| UPF. 41e Assises. Rapport et résolutions |
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Les résolutions des 41e Assises Du 17 au19 novembre, le palais des congrès de Yaoundé a servi de cadre aux travaux des 41e Assises de la presse francophone. Dans son rapport général, Aimé-Robert Bihina revient sur ces trois jours de débats qui ont débouché sur l'adoption de trois résolutions.
RAPPORT GÉNÉRAL Du 17 au 19 novembre 2009 le Palais des Congrès de Yaoundé a servi de cadre aux travaux des 41e assises de la presse francophone sur le thème général : "Ethique et déontologie à l’heure d’internet : Liberté et responsabilité des journalistes". Dans le sillage de la cérémonie solennelle d’ouverture présidée par le Premier ministre chef du gouvernement, Yang Philémon, le président international de l’UPF, Alfred Dan Moussa, s’est clairement prononcé en faveur d’une dépénalisation des délits de presse, indiquant que les sanctions pécuniaires seraient plus productives en cas de dérive professionnelle. Le président de la section camerounaise de l’UPF, Alain Blaise Batongue a saisi l’opportunité de cette tribune pour annoncer la redynamisation de la section camerounaise pour marquer le coup des 60 ans de l’UPF en 2010. Ousman Paye, conseiller spécial du secrétaire général de l’OIF a délivré le message du Président Abdou Diouf à l’occasion. Ce dernier juge la thématique de ces assises cruciale et décisive pour l’avenir de la presse francophone. Jean Miot, président de la section française de l’UPF a transmis le message d’encouragement de Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre français et représentant permanent du Président Nicolas Sarkozy auprès de la Francophonie. Un hommage officiel de l’UPF a été rendu à tous les confrères décédés depuis les dernières assises de Montréal, marquant ainsi la solidarité et la confraternité de l’UPF.
La présentation générale de la problématique par Yves Agnès a balisé le corpus thématique des ateliers. Dans cet exercice, Yves Agnès ancien Rédacteur en Chef au Monde, Ancien Directeur Général du Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes a résumé ses convictions sur la qualité de l’information au regard de l’éthique par quelques principes :
Le ton a ainsi été donné pour le déroulé des Réflexions en atelier avec un premier questionnement : Internet Change –t-il la donne ? La question initiale a été confrontée à l’épreuve des expériences professionnelles notamment celle d’Haman Mana qui voit impuissant le contenu de son journal illégalement repris par un site internet insaisissable. Autre expérience qui demande adaptabilité face à l’outil Internet celle de TV5 Monde où selon Philippe Dessaint la vérification des informations diffusées en continu devient un casse-tête permanent. Pour lui, Internet offre forcément moins de recul, comparé au temps que se donnent les journalistes lorsqu’il faut par exemple préparer une unique édition du 2O heures. Tout le monde s’accordera donc à dire que Internet change la donne mais que c’est une source d’information qu’il faut apprivoiser comme toutes les autres avec les mesures prudentielles de recoupement et de vérification. L’atelier n°2 au deuxième jour des travaux a réuni autour du panel, Marie Claire Nnana DG de la SOPECAM, Amadou Vamoulké DG de la CRTV. Yves Agnès Président de l’APCP, Alfred Dan Moussa président International de l’UPF et modérateur. Evelyne Owona Essomba grand reporter à la CRTV tenait la plume de rapporteur.
La réflexion s’est articulée autour d’une interrogation Centrale : Peut-on envisager une régulation éthique des médias ? Le débat animé qui a suivi a relevé la difficulté de fonctionnement des agences de régulations ou d’autorégulation dans la plupart des pays africains. Marie Claire Nnana note par exemple que dans le cas du Cameroun, cette autorégulation bute sur l’absence de consensus au sein des médias L’atelier n°3 a, quant à lui, pris place dans l’après-midi avec autour de la table : Valentin Nga Ndongo Directeur Adjoint de l’ESSTIC, Nta à Bitang vice-président de l’UJC et Abdelmounaîm Dilami vice-président international de l’UPF, Edouard Ouédraogo, le modérateur. Cet atelier avait pour axe de réflexion centrale : la formation des Journalistes et leur responsabilité. D’entrée de jeu on a eu droit à un tableau peu reluisant de la pratique du journalisme au Cameroun avec la floraison de la désinformation, de l’info-spectacle et la conflictualisation du champ politique et médiatique. Les causes du mal ont été identifiées : à savoir l’arrivée massive dans la profession de personnes dépourvues de formation et la prééminence des forces de l’argent et autres lobbys dans le paysage médiatique. Pour tous, la solution passe par la mise en place de véritables entreprises de presse, avec l’engagement des pouvoirs publics de ne plus soutenir en sous main la presse à gages. Au contraire, ils doivent favoriser l’émergence d’une presse crédible par l’octroi d’un appui multiforme aux journaux dont le sérieux et le professionnalisme sont reconnus. Le quatrième et dernier atelier a été spécifiquement consacré à la question du financement et du management des médias. La réflexion a été menée par le panel constitué de Paul célestin Ndembiyembé ancien DG SOPECAM, Jean Miot président de la Section Française de l’UPF, Séverin Tchounkeu patron d’un groupe de presse au Cameroun. Un constat général transpirait des interventions : la fragilité générale des entreprises de presse qui attirent peu d’investisseurs dans un certain nombre de pays. A cela se greffe la difficulté d’accès au crédit avec des taux d’intérêt prohibitifs de l’ordre de 19 à parfois 25%. Dans le registre des solutions, Tidiane Dioh du programme « médias » de la Francophonie pense qu’il est possible d’exploiter à bon escient ’attachement des diaspora à leurs pays d’origine grâce à l’outil internet seul lien instantanée avec leurs origines. L’autre voie peut être la concentration, le regroupement de petits médias « artisanaux » jusque-là émiettées pour en faire de petites ou moyennes entreprises qui peuvent mieux survivre dans un environnement difficile. L’état a, lui aussi, tout intérêt à financer la presse car, elle est le premier outil de la démocratie. D’autres structures de soutien existent à l’échelle internationale, les médias ont tout intérêt à y recourir. Dans ces adresses utiles, figure l’OIF qui, à travers ses programmes en faveur des médias francophones, finance les organes de presse des pays du sud. Les participants aux assises de Yaoundé ont dénoncé les entraves à la liberté de la presse au Gabon, les confrères gabonais subissent des arrestations et des fermetures des chaînes de radio et de télévision au Gabon depuis l’élection récente du Président Ali Bongo au pouvoir. Les inquiétudes des éditeurs et les responsables de presse de ce pays contenues dans une déclaration ont été présentées à cette occasion. L’UPF a été appelée à se prononcer sur la situation au Gabon. D’ores et déjà les participants aux assises de Yaoundé se sont dits solidaires des confrères gabonais dans cette épreuve. Stéphanie Muti (Val d’Aoste) émet l’idée d’un observatoire de la liberté de la presse au sein de l’UPF pour recenser ce genre d’atteintes.
Fait à Yaoundé, ce 19 novembre 2009
Le rapporteur général
RESOLUTIONS
1- RESOLUTION RELATIVE A LA SUPPRESSION DE LA PEINE PRIVATIVE DE LIBERTE
1- RESOLUTION RELATIVE A LA SUPPRESSION DE LA PEINE PRIVATIVE DE LIBERTE
La liberté de l'information est un droit fondamental de l'homme. C'est la première de toutes les libertés : si on l'étouffe, on peut étrangler toutes les autres, mais désormais dans le silence. Le journaliste n'est certainement pas au-dessus des lois, mais son rôle social spécifique au service de la démocratie exige qu'aucune autorité politique, judiciaire ou administrative, n'entrave sa liberté de mouvement. C'est pourquoi les participants aux 41èmes Assises de la presse francophone réunis à Yaoundé, réclament à nouveau avec insistance la suppression de la peine privative de liberté en matière de délit de presse supposé. Ils demandent aux gourvernements francophones la levée des interdictions arbitraires de parution, d'émission et de vente qui frappent certains médias.
Yaoundé, le jeudi 19 novembre 2009
Engagent l'UPF à entreprendre une démarche officielle auprès des organisations compétentes et à leur demander de prendre toutes mesures pouvant mettre un terme aux violations des droits d'auteur et d'éditeur en matière de débat sur le support Internet.
Ces instances d'autorégulation, s'appuyant sur des codes de bonnes pratiques reconnus pas tous doivent associer des représentants des publics pour éviter tout corporatisme et tenir compte de l'aspiration citoyenne que renforce le développement d'Internet. Les participants aux 41èmes Assises internationale de la presse francophone à Yaoundé appellent à renforcer et à vivifier de telles instances là où elles existent, à favoriser leur création là où elles font défaut. La liberté des journalistes et des médias, le respect des droits des citoyens, le développement d'une information de qualité ont tout à y gagner.
Yaoundé, le 19 novembre 2009 |
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