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Chronique
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Valeurs actuelles, n° 3678, 25 -31 mai 2007
L'ESPRIT
DES MOTS
par Philippe Barthelet
" À
". Commençons par un repentir : deux
mots ont été avalés dans une de nos récentes
chroniques (3675,
4 mai), et il fallait évidemment lire, sagissant
du vocabulaire religieux qui sert aujourdhui à évoquer
la vie politique : « Non seulement les grands messes
de ses rassemblements publics, mais tant létat
de grâce dont est censé bénéficier
le nouvel élu, que lélu lui-même
» Nous battons notre coulpe sur lécran de lordinateur,
lequel a poussé un peu trop loin à notre insu le zèle
elliptique. Sans doute que le français supporte mal la multiplication
des chevilles et les supprime autant quil peut, mais enfin,
si trop de chevilles ralentissent la course de lexpression,
en sens inverse trop peu linterdisent. La brachylogie, qui
est lellipse mise en système rhétorique, est
dun maniement délicat. Une lectrice de Toulouse se
demande par exemple si une expression du type dun procès
lautre, usuelle maintenant dans le langage des journaux,
veut dire autre chose que dun procès à
lautre, comme on lattendrait selon la règle
grammaticale. Les deux tournures sont parfaitement équivalentes,
ou plutôt la première nest que la forme elliptique
de la seconde, dont on a retranché là. Cest
ainsi quavait fait Céline avec Dun château
lautre, il est probable que lusage actuel des gazetiers
sautorise de ce précédent.
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