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Chronique
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Valeurs actuelles, n° 3659, 12-18 janvier 2007
L'ESPRIT
DES MOTS
par Philippe Barthelet
Soleil noir.
De nombreux lecteurs nous ont reproché davoir, dans
une récente chronique, dépouillé Nerval au
profit de Victor Hugo, en attribuant à celui-ci le soleil
noir de celui-là. Nous maintenons, et protestons que
nous navons dépouillé personne : nous ne songions
pas du tout à Nerval (ou plutôt à Gérard,
comme disaient ses contemporains : il fut le dernier pour qui lon
observa la gracieuse coutume dappeler un poète par
son prénom Tristan, Théophile
), nous
ne songions donc nullement au soleil noir du Desdichado,
mais à «laffreux soleil noir doù
rayonne la nuit » du comte Hugo (que nul ne saviserait,
Dieu sait pourquoi, dappeler simplement Victor). Il y avait
assez de soleils noirs dans tout le romantisme pour que deux
poètes au moins, sans se copier, en fassent létalage
dans leurs vers. Et puisque nous voici ramenés à loxymore,
nous en rappellerons quelques-uns devenus titres : le Bourgeois
gentilhomme, lIngénue libertine, la Confession
dédaigneuse. Cette figure de style est dans lair
du temps ; il est vrai quelle évite de choisir, ou
du moins donne à croire que cest possible sans contradiction.
Notre consur Catherine Nay notait que le slogan dun
candidat à la prochaine élection suprême, la
rupture tranquille, avait tous les charmes, mais aussi
toutes les limites, de loxymore. Ni plus ni moins, quand on
y songe, que la douce violence.
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