L’Afrique francophone, nouvel eldorado de la cyber-sécurité ?

publié le 7 juillet 2017

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L’Afrique est un marché en pleine mutation digitale. Une révolution numérique y est en cours. Le continent innove et l’usage des nouvelles technologies est y très répandu. Le versant négatif de ces avancées, remarquables au demeurant, réside dans le développement de la cybercriminalité dont la propagation est très rapide sur le continent africain comme ailleurs. Encore imparfaitement appréhendée, celle-ci représente un défi majeur pour les pays africains. Ce qui constitue un risque mais aussi une opportunité en termes d’innovation.

S’il existe pour l’heure relativement peu d’actions initiées pour lutter en toute efficacité contre la cybercriminalité et le cyber-terrorisme en Afrique, quelques premières mesures ont été prises afin d’élever le niveau de sécurité informatique.
C’est notamment le cas dans certains pays qui ont adapté leur dispositif législatif pour mieux lutter la cybercriminalité, un phénomène dont l’ampleur va croissante d’année en année. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont, par exemple, déjà leur propre version nationale de la GDPR (General Data Protection Regulation) européenne pour davantage protéger les données personnelles.
En outre, des structures para-étatiques, à l’instar du « Club des Directeurs des Systèmes d’Information », composés de responsables des pouvoirs publics, de dirigeants du secteur privé, d’universitaires, etc., se réunit régulièrement pour aider les pays référencés dans leur transition numérique. Ce think tank contribue à la lutte contre la cyber-sécurité en mettant en place des solutions plus réactives et plus pertinentes. Se faisant, elles s’attachent à faire des jeunes talents du continent des soldats de la sécurité informatique plutôt que de futurs hackers !


Un marché en pleine expansion ... mais porteur de défis
En dépit de réels besoins, peu d’entreprises ont, à ce jour, investi le marché de la cyber-sécurité en Afrique francophone. Pourtant, qu’il s’agisse des Etats, des administrations, des entreprises, grandes et moyennes, ou encore des particuliers, tous sont exposés à la cybercriminalité. Les sites web doivent être développés avec une exigence maximale de sécurité, la formation en la matière doit être renforcée, les audits doivent être encouragés. L’Afrique, à l’instar d’autres continents, doit se préparer à faire face à ce qui constitue l’un des principaux risques au XXIème siècle.
Il est vrai, toutefois, que l’Afrique, continent très morcelé, est un marché difficile à pénétrer. Chaque pays, chaque sous-région a ses problématiques spécifiques qu’il faut savoir appréhender, même si des constantes existent à l’échelle du continent. A condition de pouvoir les lever, ces obstacles constituent autant d’opportunités. Il ne faut pas hésiter non plus à savoir « jouer collectif », en s’inscrivant par exemple dans la coalition africaine francophone du « Club des DSI ». Sur le long terme, il est également indispensable de développer une relation de proximité pour pénétrer ce marché fertile mais encore naissant. Cela passe par une implantation locale qui nécessite des investissements importants et une équipe à la fois compétente et fiable.
En quelques années à peine, l’Afrique, notamment dans sa partie francophone, a pris conscience de la nécessité de lutter contre la cyber-criminalité. Pour elle, c’est aussi une opportunité d’innover comme elle a pu le faire en matière de téléphonie mobile, de transfert d’argent via le numérique, etc. Pour accélérer et rendre encore plus efficace ce processus, elle doit s’appuyer sur les savoir-faire les plus pertinents, d’où qu’ils viennent, tout en cherchant à se les approprier pour pouvoir un jour les dépasser. Nombre d’entreprises, françaises notamment, sont prêtes à l’y aider. Il y a urgence car la menace, elle, est bel et bien présente.

Source : La Tribune
Cyril Magliano

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