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Chronique
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Valeurs actuelles, n° 3606, 6 - 12 janvier 2006
L'ESPRIT
DES MOTS
par Philippe Barthelet
uf.
Un ancien premier ministre de la République (et non de la
France, comme il aimait à se présenter, la nuance
est sensible) a naguère essuyé, si lon ose dire,
un uf sur le crâne lors dune fête
politique. Cétait illustrer cette loi secrète
qui gouverne les métaphores, par quoi le sens figuré
revient toujours au sens propre. Luf en question rappelait
que son destinataire avait été, dans sa brillante
jeunesse, le prototype le plus accompli de ce quon appelait
alors un crâne duf. Ce franglicisme,
décalqué de laméricain egghead,
supposait avec optimisme quune calvitie précoce, soulignant
la proéminence du crâne, était la garantie dune
tête bien pleine. Lexpression, qui va si bien à
notre sujet, sent son vieux moderne : lavenir
tel quon le concevait il y a quarante ans, et à quoi
ses ambitions sont encore attachées
Un autre ludion socialiste, vexé davoir été
écarté de la nouvelle cuisine de son parti, a lancé
un appel : La flamme de la rénovation ne
séteindra pas. Et aussitôt les gazettes
de parler de sa rhétorique gaullienne. Il est
sûr en tout cas que le flambeau du ridicule ne séteindra
pas : il est en de trop bonnes mains
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