Abidjan. Les trois journalistes relaxés

27 juillet 2010 - UPF

L'affaire, reclassée en "délit de presse", leur vaut une lourde amende

Les trois journalistes du Nouveau Courrier et un conseiller du procureur internés à la prison d'Abidjan ont été remis en liberté hier soir, mais sont condamnés à une lourde amende. Déclarés non coupables de "vol de document de justice" les journalistes ont été relaxés. Toutefois reconnus coupables d'avoir violé la loi sur la presse, les trois journalistes devront payer ensemble une amende de 5 millions de francs CFA (7.500 euros) pour "diffusion d'information sur un dossier judiciaire non encore évoqué à l'audience publique". En outre, Le Nouveau Courrier est contraint à une suspension de publication de 15 jours.

Saint Claver Oula, rédacteur en chef du Nouveau Courrier, Stéphane Guédé, directeur de publication et Théophile Kouamouo, directeur de la rédaction, avaient été interpellés le 13 juillet par la police criminelle puis écroués à Abidjan au terme de leur garde à vue pour avoir refusé de révéler leurs sources à la suite de la publication des conclusions d'une enquête du procureur de la République Raymond Tchimou Fehou remise au président Laurent Gbagbo et classée secret d'État, sur des détournements dans la filière café-cacao.

Le conseiller en communication du procureur, Patrice Pohé, soupçonné d'implication dans le "vol de document" et interné le 20 juillet, a lui aussi été relaxé.

Dans un communiqué de son président international Alfred Dan Moussa, l'UPF avait lancé un appel à libération des trois responsables du journal Le Nouveau Courrier. Plusieurs organisations professionnelles et autorités internationales avaient demandé la remise en liberté des journalistes ivoiriens.