Crimes contre les journalistes : l’UNESCO appelle à la fin de l’impunité

publié le 27 octobre 2016

image Crimes contre les journalistes : l'UNESCO appelle à la fin de (...)

Si une grande majorité des attaques meurtrières contre des employés des médias demeurent impunies, l’UNESCO constate qu’un nombre croissant d’Etats membres se montrent plus déterminés à assurer un suivi de ces crimes et à les signaler.
Ces données sont publiées alors que l’UNESCO et ses partenaires s’apprêtent à commémorer la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes (2 novembre). Elles sont extraites du Rapport de la Directrice générale de l’UNESCO sur la Sécurité des journalistes et le risque de l’impunité, qui sera présenté devant le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication (PIDC) le 17 novembre.
Ce rapport est publié tous les deux ans depuis 2008 dans le cadre du mandat du PIDC.
Dans le même temps, le Rapport souligne que moins d’un cas de journaliste tué sur dix donne lieu à un jugement devant un tribunal national d’après l’information fournie par les Etats membres qui ont répondu aux demandes de la Directrice générale concernant le suivi judiciaire.
Dans son édition 2016, le Rapport note que sur 62 pays où l’on recense des meurtres de journalistes en lien avec leur travail, 40 ont répondu aux demandes d’information de la Directrice générale. En 2014, date du précédant rapport, seuls 16 pays sur les 59 concernés avaient fourni l’information requise.
Au total depuis 2006, la Directrice générale a reçu de l’information de la part de 59 Etats membres concernant 402 journalistes tués sur les 827 recensés au cours des dix dernières années. Mais seuls 63 cas sur 402 ont été résolus, soit 16% des cas pour lesquels on dispose d’information et seulement 8% des journalistes tués recensés par l’UNESCO.
92% des incidents dans lesquels on a fait usage de violence pour museler la libre expression et priver le public de son droit à l’information n’ont pas été suivis de sanction. Conséquence : les criminels peuvent en déduire que quoi qu’il arrive, ils échapperont à la justice.
L’UNESCO appelle les Etats membres à faire leur possible pour poursuivre les auteurs des meurtres visant des professionnels des médias depuis des années.
L’impunité affecte la gouvernance, la liberté d’expression et la liberté d’information. Des événements destinés à sensibiliser l’opinion à cette problématique ront lieu partout dans le monde à l’occasion de la Journée qui a été commémorée pour la première fois en 2014 suite à une proclamation des Nations Unies. La date du 2 novembre a été choisie pour commémorer le meurtre des journalistes français Claude Verlon et Ghislaine Dupont perpétré au Mali le 2 novembre 2013.

Source : Unesco

Même rubrique