L’UPF-Sénégal célèbre son 37e anniversaire par un débat sur l’avenir de la presse écrite face à l’Internet

publié le 5 septembre 2017

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La Section UPF Sénégal a organisé une rencontre-débat, le 19 août, à Dakar, autour du thème : « la presse papier peut-elle survivre à la presse électronique ? ». Un sujet introduit par le journaliste analyste politique, Momar Seyni Ndiaye, ancien chef de service au Quotidien national « Le Soleil », directeur de la Communication à la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES), et formateur. C’est la troisième rencontre de l’année organisée par l’UPF-Sénégal qui fête ses trente sept années d’existence. Près de cinquante journalistes ont pris part aux travaux de cette rencontre en présence du Président de l’UPF internationale, Madiambal Diagne, et d’une forte délégation d’anciens journalistes dont des fondateurs de l’UPF- Sénégal.

Lors de ce débat, les intervenants ont reconnu qu’Internet a changé les paradigmes dans l’exercice de la profession de journalisme, ce qui peut être une menace pour la presse papier. Cependant, compte tenu de l’importance de la presse écrite pour un peuple, l’adaptation est préconisée comme solution. Introduit par le journaliste Momar Seyni Ndiaye, le débat a permis de revenir sur les relations de complémentarité ou de menace qui existent entre Internet et la presse classique. Le journaliste analyste politique, Momar Seyni Ndiaye, a expliqué que la presse écrite et la presse électronique, c’est une complémentarité qui pose surtout problème à la presse papier qui doit s’adapter.
« La presse a perdu beaucoup de choses, notamment dans le contenu mais aussi dans la gestion économique. Beaucoup d’organes sénégalais ne sont pas des entreprises de presse », laisse entendre d’emblée le conférencier. Il poursuit qu’Internet est venu changer, depuis son apparition, beaucoup de paradigmes, car, avec cet outil, « ce qui est important, ce n’est plus de savoir, mais de savoir comment et où chercher ce savoir parce qu’Internet n’est pas un média, mais un média de synthèse ».


A la lumière des explications de l’analyste, on retient qu’avec Internet, il y a une amplification des événements qui dépasse un peu la presse écrite qui est un rapport entre le journaliste et son lecteur, contrairement à l’interactivité que crée la presse en ligne. Internet et la dématérialisation de la pratique du journalisme font aussi qu’avec les réseaux sociaux et le e-journalisme, n’importe qui se réclame journaliste.

Des dérives en ligne

« Notre métier perd son professionnalisme avec Internet. Avec un simple téléphone, des non professionnels peuvent faire le travail du journaliste. Nous sommes en train d’être dépassés par les non professionnels et de fausses informations injurieuses sont publiées dans les sites et sont plus vues que les bonnes informations de la presse. Il y a de moins en moins de lecteurs de la presse écrite avec le digital. Il faut que la presse écrite s’adapte, améliore son contenu et réponde mieux à la demande des lecteurs et aille vers les journaux spécialisés. Il faut aussi réfléchir sur la meilleure périodicité des journaux et sur les formats adaptés », constate Momar Seyni Ndiaye.
Compte tenu de tout cela et pour protéger la presse écrite qui est la mémoire d’un peuple, Ndiaye indique qu’il faudrait savoir que l’avenir de la presse sénégalaise et même audiovisuelle, ce sont les langues nationales. L’analyste politique propose aussi de profiter d’Internet pour gagner en visibilité et avoir des sites en ligne actualisés à temps. La presse écrite étant importante pour la démocratie d’un peuple, Momar Seyni Ndiaye préconise un plan de sauvetage et que l’aide à la presse soit centralisée sur ce médium avec, notamment, une aide fiscale des entreprises de presse, mais aussi une publicité collective que les entreprises publiques doivent obligatoirement remettre aux journaux privés.
Abondant dans le même sens, Madiambal Diagne, éditeur de presse et président de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), demande de réfléchir aussi sur l’offre proposée au public. « Il faut faire des papiers fouillés, des analyses car on est déjà battus dans le factuel par la presse en ligne et même par la radio. Il faut aussi une législation sur le marché de la publicité », considère Madiambal Diagne.
Le Président Diagne a tenu, par ailleurs, à saluer le travail de la section sénégalaise de l’UPF qui est « parmi les plus actives et qui prend beaucoup d’initiatives dans le cadre de l’animation la structure ». « Je ne le dis pas parce que je suis Sénégalais, mais par le dynamisme qui se manifeste par les nouvelles adhésions » enregistrées par la nouvelle équipe dirigeante, a-t-il soutenu. Pour le directeur de publication du « Quotidien », c’est toujours bien de faire la symbiose entre l’ancienne et la nouvelle génération qui a besoin d’encadrement et de conseils.
Auparavant, Abdoulaye Thiam, président de la section sénégalaise de l’UPF, a soutenu que cette rencontre célèbre l’An 1 du bureau national de la structure. Il a salué la présence des acteurs du milieu pour évoquer le sujet qui est d’une « brûlante actualité ».
Oumar KANDE
Le Soleil