Lyon. " Médias et développement durable "

7 février 2012

Liberté d'expression, indicateur essentiel de bonne gouvernance. Médias, acteurs majeurs du développement durable.

(UPF 7.02.12) En prélude au Forum francophone préparatoire à Rio+20 organisé à Lyon par l'OIF, l'Union de la presse francophone a animé, mardi 7 février, un atelier sur le rôle et la responsabilité des médias dans le développement.

Texte introductif

MÉDIAS ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

Le contexte
Rio+20 est focalisé sur deux thèmes principaux :

  • l’économie verte dans le cadre du développement durable et de l’élimination de la pauvreté,
  • le cadre institutionnel du développement durable.

Les objectifs avoués sont :

  • le renouvellement de l’engagement politique en faveur du développement durable,
  • l’examen des progrès réalisés et des lacunes restant à combler,
  • et l’analyse des problèmes nouveaux et émergents.

Médias et développement durable : une relation naturelle ou deux mondes étrangers ?

Les politiques aussi bien que les militants du développement durable formulent un certain nombre d’exigences à l’égard des médias.

Considérant que le développement durable est une grande cause internationale et un bien commun de l’humanité, ils attendent des médias une attitude militante et leur demandent de relayer les informations sur le développement durable de façon à augmenter la notoriété du concept et de ses contenus et à renforcer l’adhésion du public.

Ils attendent notamment des médias une participation active aux changements de comportement. Voir ci-dessous annexe 2, la charte des médias proposée dans le cadre du Grenelle de l’environnement.

A l’inverse, les médias considèrent parfois qu’ils sont totalement étrangers au développement durable.

L’information étant commandée par l’actualité, il ne saurait y avoir de place pour une information récurrente sur le développement durable.

Concept trop transversal (cf. les 4 piliers du développement durable), le développement durable ne pourrait s’adapter à l’organisation en rubriques de la presse.

Produisant une matière immatérielle, les médias ne seraient pas ou que peu concernés par les politiques de mesure et de diminution de « l’empreinte carbone » qui font partie des grandes préoccupations de l’heure.

Des actes et comportements nouveaux

Préoccupés par les attentes du public (et l’évolution de celles-ci), les médias adaptent en permanence leurs contenus.

L’économie verte, les gestes écocitoyens, le respect et la protection de l’environnement occupent aujourd’hui une plus large place dans les contenus des médias parce qu’ils correspondent à des préoccupations politiques et sociales plus largement partagées qu’autrefois.

Pour autant, les médias doivent-ils adopter une position militante ou « messianique » ?

N’est-ce pas plutôt aux acteurs du développement durable d’améliorer leurs capacités de vulgarisation pour devenir des sources plus utiles pour les médias et contribuer à dépasser les questions d’actualité ?

La convergence des crises (crise de l’information, crise économique, crise « environnementale ») est considérée par beaucoup d’acteurs des médias comme un élément favorable à un meilleur traitement du concept et des contenus du développement durable.

Elle amènerait le journaliste à proposer un point de vue élargi sur les évènements et à se projeter plus volontiers dans l’avenir (qui est considéré comme le champ prioritaire du développement durable).

La multiplication des réflexions et des travaux sur les nouvelles responsabilités sociétales des médias et des journalistes va de pair avec l’apparition de nouveaux modèles économiques de médias moins dépendants du capital et des éléments de ressources (la publicité) liés à l’environnement économique.

Ce qui est ressenti comme un moyen pour certains journalistes de devenir plus « acteur » du changement.

La presse se sent aussi de plus en plus concernée à participer aux efforts collectifs liés au « consommer autrement ».

Le papier recyclé (10 % du papier de presse en France) est maintenant utilisé dans la presse écrite.

Certaines entreprises ont réalisé (ou prévu) des « bilans-carbone » susceptibles de déboucher sur des modifications de l’organisation de l’entreprise, de l’utilisation de certains composants (papier, encre …) ou d’engendrer des comportements individuels nouveaux.

Le recours aux TIC est également perçu comme l’occasion de faire disparaitre progressivement des sources importantes d’empreinte carbone dans la production de l’information.

Enfin, la réorganisation de la concurrence entre les moyens de transport influe nécessairement sur l’organisation de la distribution des supports de presse.

Annexe 1 - Le développement durable
Concept qui a pour objectif de répondre aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures de répondre aux leurs, le développement durable repose sur quatre piliers :

  • L’environnement :
    ­ - l'utilisation et la gestion durables des ressources naturelles (air, eau, sol, vie) et des savoirs humains ;
    ­ - le respect des grands équilibres naturels (climat, diversité biologique, océans, forêts…) ;
    ­ - la maîtrise de l'énergie et l'économie des ressources non renouvelables (pétrole, gaz, charbon, minerais…) ;
  • L’économie :
    ­ - Un développement respectueux des milieux naturels d’où proviennent les ressources de base (agriculture et pêche) ;
    ­ - des relations économiques internationales aptes à promouvoir un commerce équitable et un tourisme solidaire ;
    ­ - le renforcement des capacités économiques des pays pauvres (annulation de la dette et augmentation des investissements) ;
    ­ - une décroissance soutenable dans les pays développés.
  • Le social
    Mettre en place ou développer des structures sociales permettant :
    ­ - L’accès à l’éducation, à l’habitat, aux soins;
    ­ - La lutte contre l’exclusion sociale ou professionnelle ;
    ­ - La stabilisation de la croissance démographique ;
    ­ - La maîtrise de la croissance urbaine et de flux migratoires.
  • La démocratie participative

Annexe 2 - Charte d’engagements des médias (Grenelle de l’environnement)
Les quatre engagements proposés

  • 1 Mettre en place une information quotidienne sur les «gestes d’engagement de la vie de tous les jours» au service de la planète. Il s’agit de valoriser tous ces gestes du quotidien qui permettent de protéger l’environnement à l’occasion de programmes de grande écoute comme la météo pour les chaînes de télévision ou les radios ou sur des bandeaux visibles dans la presse ou sur internet.
  • 2 Organiser une grande journée de mobilisation et de solidarité à l’image de Sidaction ou du Téléthon sur le thème «Sauvons la planète» avant la fin de l’année.
  • 3 Procéder, dans chaque entreprise, à un bilan carbone portant sur l’ensemble de ses activités.
  • 4 Amplifier les émissions ou les reportages consacrés aux grandes urgences environnementales et développer la diffusion d’initiatives et de conseils pratiques.

(UPF 7.02.2012)