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DÉFENSE DU FRANÇAIS

A à D / E à H / I J K L / M à R / S à Z

E

«E» muet. En français moderne e muet ne se prononce jamais à la finale d'un mot, sauf parfois en poésie ou compte tenu de certaines prononciations particulières à des régions. On peut toutefois insister sur la prononciation eu pour donner un tour cocasse à la phrase: «Que ça te plaise ou que ça neu teu plaiseu pas, tu entends?» (R. Queneau).
En revanche le souci d'une bonne diction ne doit pas être poussé jusqu'au grotesque, comme le font certains commentateurs de l'audiovisuel qui prennent pour de la distinction ce qui n'est que ridicule préciosité, transformant l'e muet en â (Geunêvâ, les vacanceâs scolairâs) de façon prétentieusâ et risiblâ. Df, 430, juillet 2002.

Echauffourée. Dans un quotidien lausannois, une légende faisait état d'«échaufourrées» (sic) entre la police et des parents d'élèves.
Est-ce une apparente ressemblance entre «échauffourée» et «échafaudée» qui est à l'origine de cette erreur orthographique?
Une échauffourée (deux f, un r) est une rencontre imprévue entre soldats, qui provoque un bref engagement: escarmouche. Par ext.: affrontement, heurt plus ou moins violent survenant entre des groupes de personnes ou entre manifestants et forces de l'ordre. - Df, n° 489, juin 2007.

Egal(e). Pour la locution n'avoir d'égal(e) que la règle est généralement la suivante: a) l'accord se fait quand les deux termes sont du même genre (sa beauté n'avait d'égale que sa sottise); b) s'ils sont de genres différents et tous deux au singulier, on accorde avec l'un ou l'autre (son orgueil n'a d'égal(e) que sa faiblesse)-, c) si l'un des termes est au pluriel, l'autre au singulier, ou s'ils sont tous les deux au pluriel, on laisse égal invariable (ses exigences n'avaient d'égal que son incompétence).
Toutefois, cette règle a été si souvent transgressée par les meilleurs écrivains,qu'une certaine tendance à l'invariabilité se manifeste actuellement. Df, 421, octobre 2001.

Emblématique. Certains mots, à force de signifier trop, finissent par ne plus rien signifier du tout. Tel est le cas d'emblématique, utilisé à tort et à travers par les médias.
Telle vedette du spectacle, du sport, de la politique est systématiquement qualifiée de «figure emblématique » de sa sphère d'influence.
Emblématique: qui contient un emblème, qui a le caractère d'un emblème. Figure, dessin allégorique, symbolique. Le croissant, figure emblématique de l'islam.
Cet adjectif se substitue abusivement à typique, caractéristique, distinctif remarquable, marquant, exemplaire, original, éminent, dominant, prestigieux, etc. Df, 465, juin 2005.

Emérite. Dans l'Antiquité, ce terme désignait un soldat ayant achevé son temps de service et obtenu un congé honorable. Par analogie se disait naguère d'une personne qui, ayant exercé un emploi, avait pris sa retraite et jouissait des honneurs de son titre. Dans ce sens, émérite a été supplanté par honoraire: professeur, doyen honoraire.
La contamination du mot mérite a fini par donner à émérite le sens de «méritant, qui a du mérite». Aussi, dans sa dernière édition, le Dictionnaire de l'Académie française a-t-il entériné l'acception nouvelle: «Par ext. Remarquable dans une science ou expert dans la pratique d'une activité particulière. Un philologue émérite. Un cavalier émérite.»
Emérite (lat. emeritus: qui a fini de servir) s'appliquant étymologiquement à un vétéran, on évitera d'employer ce mot à propos d'un débutant ou de quelqu'un de jeune dans le métier. Df, 418, juillet 2001.

Emigré, immigré. Ces deux participes passés substantivés sont assez souvent confondus.
Un émigré (un seul m) est une personne qui a quitté son pays, provisoirement ou définitivement. S'est dit, à l'origine, des nobles français qui se réfugièrent à l'étranger pendant la Révolution. Dans ce cas, on utilise parfois la majuscule: les Emigrés.
Un immigré (deux m) est une personne qui est venue d'ailleurs, qui est entrée dans un pays étranger pour s'y établir. L'émigré est parti; l'immigré est venu.
Adjectivement: population émigrée; travailleurs immigrés. Df, 439, avril 2003

Empathie. Les médias se délectent de mots savants qui font de l'effet. Tel est le cas d'empathie (all. Einfühlung, angl. empathy) qui désigne, en philosophie et en psychologie, la capacité intuitive de partager et même d'éprouver les sentiments d'autrui, de s'identifier à lui, de ressentir ce qu'il ressent.
Ce terme devrait être limité à un usage didactique et ne pas se substituer à compassion, sympathie, pitié, sentiment de solidarité, partage d'une peine, d'une douleur. Df, 454, juillet 2004.

«Employabilité». On doit l'emploi de ce néologisme à un ministre français envisageant de «remettre en position d'employabilité les chômeurs».
Ce charabia n'exprime pas d'autre idée que celle de permettre à des chômeurs de retrouver un emploi et de leur faciliter cette recherche.
Trop simple à dire, peut-être ? Df, 457, octobre 2004.

Emprunt, empreint. Beaucoup de gens se trouvent empruntés lorsqu'il s'agit de conjuguer les verbes emprunter et empreindre, tel ce rédacteur qui parle de l'hommage rendu à une personne disparue « emprunt de beaucoup d'émotion ».
Le substantif emprunt, déverbal d'emprunter (lat. impromotuare « avancer de l'argent » et le participe passé empreint (lat. impremere « marquer d'une empreinte, imprimer » n'ont aucun lien étymologique.
Emprunt vient d'emprunter « demander et recevoir à litre de prêt; prendre et faire sien ». La langue française a beaucoup emprunté à l'anglo-américain.
Empreint désigne ce qui porte l'empreinte, la trace de, qui est imprimé, marqué. Fig.: un visage empreint de tristesse. Df 486, mars 2007.

Encablure. L'encablure est une mesure de longueur de marine équivalant à un dixième du mille marin (env. 185 m).
Dans le langage sportif, ce mot est souvent employé abusivement pour signaler la distance séparant les concurrents d'une course.
Parler d'encablure pour désigner une distance définie par la longueur approximative d'un vélo, d'une voiture ou d'un cheval n'a donc pas de sens.
A noter qu'encablure s'écrit sans accent circonflexe, contrairement à câble et à ses autres dérivés. - Df, n° 462, mars 2005.

Encourir. La tournure «encourir le risque de... » est fautive. Encourir signifie « se mettre dans le cas de subir, s'exposer à ... », c'est- à-dire «courir le risque de... ». On n'encourt pas un risque, pur pléonasme, on le court, de même qu'on court un danger.
Encourir c'est s'exposer à une sanction, une peine, un châtiment émanant d'une autorité: encourir une amende, encourir les peines fixées par la loi. « Le bon roi Robert encourut les censures de l'Eglise pour avoir épousé sa cousine» (Saint-Foix).
Par extension: encourir des reproches, un blâme, le mépris. - Df, n° 477, juin 2006.

Enjoindre. «Une proposition de la gauche enjoignant le gouvernement de prendre des mesures ...» Une telle construction est fautive. On ne peut enjoindre quelqu'un, mais on enjoint à quelqu'un de faire quelque chose (ou l'ordre de faire quelque chose). On dira donc: «je lui ai enjoint de ... » et non «je l'ai enjoint».
Enjoindre c'est commander expressément et avec autorité, ordonner, prescrire, intimer, sommer, imposer, mettre en demeure. «Il m'envoie au tableau noir et m'enjoint de tracer un cercle» (Colette). - Df, n° 442, juillet 2003.

Ensuivre (s'). Composé du pronom en et de suivre ce verbe forme un seul mot, au même titre que s'enfuir. On ne l'emploie qu'à l'infinitif et à la troisième personne du singulier et du pluriel de chaque temps dans le sens de « résulter, découler, être la conséquence de... ». «Plusieurs escarmouches s'ensuivirent, puis les hostilités» (J. Gracq).
Quoique le tour « il s'en est suivi» se rencontre parfois chez de bons auteurs, on évite de dissocier les deux termes. La seule forme licite est « il s'est ensuivi». - Df, n° 477, juin 2006.

Entièreté. Ce mot n'est pas un néologisme. Déjà mentionné au XVIe siècle, puis sorti de l'usage, il a fait récemment sa réapparition. Utilisé surtout en Belgique, il est critiqué par certains parce qu'il concurrence inutilement totalité, ensemble, intégralité.
Son emploi se justifie mieux lorsqu'il exprime le fait d'être entier: «L'entièreté de son caractère n'était pas appréciée de tous» (Acad.). - Df, n° 433, octobre 2002.

Envi (à l'). Il n'est pas rare de voir encore la locution adverbiale à l'envi orthographiée «à l'envie». Cette locution a été formée à partir de l'ancien français envi (défi au jeu, provocation, surenchère). Elle signifie «à qui mieux mieux» et ne peut s'employer qu'en parlant de deux personnes ou plus. «Ce sont des amants jaloux qui servent à l'envi la même maîtresse» (Voltaire).
La locution prépositive à l'envi de «en émulation, en rivalité avec» est vieillie. «Mon coeur, à l'envi de Chimène, adore ce vainqueur» (Corneille). - Df, n° 471, décembre 2005.

Eradiquer. Le substantif éradication remonte au XIIIe siècle; le verbe dérivé éradiquer est d'emploi récent (milieu du XXe).
Littéralement déraciner, ce verbe signifie extirper, supprimer.
On se gardera d'écrire, comme dans l'éditorial d'un quotidien lausannois: «Il fallait certes déclarer la guerre au terrorisme, mais en éradiquant ses racines... » Pléonasme flagrant. - Df, n° 460, janvier 2005.

- Ce verbe (du latin eradicare) signifie extraire la racine. Si le substantif éradication est ancien (XIIIe s.), le verbe éradiquer est beaucoup plus récent puisqu'il date de la seconde moitié du XXe siècle et ne figurait pas encore dans le Petit Larousse de 1980.
Eradiquer fut d'abord employé dans le domaine médical: éradiquer les polypes de l'utérus; éradiquer le paludisme.
Par extension, action de supprimer un phénomène indésirable: éradiquer la pauvreté, la violence.
Ce verbe, au demeurant parfaitement correct, pourrait parfois céder la préférence aux multiples nuances qu'introduisent les verbes extirper, extraire, arracher, enlever supprimer, détruire, annuler, anéantir, faire disparaître, etc. - Df, n° 480, septembre 2006.

Erésipèle, érysipèle. Cette maladie de la peau provoque des démangeaisons chez ceux qu'embarrasse l'orthographe de son nom. Faut-il écrire érésipèle ou érysipèle ?
Les deux formes sont employées concurremment par tous les dictionnaires, avec parfois une préférence pour la forme érysipèle (Le Robert, Académie), plus proche de l'étymologie.
Cette infection cutanée contagieuse est caractérisée par des plaques rouges sur la peau, d'où son nom (gr. érythro «rouge»).
La graphie érésypèle est incorrecte. - Df, n° 490, juillet 2007.

Errements. « A la relance, il a exploité pleinement les errements de son adversaire pour signer un succès convaincant » nous apprend un message Teletext sur TSRI.
Le détournement de sens qui fait du mot errements (n.m.pl.) un synonyme d'erreur s'observe de plus en plus.
Dérivé du verbe errer « aller au hasard, marcher à l'aventure, sans but précis » errements qualifiait d'abord les manières habituelles d'agir, bonnes ou mauvaises, la façon dont une affaire est conduite. Employé le plus souvent aujourd'hui dans un sens péjoratif: retomber dans les errements du passé, dans une routine plus ou moins blâmable.
Confondre erreur et errements est donc... une erreur. - Df, n° 493, octobre 2007.

«Escalator». Marque déposée. Mot-valise américain formé sur escalade et elevator. « Escalator est un terme anglais, assez ridicule par sa forme pédantesque et faussement latine » (A. Thérive).
Cet américanisme peut être avantageusement remplacé par: escalier mécanique (recomm. offic.), escalier roulant, escalier mobile (Québec).
Récemment francisé par l'Académie française en escalateur, terme également adopté au Québec. - Df, n° 474, mars 2006.

Espace. S'il est un mot qui connaît de nos jours une expansion illimitée, c'est bien celui d'espace. Tout n'est qu'espace... public, privé, rural, urbain, ludique, de vie, d'animation, d'échanges. Sans compter les espaces clients, espaces piétons, espaces loisirs, espaces fumeurs, etc.
Ce mot envahissant remplace et supprime tous ses synonymes possibles: aire, coin, domaine, emplacement, endroit, lieu, local, place, secteur, site, superficie, surface, terrain, zone, etc.
Le propre de l'espace n'est-il pas d'être infini? - Df, n° 468, septembre 2005.

Espèce. «Quand sur une personne on prétend se régler, / C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler.» Ce sage propos de Molière nous incite à ne pas nous réclamer des erreurs d'auteurs illustres (Larbaud, Mauriac, Bernanos, Claudel, etc.) pour justifier l'emploi du mot espèce au masculin. Espèce est un mot féminin et ne doit en aucun cas prendre le genre d'un complément masculin. On ne dira donc pas «un espèce de charlatan» mais, comme Mérimée: «Il avait à la main une espèce de vilain coutelas.» - Df, n° 424, janvier 2002.

«Establishment». «Personne n'a jamais pu définir ce qu'est l'establishment, on sait seulement qu'il existe» (L'Express, 14.10.1968).
Ce mot anglais signifiant «position, situation» est utilisé en «français» pour désigner l'ensemble des gens en place, détenant le pouvoir et l'autorité dans la société et fermement attachés à l'ordre établi et à la défense de leurs privilèges.
Il peut signifier, en français, et selon les cas, établissement, ordre établi, système, institutions, pouvoir, autorité, oligarchie, ploutocratie, aristocratie, gotha, classe dominante, gens en place, nantis, privilégiés, etc. - Df, n° 480, septembre 2006.

Euro(s). Les règles d'écriture et de prononciation des vocables euro et cent désignant la nouvelle monnaie européenne ont été publiées au Journal officiel de la République française du 2 décembre 1997.
Ces mots s'écrivent sans majuscule et s'accordent normalement au pluriel, conformément à l'usage qui prévaut pour la désignation des monnaies: francs, lires, florins, dollars, etc.
Cent doit se prononcer connne le nombre 100, et non à l'anglaise (sèn't) comme d'aucuns le souhaitent. - Df, n° 427, avril 2002.

Exit. «Exit les mouvements sociaux d'après les vacances.» Cette phrase, relevée dans un journal d'entreprise, recèle plusieurs erreurs.
Le mot latin exit (litt. «il, elle sort») est singulier. Dans la phrase ci-dessus, c'est le pluriel exeunt qu'il eût fallu employer puisque le sujet est au pluriel. D'autre part, cette expression ne peut s'appliquer qu'à des personnes. Il s'agit d'une indication scénique signalant qu'un personnage quitte la scène. Par extension et familièrement, se dit de quelqu'un qui disparaît: «Exit ce casse-pieds.»
Substantivé au masculin, il correspond à «sortie». - Df, n° 448, janvier 2004.

Expectation. Un vocable français ne saurait acquérir quelque prestige aux yeux des pédants que s'il se pare d'un vernis d'américanisme. Ainsi en est-il du mot bien français (attesté vers 1350) expectation. Tombé quelque peu en désuétude, il revient à la mode après un toilettage yankee, pour dire exactement ce qu'il signifiait à l'origine: attente, espérance. « La grande expectation du public a été heureusement terminée » (Bossuet).
En médecine, l'expectation désigne une méthode consistant à observer le cours d'une maladie en n'utilisant contre elle que des moyens hygiéniques, laissant agir les défenses naturelles sans chercher à les modifier. - Df, n° 493, octobre 2007.

Expectative. Etre, rester dans l'expectative. Cette expression, qui n'a rien de fautif, est aujourd'hui employée sans discernement par les médias, avec les risques de dérive sémantique qui en découlent.
Autrefois utilisé en droit, en droit canon et en médecine, le mot expectative désigne, au sens général, l'espoir, l'attente que l'on fonde sur des promesses, des éventualités, des possibilités. Attitude prudente qui consiste, avant d'agir, d'être en possession de tous les éléments et garanties nécessaires à sa décision. Demeurer dans l'expectative; se tenir sur l'expectative.
Adjectivement expectatif, ive s'emploie dans un contexte politique, à propos d'une attitude attentiste. Df, 436, janvier 2003.
- Expectative. Certains commentateurs de télévision excellent dans l'art d'attraper au vol les mots ou les expressions qui sont «dans l'air du temps». Ainsi en est-il d'expectative, abondamment utilisé dans la tournure «être dans l'expectative».
Sans être incorrecte, cette expression est fréquemment employée à mauvais escient.
Autrefois employé adjectivement en droit canonique (grâce expectative) le nom désigne aujourd'hui: a) l'attente que l'on fonde sur des promesses, des probabilités: tenir quelqu'un dans l'expectative; b) l'attitude prudente de celui qui, avant d'agir, attend d'être en possession de tous les éléments nécessaires à sa décision: se tenir sur l'expectative, demeurer dans l'expectative.
L'expectative est donc une situation d'attente prudente et non de doute, d'incertitude, de perplexité. Df, 454, juillet 2004.

Expertise / Expérience. «L'opérateur suisse compte profiter de l'expertise de la société italienne dans la télévision via Internet.» Cette phrase, relevée dans un quotidien genevois, révèle un emploi aberrant du mot expertise.
Sous l'influence de l'anglais, il prend abusivement le sens de «compétence, expérience». Un tel glissement de sens peut créer une confusion pouvant entraîner une totale incompréhension du texte.
En français, expertise signifie a) procédure qui consiste à requérir l'avis d'un ou de plusieurs experts à l'occasion d'un litige. Expertise médicale, judiciaire. Rapport d'expertise; contre-expertise; b) examen, estimation par un expert d'un objet d'art ou d'un objet de collection. Le Dictionnaire de l'Académie française est formel: «Est à bannir: expertise employé absolument dans le sens de compétence, savoir-faire, qualité d'une personne experte.». Df 492, septembre 2007.

Exponentiel. Cet adjectif connaît actuellement dans nos médias une croissance ... exponentielle.
Terme de mathématique exponentiel (du latin savant exponens, participe présent de exponere « exposer ») signifie « dont l'exposant est variable ou inconnu». Fonction exponentielle. N.f. Une exponentielle: fonction réciproque de la fonction logarithme.
Par extension: croissance, développement, progression, rayonnement exponentiels: rapides et continus.
Des dérapages sémantiques incontrôlés font parfois de ce mot un synonyme d'abondant, prolifique, immodéré, débridé, exubérant, effréné. Df 486, mars 2007.

«Externaliser». Relevé dans un journal d'entreprise: «Nos dirigeants externalisent les travaux sous prétexte que le coût est moindre.»
Néologisme récemment introduit dans le Petit Larousse, le verbe externaliser signifie, pour une entreprise, «confier une partie de sa production ou de ses activités (comptabilité, gardiennage, etc.) à des partenaires extérieurs». Ne doit pas être employé comme synonyme de: délocaliser, transférer, implanter à l'étranger, ni être assimilé à sous-traiter.
Dans l'exemple ci-dessus, correct, il s'agit bien de transfert de travaux et non de changement d'emplacement de l'entreprise. - Df, n° 457, octobre 2004.

F

«Fan-club». Fan est un emprunt (vers 1950) à l'abréviation de l'anglais fanatic. Il désigne un admirateur (fanatique, enthousiaste, fervent, idolâtre, inconditionnel, passionné) d'une vedette.
Aujourd'hui, toute vedette de variétés, tout chanteur à succès, tout sportif de haut niveau de même que tout groupe musical et toute équipe sportive se doivent d'avoir leur fan-club.
Un fan-club n'est donc pas autre chose qu'un groupe, un cercle, une équipe d'admirateurs et de supporteurs. - Df,
477, juin 2006.

Fatidique. Relevé dans la presse lausannoise: «Le mercure atteint par endroits la barre fatidique des 30 degrés.»
Fatidique (du latin fatidieus, de fatum: prédiction, destin, et de dicere: dire) signifie: «où se manifeste l'action du destin; qui révèle ce que les destins ont ordonné; qui se distingue par une circonstance particulière et importante: date, rencontre fatidique». Paroles fatidiques: paroles prononcées au moment fatal (même étymologie que fatidique) de la mort ou qui semblent révéler un arrêt du destin.
L'événement météorologique en question n'ayant - heureusement - aucun caractère fatal, il était excessif de parler de «barre fatidique. - Df, n° 421, octobre 2001.

Faisabilité. Néologisme (de l'anglais feasability: qualité d'être faisable, réalisable; possibilité) introduit dans la langue en 1974.
Dans le langage administratif et technique: ensemble des conditions qui rendent un projet réalisable: une étude de faisabilité.
Selon l'Académie, ce mot est à déconseiller. En tout cas, son emploi devrait être strictement limité au langage professionnel de l'ingénierie. - Df, n° 433, octobre 2002.

«Feed-back». «L'homme n'est plus une création d'une puissance universelle, il est simplement une organisation feed-back dans 1'univers.»
Cet anglicisme à la mode peut revêtir quantité d'acceptions diverses. De to feed, «nourrir», et back, «en retour, en arrière», littéralement «nourrir à rebours».
En cybernétique, ce terme qualifie un dispositif d'autocorrection qui permet à une machine ou à un organisme vivant de régulariser son action par le jeu des écarts mêmes de cette action; réglage des causes par les effets. En français: contre-réaction, rétroaction, effet de retour, signal ou choc en retour.
Par extension, en psychologie: régulation du comportement, contrôle en retour, en physique: rétrocontrôle; en biochimie: autorégulation. - Df, n° 439, avril 2003.

«Feeling». Emprunté à l'anglais (v. 1946), ce participe présent substantivé de to feel «éprouver, ressentir» provient de l'allemand fühlen.
Il désigne: a) la sensibilité musicale, l'expressivité musicale des sentiments, notamment dans le jazz; b) le sentiment spontané, la manifestation des sentiments, quelque chose de ressenti en commun; c) la faculté de sentir spontanément, d'instinct, d'appréhender intuitivement une situation, un événement.
Avoir le feeling avec quelqu'un: entrer en communication immédiate et profonde avec une personne, avoir des sentiments partagés, des atomes crochus, être sur la même longueur d'ondes, en phase, au diapason avec elle.
Autant de mots et d'expression permettant de se passer de cet anglicisme superflu. - Df, n° 427, avril 2002.

Feu (faire long ... ). L'expression faire long feu se dit d'une arme où la poudre brûle trop lentement, dont le coup est lent à partir ou ne part pas.
S'emploie surtout au sens figuré d'échec. Cette tentative a fait long feu: n'a pas abouti. La cérémonie a fait long feu: a traîné en longueur. Cette plaisanterie a fait long feu: a raté son effet.
Ne pas faire long feu signifie ne pas durer. Leur bonne entente n'a pas fait long feu. Un héritage, aux mains d'un prodigue, ne fait pas long feu. - Df, n° 484, janvier 2007.

«Fighting spirit». «En matière de «fighting spirit» l'Angleterre reste une référence des plus sûres» nous assure un quotidien lausannois. En matière de franglais aussi, serait-on tenté d'ajouter.
Le jargon sportif se nourrit volontiers - et exagérément - de vocables anglo-américains. En anglais, fighting signifie «se battre, combattre». To fight a battle: livrer bataille. Fighting spirit ne veut donc rien dire de plus et de mieux qu'esprit combatif, esprit de combat. Ce qui s'énonce très bien en français. - Df, n° 430, juillet 2002.

Fil (sur le). On ne compte plus les locutions employées à mauvais escient par des rédacteurs ignorants. Ainsi, évoquant le succès d'un équipage suisse dans une course de voiliers, un quotidien lausannois titrait: «Une victoire sur le fil du rasoir».
Etre sur le fil du rasoir signifie «se trouver dans une situation précaire, instable, périlleuse». Ce n'était évidemment pas le cas de l'équipe victorieuse.
Il y avait, en l'occurrence, confusion avec l'expression «gagner (ou être battu) sur le fil», c'est-à-dire de justesse, à l'arrivée, au poteau. - Df, n° 424, janvier 2002.

«Final four». Un quotidien lausannois nous signale que quatre équipes de basketball se sont qualifiées pour le «final four» du championnat.
Précisons que ledit championnat se dispute entre équipes romandes (donc francophones) et non entre des formations américaines.
On peut espérer que les quatre (four) équipes qualifiées pour les demi-finales auront sans doute parfaitement compris qu'il s'agissait du tour final de la compétition. - Df, n° 468, septembre 2005.

«Flash-back». Les américanolâtres pour qui «cinéma américain» est un pléonasme (A. Astruc) raffolent du vocabulaire anglais qui abonde dans le septième art.
Flash-back (de flash «éclat lumineux, lueur subite, éclair» et de back «retour, recul, rappel») désigne, au cinéma, une séquence évoquant une période antérieure à celle de l'action principale.
Par extension, en littérature: retour en arrière dans un récit.
L'emploi de cet anglicisme est déconseillé. Il est à remplacer par «retour en arrière» (recomm. offic.) ou par «rétrospective» (Québec). - Df, n° 451, avril 2004.

«Flashy». Que voulait dire le rédacteur parlant d'un groupe « le plus flashy » d'un concours de musique ? Le plus brillant, le plus séduisant, le plus impressionnant peut-être?
En anglais, le substantif flasher désigne un bel esprit, un homme superficiel, un frimeur.
En version « française » flashy (de flash « éclair ») a tendance à s'obscurcir.
Signifie-t-il brillant, lumineux, étincelant, éblouissant? Ou encore: criard, voyant, tapageur, clinquant, tape-à-l'oeil ?
Son ambiguïté est une raison suffisante de l'éviter. Df, n°472, janvier 2006.

Fleur(s). L'usage tend aujourd'hui à écrire indifféremment un arbre en fleur ou en fleurs (J. Hanse). Et cette distinction tend même à disparaître au profit du pluriel (J.-P. Colin).
Rien ne justifie pourtant la transgression d'une règle logique distinguant un verger, une prairie en fleurs (il y en a plusieurs espèces) d'un arbre en fleur (une seule variété par arbre). « Les haies d'épines étaient en fleur » (E. Fromentin).
On écrira: des jeunes filles en fleur (dans toute la fleur de leur jeunesse, de leur beauté) ou, comme Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs. - Df, n° 463, avril 2005.

Florès (faire). Cette expression signifiait, à l'origine, se livrer à une démonstration éclatante, faire une dépense d'éclat: «Nous avons fait florès pour la naissance de M. le Dauphin» (Richelieu).
Aujourd'hui: obtenir un succès, briller, réussir d'une manière éclatante, se faire une réputation: cet acteur a fait florès dans des rôles de jeune premier.
Cette locution ne s'applique qu'à des personnes. On ne dira pas, comme relevé récemment dans la presse: «les appartements de luxe font florès.». - Df, n° 460, janvier 2005.

Flouter. « C'est moi qui ai décidé de flouter leur visage.» Cette phrase, relevée dans un quotidien français, comporte un néologisme qui a fait récemment son apparition dans le Petit Larousse et le Petit Robert.
Flouter: «Photogr., télév. Rendre volontairement flou, méconnaissable. Flouter un visage. »
Pour éviter une confusion avec le verbe flouer, un tripotage sémantique a permis de créer le néologisme flouter, au mépris de toute règle grammaticale, le mot flou ne prenant pas de t final.
Un glissement de sens donne aujourd'hui à ce terme la significafion d'«être obscur ou vague dans ses propos». Il est déconseillé de l'employer hors du jargon professionnel, au risque de « flouter» la netteté de sa pensée. - Df, n° 475, avril 2006.

«Flyer». «Commandez votre flyer d'information» nous conseille une agence de voyages.
Ce terme anglais (de to fly «voler, s'envoler, flotter; fuir, s'enfuir, se sauver») désigne, entre autres acceptions: un cheval de vitesse par opposition au cheval de distance; une carte d'invitation à une fête, une réunion.
En l'occurrence, il s'agirait d'une feuille volante: papillon, tract, prospectus, liste, répertoire, etc. Peut-être même s'agit-il d'une brochure, d'un opuscule, d'un dépliant. Le vocable anglais ne s'impose donc pas absolument. - Df, n° 445, octobre 2003.

Focaliser (se). Du latin focus «foyer», ce verbe transitif et réfléchi s'emploie, au sens propre, en physique: faire converger un rayonnement en un point. Focaliser un faisceau d'électrons au moyen d'une lentille électrostatique
Au figuré: concentrer, fixer sur un même objet. Focaliser l'attention, l'intérêt. Pronom.: se focaliser sur les points essentiels.
Rien à reprocher à ce verbe, sinon son emploi immodéré par les médias, qui tend à éclipser les verbes converger, concentrer, condenser fixer, réunir, rassembler, confluer, etc. - Df, n° 442, juillet 2003.

Folklorique. Emprunté à l'anglais folk-lore « science du peuple » dès 1884, le dérivé folklorique désigne ce qui se rapporte ou appartient au folklore. Costumes, danses, groupes folkloriques.
Par ext. fam. et iron.: qui surprend par son caractère pittoresque ou désuet. Personnage folklorique.
Folklorique (apocopé parfois « folklo »), terme vague, imprécis désignant ce qui est dépourvu de sérieux, sans importance, et remplaçant approximativement d'autres qualificatifs plus adéquats: original, inattendu, pittoresque, amusant, farfelu, suranné, singulier, cocasse, bizarre, bohème, etc. - Df, n° 474, mars 2006.

Fonctionnalité. - « Le mobile n'en finit pas d'intégrer de nouvelles fonctionnalités » nous assure une annonce publicitaire.
Ce néologisme (angl. functionality) a fait son apparition dans les dictionnaires. La fonctionnalité est, en informatique, la description des caractéristiques fonctionnelles d'un système, d'un programme, spécifiant les résultats attendus dans chaque situation; fonction potentielle d'un système informatique.
Par une extension abusive du terme, limité jusqu'alors au langage de l'informatique, fonctionnalité est devenu: « caractère de ce qui est pratique dans tous les domaines ». - Df, n° 496, janvier 2008.

- «L'ensemble des fonctionnalités a été réfléchi pour une lecture précise ... »
Ce néologisme, datant du milieu des années 1960, n'est apparu que récemment dans les dictionnaires usuels et est ignoré du Dictionnaire de l'Académie (éd. 2000).
La fonctionnalité est le caractère de ce qui est fonctionnel, pratique, en état de fonctionner, adapté à sa fonction, approprié à son objet, utile, efficace. Adaptation, adéquation aux besoins, aux nécessités.
L'utilité de ce néologisme n'est pas évidente, sauf peut-être en informatique où il désigne (au pluriel) l'ensemble des possibilités qu'offre un système informatique. - Df, n° 480, septembre 2006.

Fonctionnel. L'adjectif fonctionnel s'applique à ce qui a rapport à une fonction médicale (trouble fonctionnel), chimique (analyse fonctionnelle), mathématique (équation fonctionnelle), linguistique (opposition fonctionnelle de consonnes), etc.
Par extension: qui est conçu de manière à être rationnellement adapté à sa fonction, à son but, qui remplit une fonction pratique, qui convient à quelque chose. Cet adjectif est actuellement l'objet d'une faveur telle qu'il sert à qualifier n'importe quoi, sans discernement. Il éclipse abusivement quantité de termes souvent plus précis et adéquats: adapté, rationnel, opérationnel, disponible, exploitable, utilisable, accessible, prêt, commode, pratique, convenable, adéquat, idoine, approprié, qui correspond parfaitement, apte à être employé ou utilisé, praticable, en état de fonctionner, etc. - Df, n° 418, juillet 2001.

Formater. Un néologisme doit-il avoir obligatoirement une imprégnation anglo-saxonne pour être adopté? Le verbe formater, emprunté à l'anglais to formate, issu du français format, en est un exemple.
Formé régulièrement sur format (comme constater sur constat), ce verbe est entré (vers 1970) dans le vocabulaire de l'informatique. Il a été adopté par le Dictionnaire de l'académie française (9e éd.): «Inform.: soumettre une disquette à un programme de préparation pour lui donner un format utilisable par l'ordinateur.»
Devrait être réservé exclusivement au domaine de l'inforinatique et, dans les autres cas, remplacé par: mettre au format, calibrer. - Df, n° 436, janvier 2003.

«Franchising». Ce terme désigne le fait, pour une entreprise, de concéder à des entreprises indépendantes, en contrepartie d'une redevance, le droit de se présenter sous leur raison sociale et leur marque pour vendre des produits ou services. Ce contrat s'accompagne généralement d'une assistance technique.
Certains inconditionnels du «tout anglais» s'obstinent à employer cet anglicisme à la place du mot français franchisage recommandé par le Conseil supérieur de la langue française, selon l'arrêté paru au Journal officiel du 22 septembre 2000 et désormais adopté par le Dictionnaire de l'Académie française et tous les dictionnaires usuels. - Df, n° 493, octobre 2007.

Franglais. Ce mot est familier à tous les lecteurs de Défense du français. Il désigne « ce français émaillé de vocables britanniques, que la mode actuelle nous impose » (M. Rat).
On attribue à Etiemble ce mot-valise popularisé par le titre de son ouvrage Parlez-vous franglais ? Il n'en a été, en réalité, que le propagateur.
Selon certaines sources (dont Etiemble lui-même) le mot aurait été mentionné pour la première fois dans le titre d'un article de Maurice Rat « Français ou franglais ? » (France-Soir du 26 septembre 1959). Origine contestée par l'écrivain-journaliste Roger Minne, qui s'en attribue la paternité.
« Le franglais n'est pas une sorte d'épiphénomène passager, il atteint la langue en profondeur, non seulement en imposant un vocabulaire et des tournures inassimilables, mais aussi et surtout en coupant la veine créatrice de la langue française » (Tendances, avril 1970). - Df, n° 493, octobre 2007.

«Free-lance». Autrefois «franc-lancier» (chevalier du Moyen Age) ce nom désigne aujourd'hui celui qui est indépendant dans sa profession, surtout dans les médias: un, des free-lance(s). Adj.: un journaliste, un photographe free-lance. Ce type de travail: travailler en free-lance (à son compte).
Cet anglicisme, accueilli par les dictionnaires usuels d'autant plus complaisamment qu'il s'avère inutile, n'est pas reconnu par l'Académie.
En français: indépendant, individuel, collaborateur extérieur. L'acception d'origine québécoise pigiste paraît l'avoir définitivement emporté sur cet anglicisme. - Df, n° 454, juillet 2004.

Frilosité. A l'origine (frillouseté, XIVe) ce mot désignait (et désigne encore) une sensibilité particulière au froid.
Très à la mode aujourd'hui au sens figuré, il exprime une attitude frileuse face à une situation donnée. Il n'est question, dans les médias, que de frilosité politique, économique, syndicale, etc. Cette métaphore (heureuse au demeurant) ne devrait s'employer qu'avec mesure et ne pas remplacer systématiquement crainte, prudence, réserve, pusillanimité, pudeur, circonspection, timidité; comportement trop modéré, timoré, précautionneux. - Df, n° 490, juillet 2007.

«Frisbee». Pourquoi, dès que se développe une nouvelle activité sportive, faut-il aussitôt l'affubler d'un nom anglo-américain? C'est le cas de « Frisbee » (marque déposée) qui désigne un petit disque en plastique, légèrement bombé, qui plane quand on le lance en lui imprimant un mouvement de rotation. Par extension: jeu pratiqué avec ce disque.
La traduction française retenue par le Grand Dictionnaire terminologique québécois de la langue française est disque volant, correspondant à l'anglais flying disc. - Df, n° 493, octobre 2007.

Fruste. Dans la relation d'une affaire criminelle, un hebdomadaire français décrit l'accusé comme un être «frustre».
«Frustre», au lieu de «fruste», est une erreur fréquente, due sans doute à la paronymie avec rustre et frustrer.
Fruste (de l'italien frusto «usé») qualifie un objet (médaille, monnaie, monument) dont l'usure a en partie effacé les figures et les caractères et dont le relief est grossier. « Ce sont des médailles frustes et couvertes de rouille, dont la légende est effacée» (Voltaire).
Par extension fruste s'applique à une personne mal dégrossie, qui manque d'éducation, de finesse. Se dit aussi d'un langage, d'un style sans élégance, de manières grossières. «Le souvenir, même fruste et grossier, a son culte et son principe dans le coeur» (Lamennais). - Df, n° 458, novembre 2004.

Fuiter. « Une enquête a été diligentée pour connaître le nom du coupable qui a fait fuiter une information confidentielle. »
Ce néologisme, relevé dans un hebdomadaire français, a fait récemment son apparition dans le Petit Larousse. Fuiter: Fam. Etre divulguée, en parlant d'une information qui devait rester confidentielle.
Jusqu'à l'éclosion de ce néologisme, on pouvait dire d'une information devant être tenue secrète qu'elle avait filtré, transpiré, qu'elle avait été dévoilée, divulguée, ébruitée, propagée, répandue, révélée indiscrètement, clandestinement, subrepticement. - Df, n° 483, décembre 2006.

«Fun». Cet emprunt à l'anglais (fun: plaisanterie, badinage, amusement) a l'avantage de tout exprimer, ou presque, ce qui dispense d'user d'un vocabulaire plus précis.
Fun désigne vaguement ce qui, en tous les domaines, est jeune, à la mode, intéressant, attractif, divertissant, plaisant, drôle, excitant, ludique, joyeux, distrayant, délassant, récréatif, etc.
C'est l'évidence même: le vocabulaire français n'est pas assez fun. - Df, n° 460, janvier 2005.

G

«Gatekeeper». De l'anglais gate «porte» et keeper «gardien». Se dit, en informatique, d'un logiciel généralement associé à une ou plusieurs passerelles, qui assure notamment la conversion des adresses et vérifie les autorisations d'accès à un réseau.
En français: contrôleur d'accès ou portier. - Df, n° 496, janvier 2008.

«Geek». « Quand l'accessoire devient indispensable, c'est qu'on est en train de devenir un geek » nous apprend un quotidien régional.
Le geek (prononcer « guik ») est un amateur d'objets de haute technologie, utiles ou non mais qu'il s'agit de se procurer avant tout le monde.
Aux Etats-Unis geek signifie « débile, abruti par sa passion ».
En pays francophones: technophile averti, collectionneur, amateur d'objets de haute technologie. Df 486, mars 2007.

Gentilé. Ce terme, utilisé dans le bulletin 406, suscite la curiosité d'un abonné. Gentilé est un mot savant emprunté au latin gentile nomen «nom de famille» (Suétone). Cité par Littré, mais tombé en désuétude, il a fait sa réapparition dans quelques dictionnaires usuels. Il est surtout en usage au Québec. On appelle gentilé le nom particulier des habitants d'une ville, d'un pays ou d'un lieu en général: Gênes, Génois; Ardèche, Ardéchois; Bohême, Bohémien; Gruyère(s), Gruérien (attention au changement d'accent). - Df, n° 422, novembre 2001.

Gérer. Apparu au XVe siècle, du latin genere «porter (sur soi), administrer, exécuter», ce verbe transitif explose à la fin des années 1980, pour signifier tout et n'importe quoi. On «gère» désormais tout et son contraire.
Gérer c'est administrer pour le compte d'une autre personne, d'une collectivité, d'une entreprise, etc., ou par ext., pour son propre compte. Gérer une tutelle, un domaine, le budget d'une entreprise; gérer ses affaires. Fig. Gérer une crise, une pénurie (y faire face par des moyens empiriques).
On se sert de ce verbe de manière abusive pour «organiser, planifier, arranger».
Selon l'Académie, «on ne peut gérer que des biens matériels ou ce qui peut y être assimilé. L'emploi extensif de ce verbe à d'autres domaines, comme dans «gérer un divorce, une maladie, un échec», etc., est de très mauvaise langue et doit être proscrit». - Df, n° 490, juillet 2007.

Giga-. Dans le langage des jeunes et dans les médias qui veulent adopter un ton «moderne» on rencontre une débauche et une surenchère de superlatifs formés à l'aide de préfixes exprimant l'idée de grandeur et de supériorité: super, hyper, maxi, extra, ultra, méga, giga, etc. «J'ai rencontré un mec méga-chouette à la rave. » Ou cet exemple relevé dans un ouvrage récent: « J'ai compris de plus en plus de choses giga importantes. »
Ce qu'il faut surtout comprendre, c'est la manifestation évidente d'un verbiage excessif et extravagant. - Df, n° 477, juin 2006.

«Le gîte et le couvert» Nombre d'expressions courantes sont mal comprises et détournées de leur sens par ignorance. Ainsi en est-il de la locution «donner le gîte et le couvert», doublement fautive.
Le mot couvert ne désigne pas les accessoires de table destinés à chaque convive, mais le toit sous lequel on s'abrite, le gîte. En associant gîte et couvert, on ne fait que répéter la même chose.
L'expression exacte est «donner le vivre et le couvert», qui signifie avoir l'hébergement complet, nourriture et logis: «Il fit tant, de pieds et de dents, / Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage /Le vivre et le couvert: que faut-il davantage ?» (La Fontaine). - Df, n° 431, août 2002.

Glacière, glaciaire . «Période glacière» est un barbarisme orthographique qui se rencontre encore assez souvent. C'est, bien entendu, de période glaciaire qu'il s'agit.
Glaciaire: relatif aux glaces, aux glaciers. Erosion, moraine, vallée, calotte glaciaire, Périodes glaciaires: périodes du début de l'ère quaternaire, marquées par un fort refroidissement de l'atmosphère terrestre.
Glacière: à l'origine, amas de glaces. Par analogie: cavité souterraine dans laquelle on conservait de la glace. Par extension: coffre ou récipient isotherme, contenant de la glace, où l'on conserve des aliments, des boissons. Glacière de camping. Abusivement: réfrigérateur. Fig., lieu très froid: «Cette chambre, quelle glacière!» - Df, n° 419, août 2001.

Globalisation. Cet anglicisme, apparu vers 1968, jouit d'une faveur grandissante dans la presse économique. Formé sur l'adjectif global qui, en anglais, signifie «mondial», il désigne l'action de globaliser «prendre, présenter en bloc, d'une manière globale, totalement» ou son résultat: «Faut-il craindre que la globalisation et l'ouverture des économies suscitent l'aggravation des inégalités et la hausse de la pauvreté?» (Le Monde, 1997). Le récent Dictionnaire de l'Académie française ne reconnaît ni le verbe globaliser ni le substantif globalisation. Raison de plus d'éviter ces termes qui font inutilement double emploi avec totaliser, mondialiser et avec mondialisation. - Df, n° 424, janvier 2002.

«Globish». Néologisme désignant un langage anglo-américain de base, sorte de «basic english» (BASIC étant l'acronyme de British American Scientific International Commercial).
Le globish est un parler rudimentaire d'environ 1500 mots, une sorte de «petit nègre» destiné, prétendument, à faciliter l'intercompréhension entre les anglophones et leurs interlocuteurs étrangers. - Df, n° 484, janvier 2007.

«Goodwill». «Notre présence est un gros atout, à l'origine du goodwill et des bénéfices que nous générons» lit-on dans un périodique romand.
Cet anglicisme rebute non seulement le lecteur francophone mais plus encore l'auditeur, désorienté par ce «goût d'huile» dont la pertinence lui échappe.
Goodwill: bienveillance, bon vouloir, bonne volonté.
Dans le domaine de l'économie ce mot désigne une survaleur, un fonds commercial, un écart d'acquisition, un actif incorporel. - Df, n° 469, octobre 2005.

Gouvernance D'abord synonyme de gouvernement (XIIIe s.), ce mot désignait autrefois a) la juridiction établie dans certaines villes des Flandres et des Pays-Bas; b) la place de gouvernante; c) une règle de conduite. la gouverne.
Réintroduit par le président Senghor, il désigne au Sénégal le siège du gouverneur d'une région et les services administratifs placés sous son autorité.
Passé à l'anglais (governance) au XIVe siècle. ce mot revint. au cours des années 1980, dans le discours de la finance internationale avec le sens de «gouvernement. direction, tutelle». Corporate gouvernance: gouvernement d'entreprise. La Commission de Bruxelles a publié, en 2001, un «Livre blanc sur la gouvernance européenne». - Df, n° 428, mai 2002.

Grâce, gracier. Gracier, gracieux, gracieusement, graciable, disgracieux, disgracier s'écrivent sans accent circonflexe. Seuls grâce et disgrâce en prennent un.
Dans quelques locutions le singulier et le pluriel sont admis: rendre grâce(s), action de grâce(s). Rentrer en grâce, mais rentrer dans les bonnes grâces de quelqu'un.
On écrit au singulier: faire grâce (à un condamné), accepter de bonne ou de mauvaise grâce, être en état de grâce.
Grâce à exprime une idée favorable. On évitera de l'employer pour désigner la cause d'un événement malheureux. En ce cas, il faut dire: à cause de, par la faute de... - Df, n° 440, mai 2003.

Gratifiant. Dérivé de gratifier «donner psychologiquement satisfaction», cet adjectif est apparu vers le milieu du XXe siècle. Au demeurant parfaitement correct, il est employé surabondamment dans les offres d'emploi: salaire, travail gratifiant. Se dit également de propos flatteurs, louangeurs: éloge gratifiant.
Opposé à frustrant, il ne devrait cependant pas éclipser totalement d'autres termes synonymes tels que «valorisant, motivant, stimulant, satisfaisant, incitatif», etc. - Df, n° 434, novembre 2002.

Gratuit, gratis. L'adverbe gratis signifie « sans qu'il en coûte rien, gratuitement » et s'emploie comme adjectif invariable: spectacle(s) gratis. De pure grâce, sans paiement de retour: héberger gratis les réfugiés. N'est usité qu'au sens propre.
Gratuit conserve le sens latin « accordé par libéralité ». L'adjectif s'oppose aujourd'hui à payant. Fig.: ce qui n'est pas fondé, justifié: supposition gratuite; ce qui n'est pas déterminé par des considérations rationnelles: crime gratuit; acte gratuit; désintéressé: il est rare que les éloges soient gratuits. - Df, n° 466, juillet 2005.

«Grid computing» Selon un quotidien romand «les multinationales se lancent à leur tour dans le «grid computing».
Cette expression, formée de grid «grille» (dans le sens de tableau présentant une organisation, une répartition chiffrée) et de computing «calcul, estimation, évaluation» désigne une technique de calcul reliant plusieurs ordinateurs de bureau pour simuler une machine hyperpuissante, un supercalculateur à utilisations multiples: recherche pharmaceutique, industrie, com- merce, etc.
En français: grille de calcul. - Df, n° 449, février 2004.

«Grounding». Le personnel au sol d'une compagnie d'aviation a opéré un « mini-grounding », selon le titre d'un quotidien genevois.
Cet anglicisme (de ground, terrain, sol) est ignoré de tous les dictionnaires. Les services linguistiques de la Chancellerie fédérale proposent: paralysie (d'une flotte aérienne) ou avions cloués au sol.
Dans le titre considéré, il s'agissait d'une occupation partielle du terrain pour empêcher les avions de décoller. - Df, n° 463, avril 2005.

«Guest star». Un quotidien français nous apprend qu'un champion sportif participera à une épreuve sportive en «guest star».
Cet anglicisme (litt. « invité étoile ») s'applique à une personne en l'honneur de laquelle on donne une réception ou à un invité de renom.
Si l'on s'obstine à vouloir s'exprimer en français, on dira mieux : invité ou hôte de marque, de qualité, invité d'honneur, hôte privilégié, personnalité de premier plan, vedette. - Df, n° 469, octobre 2005.

H

« Hacker». Cet anglicisme (hack: hacher, écorcher, mutiler, massacrer), introduit récemment dans le Petit Larousse, désigne, en informatique, la personne qui, « par jeu, défi ou souci de notoriété, cherche à contourner les protections d'un logiciel, à s'introduire frauduleusement dans un système ou réseau informatique ».
En français : pirate de réseau, pirate informatique ou (recomm. off.) fouineur. - Df, n° 463, avril 2005.

Handball. Il n'est pas rare d'entendre appliquer une prononciation anglaise (handbôll) à ce mot d'origine allemande qui doit être logiquement prononcé «handballe» contrairement à football, volleyball qui ont une origine anglaise et américaine.
Si quelques dictionnaires admettent les deux formes hand-ball/ handball, le Dictionnaire de l'Académie française et le Guide du typographe ont opté pour handball, en un mot. Le h initial est aspiré. Df, n°472, janvier 2006.

Handicapé. En matière de langage, les médias audiovisuels ne contribuent pas à donner le bon exemple. On continue à parler, avec une bonne conscience imperturbable, d'un «nhandicapé», des «zhandicapés», en espérant sans doute que «l'usage», cette providence des ignorants, finira par prévaloir.
Le mot handicap étant emprunté à l'anglais, son h initial est aspiré, ainsi que tous les dérivés.
Il suffit, pour ne pas se tromper, de se souvenir que le h est considéré comme une consonne s'il est aspiré et comme une voyelle s'il est muet. S'il est muet, il y a élision ou liaison: l'homme, les hommes, « lézom »; s'il est aspiré, il n'y a ni élision ni liaison: le héros, les héros, « lé ... éro». - Df, n° 469, octobre 2005.

«Happening». Mot anglais signifiant «événement». «Faire un happening [...] c'est prendre conscience que le monde est un spectacle à l'intérieur duquel on est soi-même spectacle» (L'Express, 2.8.65). Happening désigne un spectacle d'origine américaine, apparu dans les années 1950-1960, qui demande la participation active du public et cherche à provoquer une réaction artistique spontanée. Evénement collectif correspondant à ce genre de spectacle.
Il s'agit là d'un terme incongru qu'on peut remplacer avantageusement par: improvisation, défoulement collectif, expressionnisme, impromptu, spectacle-surprise, spontanéisme,- attraction, représentation spontanée. - Df, n° 490, juillet 2007.

«Happy few» En faisant figurer la devise «To the happyfew» à la fin de ses livres, pour indiquer qu'ils n'étaient destinés qu'à un petit nombre d'élus, Stendhal ne se doutait pas que, deux siècles plus tard, cette expression, destinée à une élite de lettrés, serait galvaudée par les snobs de l'anglomanie.
«Happyfew»: heureux élus, privilégiés, élite, cénacle, pléiade, phalange, connaisseurs, initiés, assistance choisie; la crème, le gratin, le gotha, etc. Ce terme désignant un nombre restreint de privilégiés, on évitera de parler d'«une foule compacte de happyfew» (L'Humanité, 14/15.10.2000). - Df, n° 419, août 2001.

«Has-been». Apparu au début des années soixante, cet anglicisme (expression tronquée de one who has been: il fut, il est fini) désigne une personne ayant été célèbre et ne l'étant plus.
En bon français, on préférera parler d'une personne oubliée, déchue, finie, démodée, ringarde, voire d'une vieille gloire. «Untel n'est pas «has been», mais il est «fini» (Vie et Langage, juin 1961). - Df, n° 437, février 2003.

«Hat trick». Ce terme (litt. «coup de chapeau» ou «tour de chapeau» (Québec) désigne une série de trois buts marqués par un même joueur au cours d'un match (football, hockey sur glace) ou la triple victoire d'un concurrent ou d'une équipe dans une compétition sportive.
Les expressions anglaises sont particulièrement appréciées dans le monde du sport. Mais les termes français équivalents cités ci-dessus (de même que triplé, passe de trois) ont l'avantage d'être plus aisément compréhensibles pour un public francophone. - Df, n° 440, mai 2003.

Haut du panier. Titre relevé dans un quotidien lausannois: « La relève tiendra le haut du panier.» Confusion flagrante entre deux expressions: le dessus du panier; le haut du pavé.
Le dessus du panier: ce qu'il y a de mieux ou de meilleur; l'élite, la fine fleur, le gratin. De grande valeur, de qualité supérieure. « Je vous donne avec plaisir le dessus de tous les paniers, c'est-à-dire la fleur de mon esprit, de ma tête, de mes yeux, de ma plume, de mon écritoire » (Mme de Sévigné).
Tenir le haut du pavé: occuper le premier rang, jouir d'une grande considération, avoir la prépondérance. « Cette créature tient le haut du pavé, et décontenance et embarrasse la duchesse » (Mme de Sévigné). Df, 466, juillet 2005.

«Hedge funds». «Qu'est-ce qu'un hedge fund?» demandait récemment un quotidien lausannois. Il est malaisé de donner de ce terme une définition précise tant il comporte d'acceptions diverses. Il signifie tout à la fois fonds de couverture, fonds d'arbitrage, fonds de performance, fonds événementiel, fonds spéculatif, placement à risque, etc.
Il s'agit d'un fonds d'investissement à haut risque permettant d'opérer sur des montants importants avec des mises limitées.
Vu l'imprécision de cet anglicisme n'est-il pas préférable d'employer des termes français? Df, 455, août 2004.

«Hexagone» L'hexagone (sans circonflexe) est un polygone à six angles et six côtés (grec hexagônos: qui a six angles).
Employé par antonomase, Hexagone (avec majuscule) désigne la France, par assimilation au tracé hexagonal du pays. Selon la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie française «cet emploi est à déconseiller».
Ce qui est surtout à déconseiller est la prononciation «Hexagône» de certains présentateurs de radio et de télévision. Hexagone se prononce avec un o ouvert, comme... polygone, Antigone, et non comme aumône, pylône. Df, 422, novembre 2001.

«Himself ». «L'équipe sera emmenée par le champion du monde himself. »
Ce terme, relevé dans un périodique wallon et composé sans italique ni guillemets, semble être très en faveur dans la presse belge et se rencontre également dans nos journaux romands.
Himself. lui-même; (all) by himself. tout seul. Eh oui... cela peut aussi se dire en français. Df 486, mars 2007.

Hobby. Quoique ce mot soit désormais adopté par tous les dictionnaires, y compris celui de l'Académie française, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit là d'un anglicisme tout à fait inutile.
Hobby, à l'origine «petit cheval de selle», est passé, par glissement sémantique, du sens de dada (cheval dans le langage enfantin) à celui de dada (passe-temps, manie favorite).
La langue française offre cependant assez de produits «maison» pour qu'on puisse se passer de cet ersatz: passe-temps, distraction ou occupation favorite, activité de loisir, violon d'Ingres, passion, dada, manie, marotte, délassement, distraction, dérivatif, etc. - Df, n° 490, juillet 2007.

Holisme. Néologisme formé en 1926 par le biologiste sud-africain Smuts à partir du grec holos « tout entier, complet ». Ce mot, d'emploi didactique, nous est parvenu par le truchement de l'anglais et désigne la théorie selon laquelle l'homme est un tout indivisible qui ne peut être expliqué par ses différents composants isolés les uns des autres; doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l'individuel à celle de l'ensemble, du tout dans lequel il s'inscrit.
Ravis d'introduire dans la langue un nouveau pédantisme, certains cuistres n'ont pas hésité à donner à ce terme un sens figuré en parlant, par exemple, d'un «holisme financier». Signe annonciateur d'une probable dérive sémantique.
S'agissant d'une doctrine syncrétique plus ou moins fantaisiste, les termes syncrétisme, globalisme, méthode globale conviendraient aussi bien. Df. 472, janvier 2006.

«Home-jacking». Un quotidien régional français informe ses lecteurs (probablement anglophones) de la mise sous surveillance policière d'une bande spécialisée dans le home-jacking.
Cet anglicisme signifie rien de moins qu'un vol à domicile de véhicules.
Pourquoi ne pas le dire ainsi ? Cela ne fait pas assez «cultivé» sans doute. Df. 481, octobre 2006.

Homme de terrain. Est-il aujourd'hui un seul personnage en vue qui ne soit qualifié d'homme de terrain par une presse élogieuse ?
Homme de terrain: se dit d'une personne en contact direct avec les gens, agissant sur les lieux mêmes de l'action, préférant les tâches concrètes aux spéculations intellectuelles et aux fonctions sédentaires.
Il est fait, dans les médias, un usage souvent inconsidéré et immodéré de cette locution. Sauf peut-être dans des éloges funèbres de personnalités, où elle s'avère d'autant plus opportune que ledit « homme de terrain » repose à six pieds sous terre. - Df, n° 496, janvier 2008.

«Hooligan». Ce terme d'origine russe désignait à l'origine les jeunes hostiles au régime soviétique. Par le truchement de l'anglais, il désigne aujourd'hui des jeunes se livrant à des actes de violence et de vandalisme dans les lieux publics et lors de compétitions sportives.
Sous la forme francisée « houligan » ce terme est passé dans le langage courant. On peut pourtant lui préférer des équivalents bien français: casseur, loubard, vandale, asocial, vaurien, voyou. Collect.: racaille. Df, 477, juin 2006.

Horde, harde. Dans notre bulletin n°497, la fiche « zizanie » comportait une erreur malencontreuse... que nos abonnés auront sans doute rectifiée d'eux-mêmes. Il était question d'une « horde » (sic) de sangliers. Le terme exact était, bien entendu, harde.
Harde (de l'all. Herde « troupeau ») désigne une troupe de bêtes sauvages.
Horde: peuplade errante, troupe nombreuse et indisciplinée qui déferle avec violence et se livre à divers excès. - Df, n° 498, mars 2008.

«Hotline» . Expo.02 propose à ses futurs visiteurs une réservation «hotline» des billets d'entrée.
Cet anglicisme (littéralement: ligne chaude) désigne une ligne téléphonique ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sauf à vouloir singer les usages américains, on préférera une expression française: ligne ouverte, fil rouge, numéro d'urgence, assistance ou permanence téléphonique. Df, 428, mai 2002.

Humanitaire. Pour favoriser la libération d'un otage, la France plaide pour un «accord humanitaire» avec les ravisseurs. En d'autres temps, on aurait parlé de négociation ou de compromis. D'autre part, les correspondants de la plupart des médias utilisent abondamment les expressions «désastre, tragédie, catastrophe humanitaire», ce qui est un non-sens flagrant.
L'adjectif humanitaire signifie: «Qui vise au bien de l'humanité.» Une doctrine humanitaire. Etre animé de sentiments humanitaires. Par ext.: «Qui cherche à améliorer les conditions des plus déshérités, à lutter contre les maux et les injustices.» Mission humanitaire, mesures humanitaires; organisation, association à but humanitaire. - Df, n° 490, juillet 2007.

Hymne. Chant, poème à la gloire des dieux, des héros, ou exprimant la joie, l'enthousiasme, hymne est masculin dans la plupart des acceptions: un hymne à Aphrodite, à la nature; l'hymne national.
Dans la liturgie catholique, il est ordinairement au féminin dans le sens de «cantique latin qui se chante et se récite à l'église». Cette distinction n'a, selon Littré, rien qui se justifie puisque le mot est masculin d'après l'étymologie (latin hymnus, grec humnos).
Même dans cette acception les dictionnaires modernes admettent les deux genres. Il va sans dire que, dans une citation, l'orthographe adoptée par l'auteur doit être respectée: «Toutes les hymnes de cet admirable office» (F. Mauriac); «Les joueurs de flûte firent entendre les hymnes religieux» (Fustel de Coulanges). Df, 425, février 2002.

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