Alberta : L’hebdomadaire Le Franco exige plus de respect pour son indépendance

publié le 5 septembre 2017

image Alberta : L'hebdomadaire Le Franco exige plus de respect pour son (...)

Le journal albertain Le Franco demande aux organismes francophones de respecter son indépendance éditoriale et de ne pas considérer l’hebdomadaire comme étant un simple « moyen de promotion » de leurs initiatives.
Dans un éditorial virulent, la rédactrice en chef, Hélène Lequitte, explique que son journal « n’est pas un outil de communication » et dénonce ceux « qui cherchent à l’utiliser pour faire avancer leurs pions sur l’échiquier ».
« Des fois, il y a une confusion des genres »
« J’ai voulu faire un éditorial informatif pour expliquer la différence entre un journal et un outil de communication », explique la responsable. À ses yeux, Le Franco doit « présenter la communauté », tout en conservant une approche critique.
Elle refuse de décrire les situations précises qui l’ont poussée à revendiquer aussi clairement son indépendance journalistique. « Il y avait des moments où peut-être que certaines personnes avaient une attente précise du journal et ne comprenaient pas le mandat d’un journal », se contente-t-elle d’expliquer.
Discussions sur l’indépendance
Le texte a relancé le débat au sujet de l’indépendance du seul journal francophone d’Alberta.
Le directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta, Étienne Alary, ancien directeur du Franco, estime que le journal recevra inévitablement des demandes plus ou moins insistantes des organismes. « On veut vraiment qu’on parle de nous », explique-t-il. « Ensuite, c’est au journal de décider si c’est pertinent. »
D’autres dirigeants associatifs plaident pour une plus grande liberté pour le journal.
« Le Franco, je le vois comme organe de presse de toute la communauté francophone et non pas [comme un organe de presse] des organismes qui pourraient envoyer un petit communiqué et dire au Franco : "Est-ce que tu peux me publier ce communiqué ?" », avance Alphonse Ndem Ahola, président de l’association Francophonie albertaine plurielle.
« Un journal pour la communauté francophone, c’est un outil essentiel, c’est comme ça qu’on grandit en tant que communauté, avec un oeil critique », ajoute le président du Regroupement artistique francophone de l’Alberta, Raphaël Freynet.
L’ACFA propriétaire
Hélène Lequitte se dit heureuse d’avoir suscité des réactions. Les francophones doivent en débattre, juge aussi Albert Nolette, le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), qui est propriétaire du journal.
Il promet que l’Association travaillera à clarifier ses relations avec le journal et qu’un conseil d’administration indépendant pourrait être créé.
Mais pas question pour autant de faire un chèque en blanc au journal : « Il est important que oui, le journal Le Franco ait une indépendance journalistique, mais que ça reflète bien la réalité de la communauté francophone de l’Alberta », pense-t-il
L’ACFA promet également d’examiner la charte de la presse communautaire que l’Association de la presse francophone veut établir.

Source : Radio Canada

Thématiques

Liberté

Même rubrique