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DÉFENSE DU FRANÇAIS

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J

«Jackpot». Emprunté à l'anglais (v. 1970) ce mot désigne a) une combinaison permettant de remporter l'ensemble des mises contenues dans une machine à sous; b) Par extension: la machine elle-même et c) la somme gagnée. Fam.: grosse somme vite gagnée et tout cadeau de la chance et du hasard. Toucher le jackpot.
Quoique désormais adopté par tous les dictionnaires, le terme jackpot se prête fort bien à la traduction française: a) combinaison, martingale; b) machine à sous, bandit manchot; c) cagnotte, magot, pactole, gros lot. Fam.: tirer le gros lot, rafler la mise, décrocher la timbale. Df, 481, octobre 2006.

«Jet-set». Cette expression américaine (1967) (de jet « avion à réaction » et set « groupe ») désigne l'ensemble des gens habitués aux voyages en avion, constituant une société riche et internationale et faisant figure dans les milieux mondains.
En français: milieu mondain, élite dorée, haute société, le gratin, les aéronotables (A. Gilder), le «gold gotha» (J.-L. de Villalonga).
Jet society: société bonne à «jeter» aux oubliettes (Etiemble). Df, 481, octobre 2006.

Jeûner, déjeune. Il n'est pas rare de voir le u de déjeuner surmonté d'un accent circonflexe. Contrairement à jeûner, jeûne, jeûneur déjeuner s'écrit sans accent.
Le Jeûne, fête religieuse, prend la majuscule: le Jeûne genevois, le lundi du Jeûne.
Certains dictionnaires (Larousse, Hachette, Acad.) orthographient petit déjeuner sans trait d'union alors que le Petit Robert en fait un mot composé: prendre son petit-déjeuner. Df, 440, mai 2003.

«Jingle» De l'anglais to jingle «tinter, sonner, rimer». Le nom évoque un tintement de sonnette, un cliquetis.
En «français», désigne un court motif sonore, un bref thème musical répétitif précédant un message téléphonique ou associé à un slogan ou une annonce publicitaire.
Peut être remplacé par: indicatif d'appel ou musical, sonal (recomm. offic.) ou encore ritournelle (Québec). Df, 443, août 2003.


«Job». Ce mot anglais signifiant « travail, emploi » est désormais adopté par l'Académie française: « Petit emploi occasionnel, de faible rémunération (équivalent de petit boulot). » Il était entré dans la langue familière vers la moitié du XXe siècle. « Un petit job... un emploi, quoi... » (Aragon).
Ce terme peu précis, désignant vaguement une situation, une affaire, un petit boulot, un travail rémunéré peu qualifié, provisoire, occasionnel ou accessoire et, par extension, tout travail rémunéré en général, est du domaine familier ou plaisant. - Df, n° 496, janvier 2008.

«Job dating» « Le Conseil général a initié (!) hier son premier job dating.» Que signifie ce charabia?
Les plus récents dictionnaires d'anglais ne mentionnent pas ce terme. Il est censé désigner une épreuve destinée aux personnes sans emploi au cours de laquelle chaque candidat doit présenter, dans un délai donné, ses références permettant une éventuelle embauche.
Ce n'est donc rien d'autre qu'une épreuve de sélection, une bourse à l'emploi. Df, 487, avril 2007.

«Job sharing». 1. Un périodique romand nous apprend que «l'administration propose le job sharing aux cadres». Que ne leur propose-t-elle également un dictionnaire anglais/français!
Cette expression, formée de job «travail, besogne; petit travail, boulot» et de sharing «partage», ne signifie rien d'autre qu'aménagement, répartition du temps de travail. Mais c'est sans doute trop simple, voire simpliste, de le dire en français. - Df, n° 446, novembre 2003.
2. La section française des services linguistiques centraux de la Chancellerie fédérale nous apporte la précision suivante, concernant notre fiche du bulletin N° 446:
«L'administration fédérale entend par «job sharing» non pas un aménagement ou une répartition du temps de travail (toutes choses qui se rapporteraient à l'individu) mais un partage de poste: deux personnes à temps partiel assumant complémentairement la même fonction.»
Dont acte. Mais la version française a l'avantage d'écarter toute ambiguïté. Df, 449, février 2004.

«Joint bodies». Un quotidien régional nous fait savoir que «les producteurs, les cueilleurs et les transformateurs se sont regroupés en «joint bodies» (de l'anglais body: corps, corporation).
Il serait plus simple de parler d'union, de groupement, d'association, de consortium de professionnels, de coopérateurs.
Plus simple, mais combien moins « savant ». Df, 463, avril 2005.

«Joint(-) venture» Américanisme désignant une association d'entreprises pour la réalisation d'un projet commun; entreprise commune à risques partagés; projet élaboré par une association d'entreprises.
La langue française ne manque pas de termes synonymes plus faciles à prononcer et plus agréables à entendre. Outre coentreprise (recommandation officielle), on peut utiliser également: entreprise commune ou conjointe, société mixte, consortium ou projet consortial, pacte d'affaires, alliance, etc. Df, 422, novembre 2001.

«Junk food» Ce terme est appliqué à un aliment de piètre qualité, plus riche en calories qu'en valeurs nutritives, appelé au Québec «aliment vide ou aliment camelote».
Le mot junk s'applique à toute chose de basse qualité et sans valeur: pacotille, camelote, bric-à-brac, bricoles, ferraille. Junk seat: dépotoir; to junk: jeter, balancer.
Une autre acception du terme désigne une drogue dure. Junkie: toxicomane habitué des drogues dures.
Les termes français équivalents ne faisant pas défaut, rien ne justifie l'emploi de cet américanisme. Df, 431, août 2002.

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