Dans un climat de morosité générale, les Radios Régionales Romandes affichent une bonne santé

publié le 4 août 2017

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L’union fait la force. Les responsables des radios privées de la Suisse francophone ont fait leur cet adage. Ils se sont mis à travailler ensemble, chaque unité conservant toutefois son indépendance. Seconde démarche initiée sous le signe de la solidarité : les radios régionales romandes collaborent avec la RTS. Ces deux acteurs servent ainsi le service public de façon complémentaire. Bénéficiant de leur quote-part de la redevance, les radios régionales réussissent à plutôt bien maîtriser le budget.
Philippe Zahno est la tête bicéphale de cette organisation. Il dirige les deux communautés professionnelles présentes en Romandie : l’Union des Radios
Régionales Romandes (RRR) et la Communauté radiophonique romande, cette dernière réunissant les RRR et la RTS.
Une coopération rendue nécessaire par la conjoncture explique Philippe Zahno : « Nous nous sommes unis pour défendre les intérêts de la minorité face à la tendance naturelle de la Suisse alémanique d’imposer ses vues dans le concert helvétique.
Nous devons nous battre en permanence pour faire en sorte que les Romands soient entendus. Au niveau européen, le marché de la Suisse francophone est insignifiant, un phénomène que nous ne pouvons ignorer. Autre problématique : les radios françaises établies au sud du lac Léman perturbent fortement le marché. Pas tellement le marché des auditeurs, mais celui des publicitaires avec comme corollaire les pratiques de dumping. Nous agissons afin que les RRR puissent poursuivre leurs activités dans des conditions économiquement favorables. Leurs bilans sont actuellement encourageants. Un succès par rapport à la presse écrite de notre pays qui crie misère et aux télévisions régionales romandes qui sont sous perfusion ».

De l’analogique au numérique

Les fonctions de Philippe Zahno sont multiples : « Je coordonne la collaboration institutionnelle. Nous avons ouvert un bureau à Berne. Deux journalistes couvrent l’actualité fédérale. Des interviewes, des reportages, des brèves et des éclairages sont réalisés régulièrement et diffusés selon les besoins de chaque radio.
Les RRR attachent aussi une grande importance aux événements sportifs nationaux et internationaux. Grâce à ce regroupement, elles peuvent suivre, en envoyant un journaliste sur place, les JO, la Coupe du monde de ski alpin, les championnats du monde de hockey, Roland Garros, ….
L’acquisition de publicités dans un pôle appelé JPA est un autre exemple de la nécessité du regroupement ». « Nous vouons un soin particulier à la formation. Chaque année un cours de perfectionnement est organisé au CIP
à Tramelan destiné exclusivement aux collaborateurs des RRR qui bénéficient d’un studio spécialement équipé. Ces stages sont reconnus par les autorités fédérales qui les subventionnent. ».
« Sur le plan technique, les RRR ont signé avec la radio nationale un accord qui règle les modalités de la migration de l’analogique (FM) au numérique
(DAB+). Dès 2020, tous les programmes de radio seront diffusés en Suisse uniquement en mode numérique ». « Je noterai encore que les journalistes des RRR acquièrent leur formation de base à l’Académie du journalisme et des médias de Neuchâtel ou au Centre de formation au journalisme et aux médias de Lausanne ».

Une épée de Damoclès

L’on estime qu’actuellement plus de 500 000 auditeurs écoutent quotidiennement les radios privées de la Romandie. « Ce succès est dû au fait qu’elles jouent un rôle de service public régional, complément au service public général de la RTS » précise Philippe Zahno qui ajoute : « Un statut qui est confirmé par le Conseil fédéral. La force des RRR : un public de proximité qui met en exergue un phénomène identitaire propre à chaque canton dont elles sont la caisse de résonance ».
Le porte-parole ne cache pas que l’horizon pourrait subitement s’assombrir si l’initiative « no billag » était acceptée. « Les radios périphériques bénéficient d’une quote-part de la redevance qui représente grosso modo un tiers de leur budget. Sans cette manne, certaines stations ne survivront pas. Douloureuse perspective ! ».

Jean-Pierre Molliet
Président de l’UPF-Suisse

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