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DÉFENSE DU FRANÇAIS
Mise à jour, n° 499,
avril 2008
BULLETIN ÉDITÉ
PAR LA SECTION SUISSE DE L'UNION
INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE
20, avenue du Temple. CH - 1012 Lausanne
Le bulletin Défense du français,
créé en 1960 et édité par la section
suisse de l'UPF, paraît douze fois par an. - Prix de l'abonnement
pour les non-membres: 40 FS - 26 euros.
Compte de chèques postaux: Lausanne 10-3056-2. Fondation
Défense du français

LEXIQUE
A à D
/ E à H / I
J
K L
/ M
à R / S à
Z
CITATIONS
ADOUT Jacques. «L'obscurité et la maladresse
du langage vont de pair avec la confusion de la pensée, très
souvent. Que ce soit timidité, embarras, incertitude ou,
au contraire, affectation, recherche de l'effet, préciosité,
snobisme, élégance de parvenu, le résultat
est le même: l'obscurité s'épaissit.»
(446, novembre 2003).
BERTHIER Pierre-Valentin (né en 1911). « Les
règles du français, fruit d'un affinement millénaire,
aboutissement sans cesse différé d'une création
ininterrompue, ne sont pas des oukases arbitraires, mais sont issues
de leur propre opportunité, de leur simple convenance, ainsi
que de la critique des oeuvres dont les auteurs s'y sont conformés
plus ou moins. Elles n'ont été énoncées
qu'après qu'elles eurent fait la preuve de leur bien-fondé.»
(470, novembre 2005).
BLADUCHE-DELAGE Alain. «Fabriquer un mot nouveau?
Rien de plus facile! Prenez un terme américain, le tour est
joué. C'est tout? C'est tout. Dealer, dutyfree shop, radioguidance,
raider, hot line, serial killer, show-room, spot, market, story-board,
wysiwyg, c'est cool! On se fait comprendre dans le monde entier!
C'est la preuve de l'universalité de la langue française.»
(446, novembre 2003).
BLUA Gérard (né en 1945) «Ne laissons
pas notre langue devenir incompréhensible à elle-même
en autorisant que l'inculture la subdivise et la réduise.
Ne laissons pas notre culture se ridiculiser dans une faiblesse
d'expression, prémices d'une perte de notre pensée.»
(490, juillet 2007).
BODINIER Claude (1915-2003). Le fondateur de Défense
du français, Claude Bodinier n'est plus. Il nous
a quittés le 13 mars 2003, à l'âge de 88 ans.
Et la «défense du français», qui fut,
d'un bout à l'autre d'une longue vie, sa lance et son bouclier
a rencontré, grâce à lui, un écho dont
témoigne la diffusion de ce bulletin. Ancien président
international de l'UPF (Union internationale de la presse francophone)
dont il avait créé la section suisse, il nous lègue
son exemple, et nous continuons son combat (440, mai 2003).
de BROGLIE Louis (1892-1987). « Envahie par des mots
étrangers qu'on ne cherche même pas à assimiler
en les <francisant>, défigurée par toutes sortes
d'expressions ou de locutions mal formées, introduites hâtivement
et sans esprit critique par la presse, la radio ou des écrivains
sans scrupules, la langue française court aujourd'hui un
grand danger et risque de se détériorer rapidement.»
(457, octobre 2004).
CAVANNA François (né en 1923). «Je n'aime
pas qu'on méprise ce que j'aime. C'est mépriser le
français que de préférer à ses mots
des mots étrangers, c'est avoir honte de sa propre langue,
et donc honte de ce qu'on est soi-même, que de se gargariser
de vocables américains là où on n'en a que
faire.» (452, mai 2004)
CHERPILLOT André. «L'invasion anglo-américaine
est tellement agressive qu'elle touche le français en profondeur,
jusqu'au tréfonds de sa phonétique. Pour beaucoup
de nos contemporains, la peur de passer pour un puriste est plus
paralysante que la certitude de passer pour un illettré.»
(454, juillet 2004)
DAGUET Dominique (né en 1938). « Cinquante
langues ont pour le moins contribué à la formation
du vocabulaire français: quel extravagant privilège
accorde-t-on à une seule d'entre elles, point la plus importante
au demeurant dans l'héritage ? [... 1 Y a-t-il quelque fierté
possible à paraître savant à si peu de frais,
mais avec tant de conséquences, à sembler être
à la page, à la mode ? » (479, août 2006)
- «Il me paraît urgent de dégonfler la prétention
de tous les agitateurs parés des plumes d'outre-Atlantique.
Ils se prétendent, à quelques-uns, être «le
peuple qui fait la langue», simplement parce qu'ils imposent
leurs trouvailles séniles à coup de millions d'affiches
publicitaires, d'annonces véhiculées par tous les
médias qui dépendent de leurs budgets, de chansons
exprès fabriquées pour convenir à la paresse
d'esprit du plus grand nombre. Tout cela justifie-t-il le massacre
organisé de notre langue?» (468, septembre 2005)
DANINOS Pierre (1913-2005). Fervent défenseur du
«bon usage», Pierre Daninos, récemment décédé,
s'insurgeait contre le débraillé du langage contemporain.
« A s'exprimer correctement, beaucoup craindraient de paraître
affectés, comme si le costume de mots trop bien coupé
devait être banalisé par la confection du prêt-à-parler
» (462, mars 2005).
DEVOS Raymond (1922-2006). Raymond Devos, récemment
décédé, était un amoureux de la langue
française, qu'il maîtrisait en virtuose. C'est lui
rendre un hommage mérité que de citer ces paroles
qu'il prononçait en janvier 1987: «Je m'en rendais
bien compte, cette langue, qui est le véhicule de notre pensée,
a été attaquée de toutes parts et, singulièrement,
dans les médias. Il y a eu controverse. On en a parlé.
On en reparlera. On va me rétorquer que la langue est vivante,
qu'elle doit constamment évoluer. Certes. Mais la grammaire,
ça existe. Je crois à la valeur des mots; à
la force des mots. Mon propos est de faire résonner les mots,
de les assembler avec précision. C'est magique !» (478,
juillet 2006).
DOROZYNSKI Alexandre.« Pour défendre une pensée
claire, il faut des mots sans équivoques ni ambiguïtés.
Le bien-parler n'est pas une élégance désuète,
c'est une défense contre la manipulation des mots qui mène
au vague à l'esprit, au travers duquel il sera difficile
de distinguer la réalité. » (474, mars 2006).
DRUON Maurice (né en 1918). «Que la langue
française, au cours des dernières décennies,
n'ait cessé de se dégrader, est une évidence.
Il est une évidence aussi que la plupart des fautes de langage,
impropriétés, barbarismes, solécismes, négligences
des accords, prononciations boiteuses, inventions de néologismes
inutiles ou obscurs, emplois abusifs de vocables étrangers
ou dérivations absurdes de ces vocables sont commis ou propagés
par les médias.» (444, septembre 2003).
DUNETON Claude (né en 1935). «La défense
de notre langue n'est pas une marotte de vieux messieurs à
parapluies ni de bonnes dames à chapeaux; il s'agit de la
protection vitale de notre identité la plus élémentaire,
ainsi que de nos intérêts de base. Il s'agit de résister
à une colonisation voulue et concertée pour des raisons
platement économiques, comme toutes les colonisations sur
la Terre.» (498, mars 2008).
DUTOURD Jean (né en 1920). « Savoir l'anglais
(ou faire semblant) est une espèce de luxe, une espèce
de supériorité sociale. Le plus cocasse est que les
épateurs se laissent épater à leur tour par
les agents de publicité, les présentateurs de télévision,
les parleurs de la radio, les enseignes ou les réclames en
jargon des commerçants. Il y a quelque chose de magique dans
ce qu'Etiemble appelait « le sabir atlantique ». La
magie de ce qu'on ne comprend pas. » (461, février
2005)
- «Le franglais n'est pas seulement formé de mots
anglais ou américains entrés dans notre langage et
doublant en général des mots français: il a
surtout une action destructrice sur la syntaxe. Action d'autant
plus meurtrière qu'elle est plus insidieuses ». (480,
septembre 2006)
ETIEMBLE (1909-2002). «Quand je pense qu'un des arguments
les plus rebattus de nos américolâtres est la concision
de l'anglais! Argument dérisoire, car ceux qui l'emploient
se servent si mal du français qu'il leur faut trois mots
ou quatre pour formuler médiocrement ce qu'en un seul mot
dirait mieux un Français au fait de sa langue.» (442,
juillet 2003)
FAVRE D'ECHALLENS. « Parler la langue du puissant
du jour est pour certains défaitistes le signe de leur soumission
au vainqueur. Mais renier sa langue [ ... ] montre l'étendue
de la volonté des milieux « atlantistes » d'imposer
leur vision du monde et leur langue, l'anglo-américain, à
tous. » (493, octobre 2007)
FEUTRY Alain. « Je suggère la création
d'un corps de traducteurs franco-français. Ils ne manqueraient
pas de travail pour transposer en français correct le sabir
envahissant, la logorrhée ambiante ou le langage sibyllin
des cuistres. » (463, avril 2005).
GANDON Yves (1899-1975). - «Donner barre aux fautes
absurdes de la masse aberrante sur des règles établies
par des siècles de haute culture ne produirait pas un illusoire
rajeunissement mais bien une corruption de la langue, prodrome d'une
rapide décadence. » (466, juillet 2005).
GEORGIN René. - « Il importe cependant à
la santé du français qu'on use d'un mot, surtout d'un
mot savant, que si on est bien sûr de son vrai sens. Car la
propriété des mots est une des conditions essentielles
de la clarté et de l'intelligibilité d'une langue,
qualités qu'on s'est plu longtemps à reconnaître
à la nôtre. » (497, février 2008)
- « Aux incorrections envahissantes, aux impropriétés,
aux mots à effet mal compris et répétés
à satiété, aux négligences, aux images
galvaudées, aux néologismes mal formés ou superflus,
à l'emphase inutile et déplacée, incorporez
de l'argot, ajoutez force mots anglais, amalgamez-y un vocabulaire
en délire emprunté aux langues techniques et brassez
le tout: vous obtiendrez un fameux cocktail! » (496, janvier
2008).
- «Beaucoup de néologismes, lancés par
des demi-illettrés, sont repris par esprit moutonnier. On
ne se rend pas compte qu'ils sont inutiles et, parce qu'ils sont
nouveaux, on croit qu'ils font riche et élégant.»
(465, juin 2005).
- «Une langue doit garder avec le sens de ses traditions
une certaine homogénéité. Il ne faut pas, en
se laissant envahir par trop de mots étrangers, qu'elle devienne
une espèce de sabir où les mots authentiquement français
seraient en minorité et finiraient par se sentir presque
dépaysés.» (459, décembre 2004).
- « On ne saurait donc aujourd'hui élever trop
de barrières contre le flot qui menace la solidité
de notre langue. Si personne ne ralentissait cette évolution,
le français dévalerait à l'abîme où
il irait retrouver tant d'autres choses mortes. Ceux qui se sont
donné, par goût instinctif, la mission de veiller sur
lui, ont senti la nécessité de faire frein. »
(486, mars 2007).
GIFFLER Alfred. «Notre affaire à tous est de
combattre, plus que jamais, le "sabir atlantique", véritable
fléau linguistique, culturel, politique, et soumission volontaire
ou inconsciente à tout ce qui nous vient de la puissante
et riche Amérique, en particulier les mots ...» (441,
juin 2003).
GILDER Alfred. « «Mal enseigné, le français
est délaissé. Et le pédantisme triomphe: autrefois,
le cuistre impressionnait en latin; maintenant il épate en
franglais. Car l'intellect de nos élites médiatiques
est américanisé.» (484, janvier 2007).
GOURMONT Rémy de (1858-1915). «Des vocabulaires
entiers sont gâtés par l'anglais. Tous les jeux, tous
les sports sont devenus d'une inélégance verbale qui
doit les faire entièrement mépriser de quiconque aime
la langue française.» (483, décembre 2006).
LEMOYNE André (1822-1907). « Je pense à
toi, pauvre langue française,
Quand tu disparaîtras sous les nombreux afflux
De source germanique et d'origine anglaise:
Nos arrière-neveux ne te connaîtront plus! »
Du correcteur et poète André Lemoyne (1822-1907).
Un précurseur ! (472, janvier 2006).
MATZNEFF Gabriel (né en 1936) « Assurément,
Littré n'est pas l'auteur de chevet des cuistres qui ne disent
plus un lac mais un plan d'eau; un facteur, mais un préposé;
un aveugle mais un non-voyant. D'où nous vient ce vocabulaire
abstrait, conceptuel, qui, à l'encontre de celui des précieuses
du dix-septième siècle, n'est même pas drôle?
Mystère et confitures.» (467, août 2005).
MERLE Pierre (né en 1946) « S'attaquer aux
dérives, au laxisme que nous connaissons aujourd'hui ne signifie
nullement que l'on jette l'anathème sur toutes sortes d'évolutions
ou d'innovations. En revanche, prendre n'importe quel tortillage
langagier, celui-ci susciterait-il un engouement ou une petite mode
passagère, pour une salutaire évolution de la langue
est aussi ridicule que néfaste.» (494, novembre 2007).
MOUFFLET André. « La langue évolue.
Parfait ! Mais une langue peut, comme une nation, évoluer
vers la grandeur ou vers la décadence; on évolue bien
ou mal. Que dis-je ? La langue française n'est pas seulement
comme une nation; elle est elle-même une patrie. Il nous faut
la défendre, l'honorer, la servir. » (499, avril 2008).
ORSENNA Erik (né en 1947) «La grammaire, il
faut la prendre très au sérieux. Il y va de la vie
même de la langue. Le français souffre de nombreuses
maladies. Des centaines de mots meurent faute d'être employés.
Nous avons mis mille deux cents ans à inventer ce chef-d'oeuvre.
Je veux tout faire pour éviter qu'il se réduise à
une peau de chagrin.» (481, octobre 2006)
POIROT-DELPECH Bertrand (1929-2006). «Comme les sociétés,
et les poissons, les langues pourrissent par la tête. Ce sont
les élites technocratiques, et non la rue, qui nous imposent
américanismes et néologismes faussement savants.»
(448, janvier 2004)
ROMILLY Jacqueline de (née en 1913). «Il y
a bien des façons de porter atteinte à la santé
d'une langue, voire à sa vie même. L'une d'entre elles
consiste à effriter son vocabulaire, à méconnaître
les mots, à renoncer à toutes les nuances qu'il serait
souhaitable de marquer. C'est ainsi que, dans bien des cas, on renonce
aux termes exacts pour les remplacer par des termes passe-partout,
qui n'ont plus de sens et qui sont comme autant de renoncements.
» (491, août 2007)
ROSTAND Jean (1894-1977). Pour certains contempteurs des
« puristes », c'est avoir l'esprit ouvert que de chercher
à faire évoluer la langue en adoptant des acceptions
nouvelles et en intégrant des mots d'origine étrangère.
Vérité incontestable, même pour les prétendus
« puristes ». Mais, comme l'a dit Jean Rostand, «
avoir l'esprit ouvert n'est pas l'avoir béant à toutes
les sottises » (469, octobre 2005).
SAUVAGEOT Aurélien (1897-1988). «L'indigence
en vocabulaire est devenue le mal de beaucoup de gens dont le métier
est de parler ou d'écrire.» (450, mars 2004).
SENAC DE MEILHAN «Une langue ne peut être dominante
sans que les idées qu'elle transmet ne prennent un grand
ascendant sur les esprits, et une nation qui parle une autre langue
que la sienne perd insensiblement son caractère.» (488,
mai 2007)
*
Anglomanie. La publicité, le commerce, l'informatique
offrent à l'anglomanie un champ illimité. On se prend
à douter que les mots français puissent avoir encore
un sens puisque le «sabir atlantique» semble suffire
à tout signifier, à tout exprimer. (471, décembre
2005).
Chefs d'entreprise. Certains dirigeants francophones des
milieux d'affaires, du tourisme, de l'industrie et de la communication,
inconditionnels de l'américanisme, imposent l'usage de l'anglo-américain
comme langue de travail dans leurs entreprises. Soumission honteuse
d'une meute de chiens couchants dont l'Oncle Sam est le mâle
dominant. (445, octobre 2003).
Compréhension. Chaque langue est un moyen
de communication entre individus d'un même groupe. La nécessité
d'être compris impose donc à tous les membres de cette
communauté le maintien de la plus grande identité
possible dans l'usage de sa langue. Tout laxisme en ce domaine ne
peut être qu'une cause d'incompréhension entre locuteurs.
(460, janvier 2005).
Cuistre. Certains cuistres, qui croiraient déroger
en s'exprimant simplement, se délectent de phrases à
effet, de mots ronflants, de périphrases ampoulées,
de néologismes faussement savants. Cette propension à
remplacer des mots simples par des termes compliqués recouvre
bien souvent l'ignorance et la pauvreté d'idées. (495,
décembre 2007)
«Ecoutez». Que penser de ces correspondants
des médias audiovisuels qui ne peuvent répondre à
une question du présentateur sans faire précéder
leur réponse par «Ecoutez»? Craignent-ils que
leur interlocuteur soit malentendant? Comprenne qui pourra. (487,
avril 2007).
Evolution de la langue. Certains sophistes, soi-disant progressistes,
ne cessent de ressasser qu'une langue vivante doit évoluer
sous peine de se scléroser. Est-ce une raison pour accepter
n'importe quelle innovation linguistique (néologisme ou anglicisme)
sous prétexte d'adaptation aux usages contemporains? (453,
juin 2004).
Langue française. A l'heure où tant de francophones
abdiquent honteusement devant l'anglo-américain, il est réconfortant
de constater que la langue française a été
et est encore souvent célébrée par de nombreux
écrivains étrangers ... même anglophones: «La
difficulté d'écrire l'anglais m'est extrêmement
ennuyeuse. Ah, mon Dieu! si l'on pouvait toujours écrire
cette belle langue de France!» (Dickens). «Le
français est peut-être le langage le plus précis
du monde» (Coleridge). «Le français est
comme le vin: il pétille, il pique le palais, il a de la
saveur» (V. Woolf).
Marqueurs de discours. Les linguistes appellent «marqueurs
de discours» les tics langagiers qui abondent dans les propos
d'un nombre grandissant de locuteurs. Il n'est presque plus de phrase
qui ne soit «agrémentée» de «écoutez;
je crois que; c'est vrai que; à la limite; au niveau de;
honnêtement; quelque part», etc. Manie d'autant
plus agaçante qu'elle est le fait, souvent, de professionnels
de la communication. (447, décembre 2003).
Médias. L'usage permanent d'un langage anglicisé
à l'excès, relayé complaisamment par la publicité
et les médias, contribue à congestionner gravement
la langue française. Un tel gavage de brouet «yankee»
provoque la nausée. (485, février 2007).
Mots savants. Notre époque raffole des mots aux airs
savants. Certains beaux esprits contemporains - imitant en cela
les Précieuses de Molière - pensent qu'une parole
ou une idée ne valent rien si elles peuvent être comprises
de tout le monde. (473, février 2006).
Néologisme. Lorsqu'un néologisme parait absurde
ou inapproprié, c'est presque toujours vers l'anglais qu'il
faut se tourner pour en découvrir l'origine ou le sens. C'est
de l'anglo-américain que nous parvient ce qu'il y a de plus
crétinisant et de plus vulgaire dans le mercantilisme ambiant
et la pollution publicitaire. (475, avril 2006).
Noms sans singulier. Voici une liste (non exhaustive) de
noms communs qui ne s'emploient qu'au pluriel: accordailles,
affres, agrès, aguets, alentours, ambages, annales, archives,
armoiries, arrérages, arrhes;
babines, béatilles, bésicles, bestiaux, blandices,
brisées;
calendes, comics, complies, condoléances, confins, cortès;
dépens;
ébats, écrouelles, effondrilles, entrailles, environs,
épousailles, errements;
fiançailles, fonts, fringues, frusques, funé-
railles;
gémonies, génitoires, gens, grègues;
hardes, honoraires;
ides, impenses, intempéries;
laissées, laudes, links, llanos, lochies, lods, lupercales;
mamours, mânes, matines, menstrues, moeurs;
nippes;
obsèques;
pénates, pierreries, poucettes, pouilles, prémices,
préparatifs, proches, prolégomènes;
quatre-temps;
relevailles, rillettes, royalties;
sévices;
tagliatelles, thermes, tricoises, tripous;
us;
varia, vêpres, victuailles...
(388, janvier 1999).
Penser. L'adoption sans cesse accrue et incontrôlée
de termes américains dans notre vocabulaire implique inévitablement
l'intégration aux modes de penser américains. Celui
qui impose sa langue impose l'air sur lequel gesticulent les marionnettes.
(482, novembre 2006).
Publicité. «Share the fun», «Speed
running», «How FA will you go?», «Everything
you need», «Great taste, low calories», «Pleasure
you can't measure», «As good as it looks», «Let's
make things better». Ces messages publicitaires sont incompréhensibles
pour la plus grande partie du public francophone auquel ils sont
censés être destinés. Le mimétisme simiesque
qui porte des chefs d'entreprises à un assujettissement servile
aux modes et méthodes américaines ne relève-t-il
pas de la pathologie mentale? (443, août 2003).
Puriste. Les défenseurs du bon usage, qui ne font
que dénoncer les atteintes inadmissibles portées à
la langue française, se voient souvent attribuer l'épithète
méprisante de «puristes», hostiles à toute
évolution. Les «puristes» n'entendent pas pétrifier
la langue mais la fixer selon des règles logiques, la rendant
ainsi accessible aux générations futures. (449, février
2004).
Recrutement. Dans un grand nombre d'entreprises, d'organisations
et d'institutions internationales, le recrutement du personnel se
fait de plus en plus fréquemment par des offres d'emploi
exigeant que les candidats soient des natifs anglophones: «English
mother tongue», «English native speaker». Cette
politique de discrimination linguistique offre de moins en moins
de chances à tous ceux à qui l'on impose l'étude
de l'anglais au détriment de nos langues nationales. (477,
juin 2006).
Seuil d'intolérance. Il est plus que jamais nécessaire
de lutter contre l'invasion de mots anglais inutiles, imposés
par le snobisme et le pédantisme. Contre cette immigration
sauvage de mots étrangers, n'y aurait-il pas un « seuil
d'intolérance » ?
Snobisme. La connaissance des mots, la recherche du terme
propre paraissent bien inutiles à l'homme pressé d'aujourd'hui.
Les snobs délaissent le langage châtié pour
n'employer qu'un nombre limité de mots en vogue et d'américanismes,
sans se soucier de leur signification exacte. D'où une multiplication
d'équivoques et de malentendus. (458, novembre 2004).
Virus. Les publicitaires adoptent de plus en plus l'anglais
dans leurs textes. Des industriels obligent leurs cadres à
s'exprimer en anglais lors des réunions d'entreprise. Certains
entraîneurs américains de clubs sportifs imposent leur
langue à l'équipe qu'ils dirigent. Les médias
audiovisuels diffusent en abondance de la chanson anglo-américaine.
Tout cela n'est pas innocent. Il s'agit d'inoculer dans la société
un virus qui finira par la contaminer tout entière.
Vocabulaire. On assiste actuellement à une réduction
du vocabulaire. Par snobisme ou par ignorance du terme approprié,
l'homme d'aujourd'hui n'emploie qu'un nombre limité de mots
en vogue, sans se soucier de leur signification exacte. Dès
lors, les malentendus, les équivoques se multiplient et la
langue s'anémie dangereusement. (451, avril 2004).
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