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Chronique - Valeurs actuelles, n° 3693, 7-13 septembre 2007

L'ESPRIT DES MOTS
par Philippe Barthelet

Euros. Un lecteur, porte-parole d’une « bande de lecteurs de Royan » (vous me faites, cher monsieur, en me constituant chef de bande, et pour reprendre un mot de Mme de Sévigné, « un honneur étrange »), un lecteur, donc, veut bien nous demander notre « arbitrage » sur la nécessité qu’il y a d’ajouter ou non la marque du pluriel à euros. Sans doute le mot est ce qu’il est, choisi par défaut afin de pouvoir se lire dans toutes les langues de l’Union européenne : c’est au vrai moins un mot qu’une espèce de signe algébrique, apocope ou préfixe absolu, et c’est pourquoi sur les billets de banque on l’écrit sans “s” final. Mais dans l’usage quotidien du français, il n’y a aucune raison que le mot échappe à la règle ordinaire : radio par exemple, la forme abrégée courante de “radiophonie”, fait naturellement “radios” ; et même des mots venus du latin, comme recto ou verso, qui sont dans leur langue d’origine des ablatifs singuliers, deviennent en français “rectos” et “versos”. Donc “euros”, à l’évidence. La question ne se pose même pas, sinon par un excès de scrupule grammatical. Nous ne savons si l’arbitrage satisfera notre “bande de lecteurs”, ni si elle nous reconnaîtra encore pour chef ...
Lire aussi : euros (France - Commission générale de terminologie).

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