

publié le 4 janvier 2017

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C’est l’heure des tristes bilans pour la liberté de la presse dans le monde. Au seuil de la nouvelle année, deux associations de défense des journalistes et de la liberté d’informer, la fédération internationale des journalistes (FIJ) et reporters sans frontières (RSF) ont publié les chiffres du nombre de journalistes et de professionnels des médias tués au cours des douze derniers mois.
La FIJ fait état de 93 journalistes et professionnels des médias tués en 2016 lors d’incidents liés à leur travail, soit une vingtaine de moins qu’en 2015. De son côté, RSF indique que 74 journalistes ont été assassinés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2016, contre 101 l’an dernier.

Les journalistes fuient les pays devenus trop dangereux

En dépit des différences de comptabilisation, ces sources témoignent toutes deux d’une baisse significative du nombre de professionnels des médias tués pour avoir voulu informer leurs concitoyens. Malheureusement, il s’agit pour RSF d’une fausse bonne nouvelle. « Cette baisse significative s’explique par le fait que de plus en plus de journalistes fuient les pays devenus trop dangereux : la Syrie, l’Irak, la Libye, mais encore le Yémen, l’Afghanistan, le Bangladesh ou le Burundi sont devenus en partie des trous noirs de l’information où l’impunité règne », précise l’association.
Autre explication de cette baisse, « la terreur exercée par les prédateurs de la liberté de la presse qui ferment arbitrairement des médias » et imposent la censure ou l’autocensure, comme c’est le cas au Mexique et au Soudan du Sud.

Une cartographie de la liberté de la presse

Pour la Fédération internationale des journalistes, le monde arabe et le Moyen-Orient ont enregistré le plus grand nombre de morts avec 30 homicides, suivis de l’Asie-Pacifique avec 28 meurtres, de l’Amérique latine avec 24, de l’Afrique avec 8 et de l’Europe avec 3 meurtres. Les pays avec les chiffres les plus élevés en matière de travailleurs des médias tués sont l’Irak (15), l’Afghanistan (13), le Mexique (11), le Yémen (8), le Guatemala (6), la Syrie (6), l’Inde (5) et le Pakistan (5).
L’un des attentats les plus meurtriers fut l’attaque en janvier 2016 par les talibans d’un minibus de la chaîne afghane Tolo TV, qui a tué sept journalistes et personnels techniques.
Lutter contre l’impunité
Les deux organisations ont appelé à ce que des sanctions soient appliquées. « Il ne doit pas y avoir d’impunité pour ces crimes », a déclaré le président de la FIJ, le journaliste belge Philippe Leruth. Reporters sans frontières a réitéré l’appel pour la création d’un « protecteur des journalistes » (qui soit un représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la sécurité des journalistes), lancé le 29 avril 2016 par des médias, des journalistes, des ONG et des personnalités publiques de tous les continents
L’objectif est de mettre en place un mécanisme concret d’application du droit international, qui permette enfin de réduire le nombre d’exactions contre les journalistes à travers le monde. « Pour l’heure, l’adoption de nombreuses résolutions de l’ONU sur la protection des journalistes et la lutte contre l’impunité n’a pas permis d’obtenir de résultats concrets. À travers eux, c’est le droit à l’information de millions de citoyens qui a été sacrifié », souligne RSF.

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