2000 - Séminaire « Média et justice » à Ougadougou

publié le 6 novembre 2014

Du 22 au 24 février 2000

image 2000 - Séminaire « Média et justice » à Ougadougou

Média et justice

Séminaire international sur l’information judiciaire organisé par la section burkinabé de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (UIJPLF)

SYNTHESE DES TRAVAUX
par Édouard Ouédraogo ? président de la section Burkina de l’UIJPLF

Le séminaire international sur le thème "Média et justice" organisé par l’UIJPLF s’est déroulé du 22 au 24 février 2000 à l’Hôtel Indépendance de Ouagadougou, sous le parrainage des ambassadeurs de France et du Canada et avec l’appui de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF). Il a réuni des participants venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo et de représentants du comité international de l’UIJPLF.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par trois allocutions.

Dans son mot de bienvenue, le président de la section UIJPLF/Burkina, M. Édouard Ouédraogo, a remercié les autorités politiques du Burkina Faso pour leur intérêt manifesté au Séminaire et les ambassades de France et du Canada pour avoir accepté de la parrainer.

M. Georges Gros, secrétaire général international de l’UIJPLF, a quant à lui, situé le contexte de l’organisation du séminaire et annoncé que des initiatives de même genre sont projetées dans d’autres régions d’Afrique et du monde.

Le ministre burkinabé de la justice, Garde des Sceaux, M. Boureima Badini, dans l’allocution d’ouverture du séminaire, a félicité ses initiateurs. Il a aussi annoncé des réformes à venir dans le système judiciaire du Burkina Faso en vue de créer les conditions de meilleurs rapports de travail entre les média et la justice.

Les travaux du séminaire se sont déroulés sous forme de conférences suivies de débats. Les séminaristes ont engagé des réflexions sur huit communications sur les thèmes suivants :

MÉDIA ET JUSTICE

exposé par M. Philippe Bilger, responsable de la délégation juridique de l’UIJPLF.
La justice et ses institutions, par Mme** Amina Ouédraogo**, vice-présidente de la Cour suprême du Burkina Faso.
La présomption d’innocence, par M. Edouard Ouédraogo, enseignant à la Faculté de droit et de sciences politiques de l’Université de Ouagadougou.
les droits de la défense, par Maître Harouna Sawadogo, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Burkina.
La compétence universelle par M. Vincent Zakané, enseignant à la Faculté de droit et de sciences politiques de l’Université de Ouagadougou.
La liberté de la presse et le secret de l’instruction, par M. Badou Emile Toé, président de la Chambre judiciaire de la Cour suprême.
Les délits de presse, par M. Seydou Dramé, journaliste, spécialiste du droit de la presse.
L’autorégulation, par M. Mathieu Bouah Bilé, juriste, membre de l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie de Côte d’Ivoire.
Tous ces exposés ont vivement intéressé les séminaristes, à en juger par la participation massive aux débats.

De ces débats, on peut tirer deux enseignements majeurs :

d’une part, les rapports traditionnels entre magistrats et journalistes sont empreints de méfiance, chaque camp se retranchant derrière les exigences de sa pratique professionnelle.
d’autre part, on a relevé un consensus sur la nécessité d’un véritable dialogue entre ces deux catégories d’acteurs de la démocratie.
En effet, l’originalité de ce séminaire a été, non seulement de favoriser le dialogue entre l’institution judiciaire et les média, mais aussi de mettre en évidence la nécessité d’une réciprocité des droits et des devoirs, pour le plus grand bien de la démocratie.

Les séminaristes ont relevé par ailleurs la nécessité d’une justice indépendante, détachée de la tutelle politique, et d’une presse compétente, honnête et responsable dans le traitement des dossiers politico-judiciaires.

Aux termes de ses travaux, le séminaire a adopté une résolution et quatre recommandations.
Ouagadougou, le 24 février 2000

RÉSOLUTION ET RECOMMANDATIONS
Au terme des échanges très denses consacrés aux rapports de l’Institution judiciaire avec les média, le séminaire a retenu la résolution et les recommandations suivantes :

- Résolution
La création d’une instance d’autorégulation au Burkina Faso et l’adoption de la même démarche par les confrères des autres pays.

- Recommandations
1. La suppression des peines effectives d’emprisonnement à l’encontre des journalistes dans les pratiques judiciaires des Etats.
2. La formation de journalistes spécialisés dans le traîtement de l’information judiciaire.
3. Une meilleure connaissance par les magistrats, du monde des média et du droit de la presse.
4. La multiplication des séminaires et des échanges entre l’Institution judiciaire et les média, pour leur amélioration réciproque.

Ouagadougou, le 24 février 2000