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DÉFENSE DU FRANÇAIS
A à D
/ E à H / I
J K
L / M
à R / S à
Z
L
«Launching ». De l'anglais to launch
« lancer ». To launch a ship : lancer un navire.
Se lancer, s'élancer, se jeter.
Le substantif launching (mise à l'eau d'un navire)
s'applique actuellement (et abusivement) à toutes sortes
d'activités: commercialisation, publication, promotion, mise
en train, en service, etc.
En français: lancement (recommandation des services
linguistiques de la Chancellerie fédérale). Df,
466, juillet 2005.
«Lawyers». D'une publication consacrée
à la défense de la langue française (!): «...
c'est bien sur l'imprécision de la langue que pros- pèrent
les lawyers anglo-saxons.»
Le mot anglais lawyer désigne un légiste, un
juriste, un jurisconsulte, un avocat ou un homme d'affaires. Dans
la phrase citée ci-dessus, le contexte ne permet pas de saisir
son sens exact. Au lieu d'utiliser ce terme ambigu de droit anglo-saxon,
l'auteur aurait été mieux inspiré d'user d'un
mot français, plus précis et surtout plus aisément
compréhensible pour le lecteur. Df. 481, octobre 2006.
«Layout». De l'anglais to lay out: disposer,
déployer, tracer. Dans le domaine publicitaire, se substitue
inutilement à: maquette, crayonné, esquisse, ébauche,
prémaquette. En électronique, représentation
de l'implantation physique d'un circuit. Logiciel de vérification
de schéma (LVS).
Dans l'imprimerie, le terme prépresse remplace avantageusement
l'intrus layout. Df, 434, novembre 2002.
Lambda. Onzième lettre de l'aphabet grec, lambda
correspond à notre 1. Popularisé dans l'argot des
grandes écoles, lambda est devenu, par allusion à
la place de cette lettre dans l'alphabet grec, synonyme de moyen,
quelconque. Se dit d'un individu moyen, d'une personne quelconque
que rien ne distingue particulièrement. Commun, effacé,
falot, insignifiant: citoyen lambda.
Le dérivé lambdacisme désigne un défaut
de prononciation touchant électivement la consonne 1. Syn.:
lallation. Df, 455, août 2004.
«Learning» «Cherchant la solution des
problèmes comme ceux du niveau mental, du learning, de l'orientation
scolaire et profession- nelle ... »
Le sens exact du mot learning ne peut pas être élucidé
par le contexte dans cette phrase citée par Etiemble. Elle
est donc incompréhensible pour le lecteur.
Ce terme anglais signifie savoir, instruction, érudition
ou, dans le domaine de la psychologie sociale et de l'enfance, apprentissage,
acquisition, assimilation. Il est donc loin d'être irremplaçable.
Df, 443, août 2003.
«Lifting» De l'anglais to lift: lever, relever,
soulever. Le lifting (relèvement, déridage)
désigne un traitement esthétique, le plus souvent
chirurgical, destiné à tendre la peau du visage pour
supprimer les rides. On préférera à cet anglicisme
les termes de lissage, remodelage (recommandation
officielle) ou rajeunissement.
«Vers un lifting complet du réseau routier» titrait
récemment un quotidien vaudois friand d'anglicismes. Au sens
figuré: rénovation, rajeunissement, toilettage, remise
à neuf. Df, 419, août 2001.
«Light». Cet anglicisme désigne des régimes,
des boissons ou aliments sucrés avec des édulcorants
de synthèse contenant peu de calories. Aliments light
= allégés. Par ext. cigarettes light
= légères.
Une expansion anarchique fait qu'aujourd'hui chaque chose ou presque
a sa version light. On parle même, à propos
des quotidiens gratuits, de presse light.
C'est aussi faire preuve de légèreté que d'employer
ce mot à tout propos. Df, 484, janvier 2007.
«Light show» En anglais: light, lumère,
clarté; show, spectacle, représentation. Cette
expression peut se traduire parfaitement par «spectacle de
lumière» sur le modèle de «son et lumière».
Elle désigne l'accompagnement d'un spectacle par des jeux
de lumière colorée. Au choix: jeux de lumière,
attractions lumineuses. Df, 425, février 2002.
Limbe(s), voir l'article "nimbe, limbe(s)"
Limite (à la). Cette expression, dont beaucoup de
locuteurs surchargent leur discours, tend à remplacer à
peu près tout et n'importe quoi.
A la limite signifie «si on envisage le cas extrême,
si on pousse les choses à l'extrême; à la rigueur,
au pis-aller». Marque quelquefois la concession: « Je
veux bien, à la limite, admettre votre point de vue.»
S'emploie aussi, par une extension de sens abusive, à la
place de «en somme, au fond, à tout prendre, pour tout
dire», etc.
On sera donc bien inspiré de ne pas faire de cette locution
un usage... illimité.
Employé parfois comme épithète; «C'est
limite», c'est-à-dire tout juste acceptable; point
au-delà duquel quelque chose n'est plus autorisé,
valable, possible, souhaitable. Df, 491, août
2007.
«Liquidation totale». De nombreux commerces
affichent à leurs devantures «liquidation totale».
Une liquidation étant le fait de mettre fin à
une chose, de la supprimer définitivement, et dans toutes
ses conséquences, elle ne peut être, par conséquent,
que globale, entière... totale. Liquidation d'une entreprise,
d'un stock de marchandises.
Le terme liquidation, suffisamment explicite, n'a donc pas
à être suivi de l'adjectif «totale» ni,
à plus forte raison, de «partielle». Df,
437, février 2003.
«Littering». Ce terme anglais a été
prononcé au cours d'une émission radiophonique traitant
de propreté urbaine (mégots et autres déchets
jetés par terre). Certains chroniqueurs craindraient de ne
pas paraître assez érudits en usant d'un langage clair...
et français.
En anglais to litter signifie «laisser traîner,
salir, mettre en désordre». Subst. litter «fouillis,
salissure, ordures». No litter: ne pas jeter d'ordures,
de détritus, d'immondices; ne pas salir. Littering
est donc l'action de jeter des déchets un peu partout sur
la voie publique.
Au Québec: déchet sauvage. Exemple à suivre.
Df. 481, octobre 2006.
«Live». Ce terme anglais, fort répandu
et que quelques dictionnaires se sont empressé d'enregistrer,
se dit d'une émission, d'un spectacle enregistré non
en studio mais sur scène, devant un public, en direct.
Au sens propre l'adjectif live qualifie ce qui est vivant,
vif, non simulé.
Le terme français en direct n'est-il pas suffisamment
explicite? Df, 431, août 2002
«Loft ». «Un loft pour l'art et le voyage»
titre un quotidien lausannois. Pour ses abonnés anglophones
sans doute.
Loft, en anglais, a le sens de grenier, mansarde, soupente.
En américain: atelier, hangar. Ce mot désigne en particulier
un local à usage professionnel ou commercial transformé
en habitation ou studio d'artiste: atelier de peinture, galerie,
salle d'exposition.
L'imprécision même du mot plaide résolument
en faveur de termes français plus appropriés.
Df, 440, mai 2003.
«Loser». Anglicisme familier disent les dictionnaires,
avec lequel il est préférable de ne pas se familiariser.
Il désigne (to lose: perdre) un perdant, quelqu'un
voué à l'échec, à l'insuccès,
à qui rien ne réussit; malchanceux, vaincu.
Certains dictionnaires acceptent aussi la graphie looser,
que rien ne justifie. En anglais, le verbe to loose signifie
«délier, détacher, délivrer» et
n'a aucun rapport avec to lose. Raison supplémentaire
de se débarrasser de cet anglicisme superflu. Df,
455, août 2004.
«Lounge».
Certains personnages, dans le droit fil du modernisme, adoptent,
paraît-il, la lounge attitude. En anglais le verbe
to lounge signifie « se prélasser, paresser,
flâner, s'étendre nonchalamment». C'est ne pas
se fatiguer... pour trouver un terme français équivalent.
Le substantif lounge est très prisé dans les
milieux des transports et du tourisme. C'est ainsi qu'une compagnie
aérienne souhaite « offrir un nouveau visage global
à la marque dans ses lounges et points de vente du monde
entier ».
En langage clair: salon d'hôtel, d'aéroport, salle
d'attente, d'accueil; lieu, local de détente, de repos.
- Df, n° 496, janvier 2008.
«Low cost». Un journal dominical annonce la
création d'une compagnie d'aviation low cost.
L'adjectif low désigne ce qui est bas, humble, petit,
chétif, commun. L'expression low cost s'applique en
l'occurrence à une compagnie offrant à sa clientèle
des prix modiques, des tarifs peu élevés, économiques.
S'adresser à ladite clientèle en français ne
coûterait pas cher non plus. Df, 446, novembre
2003.
Ludique. On ne saurait, de nos jours, concevoir d'activité
récréative ou d'occupation de loisirs qui ne soient
qualifiées de ludiques (grec ludus «jeu»).
Cet adjectif - au demeurant parfaitement correct - s'est répandu
dans l'usage courant, faute d'un adjectif dérivé de
jeu. Il signifie: qui est relatif au jeu; qui est de la nature
du jeu: «L'esprit ludique ne peut pas et ne pourra jamais
constituer un but en soi» (J. Deshusses).
Dérivés: ludisme, ludothèque,
ludothérapie.
Homonyme: luddisme (de John Ludd), destruction systématique
de machines. Df, 422, novembre 2001.
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