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Chronique
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Valeurs actuelles, n° 3673, 20-26 avril 2007
L'ESPRIT
DES MOTS
par Philippe Barthelet
Mandature.
Nombreux sont nos lecteurs qui sagacent des communes façons
de parler de ceux qui quémandent leurs voix la bravitude,
dexhilarante mémoire, nétant que le comble
du genre. Une lectrice de Lyon se demande par exemple « à
quoi rime la mandature » dont on nous rebat les oreilles et
« ce quelle ajoute à mandat ». Rien du
tout, chère Madame, sinon une syllabe sous forme de désinence
supposée savante, donc intimidante. Cette mandature,
qui a envahi nos bouches politiques depuis dix ans, atteste la haute
idée que nos élus se font de leur tâche, assimilée
sans doute par eux à lun des beaux-arts : sculpture,
gravure, architecture
Une autre lectrice, de Chamalières,
semporte de son côté contre lassistanat
que lon entend de toutes parts, doublon inutile et extravagant
dassistance, qui prouve une fois de plus que ridicule
et pédantisme font bon ménage. On attend désormais
pour la prochaine quinquennature ? le ou la candidat(e)
qui dénoncera les méfaits de lassistanatude
universelle.
P.-S. Un lecteur du Theil (ou de le Theil, selon le
nouvel usage médiatique) nous demande ce que nous pensons
de la mode du trait dunion entre les noms propres : rien de
particulier, sinon quil en va du trait dunion comme
de ces autres prétendues commodités que sont les signes
de ponctuation : ce sont des condiments dont il ne faut user quavec
une soigneuse parcimonie.
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