SUISSE
"Cahier
de doléances"
concerne : érosion de la langue française
en terre helvétique
à l'adresse de
Mme Christine Egerszegi-Obrist, présidente du Conseil national
Mme Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération
Mme Doris Leuthard, conseillère fédérale
M. Claude Ruey, président d'Helvetia Latina
Mme Thérèse Meier, vice-présidente d'Helvetia
latina
M. Didier Berberat, président de l'Assemblée parlementaire
de la francophonie
Mme Patricia Schulz, directrice du Bureau fédéral
de l'égalité
Mmes et messieurs les responsables de services de la Confédération
Mmes les présidentes d'associations féminines faîtières
la presse
La Suisse alémanique n'est-elle pas en train
de prendre le pouvoir (sur le plan économique c'est fait
depuis longtemps !) sur le plan linguistique, ce qui devient insupportable
pour les minorités francophone, et sans doute aussi italophone
et romanche ?
Il devient de plus en plus difficile - en tant que citoyennes
engagées - de collaborer avec nos concitoyens et concitoyennes
d'outre Sarine, ce qui devrait pourtant être le principe
de base même de notre démocratie.
Ne finirons-nous pas par nous sentir peu à peu exclues
des lieux de discussion et de prises de décision de la
Suisse ?
Quelques exemples récents de manifestations
et de publications qui nous ont amenées à ce constat
:
- Le 8 mars, la présidente du Conseil
national avait invité des femmes de toute la Suisse pour
la Journée internationale de la femme. L'invitation
était rédigée en français et en allemand.
Hélas, la manifestation s'est déroulée presque
uniquement en allemand. N'y a-t-il pas une installation d'interprétation
(micros, cabines et écouteurs) à demeure dans la
salle du Conseil national ? Cela aurait coûté 2 heures
d'interprètes ! (L'an dernier, le même jour, c'était
Micheline Calmy-Rey qui invitait, il y avait des interprètes
(
pour traduire en allemand !)
- Le 14 juin prochain, les membres d'associations
féminines sont invitées à une manifestation
organisée par les Associations féminines faîtières
dans le cadre d'une campagne pour le courage civique. L'invitation
"genug der Worte" qui nous est parvenue est rédigée
uniquement en allemand !
- A fin 2006, nous avons reçu une
importante étude de l'Office fédéral de
la santé publique sous forme de CD ; c'était
un rapport dont le titre était, sauf erreur "gender,
women and health". Il est important qu'on étudie
les problèmes de santé sous l'angle du genre et
nous nous réjouissions de le lire : 5 pages en français
et environ 200 en allemand.
- Cette semaine, nous recevons "Frauenarmut,
Arbeit und Gesundheit, ein Praxis-Handbuch". La lettre
d'accompagnement de l'Office fédéral de la santé
publique est en français mais les 73 pages de la brochure
sont en allemand. Les personnes visées par ce manuel pratique,
s'intéressant donc à la question de la pauvreté
des femmes, doivent-elles obligatoirement toutes savoir l'allemand?
- Dans la vie pratique, nous sommes aussi envahies
par des modes d'emploi d'appareils techniques rédigés
en anglais, en allemand (quand ce n'est pas en chinois, en japonais,
en albanais
) et
il manque le français ! Témoins,
ces 2 amies qui viennent de recevoir l'une un projecteur DVD,
l'autre une machine à laver !
Les soussignées, membres francophones de
l'Association suisse pour les droits de la femme, ainsi
que quelques membres d'autres associations féminines, en
ont assez !
SIGNATAIRES
Ont signé - le 12 mai 2007 :
Simone Chapuis-Bischof, Christiane Mathys-Reymond et
Rosemarie Balimann, Birgitta Bischoff, Laurence Boegli, Erika
Bopp, Monique Bürgin, Marie-Claire Chervet Christ, Bernadette
Ducry, Josette Frésard, Hélène Grand-Greub,
Josiane Greub, Margaretha Gutknecht, Marie-Louise Hefti, Doris
Kuhn-Traoré, Martine Kurth, Christiane Layaz-Rochat, Suzanne
Loup, Monica Maire-Hefti, Angelica Masson, Anita Milicic, Anne
Monard, Gilberte Muller, Nadia Personeni Boillat, Sylvie Perrinjaquet,
Sylvie Richard-Fankhauser, Marina Schneeberger, Fabienne Spichiger,
Etiennette Verrey, + 3.