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35e
Assises de la presse francophone
4 - 8 novembre 2003, Libreville, Gabon

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Formation et perfectionnement des journalistes -
Bilan 1960/2000 et perspectives "
Résolution
Travaux
des ateliers
Discours d'Hervé BOURGES:
ouverture
04.11 - clôture
07.11.
Messages. Président BONGO - Abdou DIOUF
Message du vice-Premier ministre
Paul MBA ABESSOLE
07.11.
Déroulement
Revue de presse
Section gabonaise de l'UPF
Séance solennelle d'ouverture
Mardi 4 novembre 2003
Message de son excellence El-Hadj Omar BONGO
Président de la République gabonaise, chef
de l'Etat
lu par M. le Premier ministre, chef du gouvernement,
Jean-François NTOUTOUME
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement;
Monsieur le Maire de Libreville;
Monsieur le Président de l'Union; internationale
de la Presse Francophone; Mesdames et Messieurs les Délégués;
Distingués Invités;
Mesdames et Messieurs,
Je suis particulièrement honoré d'avoir été
choisi par Son Excellence El Hadj Omar Bongo, Président
de la République, Chef de l'Etat, pour le représenter
à cette cérémonie d'ouverture de ces
importantes assises au cours desquelles les professionnels
de la presse francophone vont pouvoir échanger expériences
et connaissances et, ce faisant, poser un regard rétrospectif
sur les actions et initiatives engagés au titre de
la formation et du perfectionnement des journalistes pendant
la période 1960-2000.
Comme vous le savez, très attaché à
la liberté de la presse, le Chef de l'Etat aurait
voulu personnellement être parmi vous aujourd'hui
pour vous témoigner une fois encore tout son intérêt
pour votre profession : les obligations de sa fonction que
traduit un calendrier fort chargé, l'en ont empêché.
Il m'a, en conséquence, demandé de vous souhaiter
en son nom la plus chaleureuse des bienvenues en terre gabonaise
et de vous transmettre son message que voici, relativement
aux présentes assises.
« Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement
;
Monsieur le Maire de Libreville;
Monsieur le Président de l'Union Internationale de
la Presse Francophone; Mesdames et Messieurs les Délégués
Distingués Invités;
Mesdames et Messieurs,
Puisqu'on me prête souvent la qualité d'être
« un homme de dialogue », je me demande toujours
comment on peut ne pas être un acharné du dialogue
devant le spectacle d'un monde dominé par la violence
des guerres et des attentats dont les répercussions
sont déstabilisantes partout, qu'on le veuille ou
non. Comment voulez-vous qu'un chef d'Etat vraiment responsable
pense qu'on puisse préserver la paix sans le dialogue
? Et qu'on puisse parvenir à un dialogue sans une
réflexion informée, par des sources professionnelles,
sérieuses, équilibrées, respectueuses
des hommes ?
C'est pourquoi je dis qu'il n'y a pas de dialogue possible
sans confiance, confiance en vous aussi, les journalistes.
L'Afrique vit des drames depuis des siècles mais
on en parle peu, ou uniquement en fonction des intérêts
en jeu. Et quand je parle des « intérêts
», cela désigne surtout ceux des nations occidentales
dont les préoccupations sont relayées par
une presse dominante. Comment atténuer, chez nous,
le poids de cette presse dominante, alors que le monde n'est
pas sorti de la zone de turbulences. La question irakienne
est loin d'être réglée et, dans la même
région, le problème palestinien demeure entier
avec son lot d'explosions, de suicides et de représailles...
Entre autres.
Chez nous, sur le continent africain, les guerres civiles
ne s'apaisent pas. Il faut savoir qu'au cours des cinquante
dernières années, l'Afrique est le continent
qui a connu et connait toujours le plus grand nombre de
guerres. Comment mesurer les situations, dont les politiques
portent officiellement les responsabilités ? Plus
simplement, comment être informé ?
Comment savoir, comment faire savoir, sans vous !
A l'heure de la mondialisation, il faut évoluer.
Il faut aussi être pragmatique. L'Afrique a beaucoup
à offrir. Pour l'avenir de ses générations,
elle se doit d'être partie prenante dans la redéfinition
des rouages mondiaux, sans toutefois, bien entendu, abandonner
ses alliances traditionnelles. Elle n'occupera pas sa
place, elle ne trouvera pas cet équilibre, si ce
ne sont pas les siens qui parlent pour elle. Si l'information
africaine n'est pas enregistrée et transmise par
les journalistes africains.
L'Afrique se doit d'apporter sa vision à la multiplicité
des regards qui couvrent le monde afin de ne pas rester
à l'écart et ainsi participer au grand dialogue
organisé au-delà des systèmes politiques
par les mass médias et les pages de la toile de l'Internet.
De cette façon, j'en suis convaincu, nous préparerons
un avenir meilleur. La qualité professionnelle des
journalistes, faite de formation et d'expérience,
et aussi de respect de la déontologie sont indispensables
à cette tâche et à cet équilibre.
J'aimerais citer trois exemples de cette recherche des
équilibres, des exemples ici au Gabon, de ce qui
me tient à coeur pour réduire la pauvreté
et projeter notre pays dans l'avenir.
1 - Considérer la solidarité, l'assistance
humanitaire comme un outil de relations internationales.
Eduquer et prévenir sont essentiels : si nous ne
pouvons former et soigner correctement les hommes et les
femmes de ce pays, c'est une sentence de mort qui est prononcée
contre nos frères et soeurs.
Informer dans ce domaine est une mission d'urgence pour
les journalistes.
2 - L'environnement ensuite. Depuis les années 70,
le Gabon appui son économie sur le pétrole,
place détenue auparavant par la forêt. Se retourner
aujourd'hui vers la forêt n'a rien de paradoxal au
plan économique. L'éclatement des équilibres
qui régissaient l'ordre mondial me laisse penser
que le continent noir doit mettre dans la balance des relations
internationales le poids de ses richesses minières,
mais aussi celui de ses richesses naturelles comme la forêt
et l'eau.
Informer dans ce domaine est une mission d'urgence pour
les journalistes.
3 - Et il y a aussi un équilibre qui n'est pas souvent
respecté : celui de la communication. L'Afrique est
à l'écart des regards et des courants d'information
du monde. Les médias n'ont pas le temps de s'attarder
sur les drames africains. L'Afrique doit se faire mieux
connaître. Elle doit utiliser le réseau télévisuel
comme support de son développement. Le réalisme
des images influence les émotions et alimente les
opinions.
Professionaliser la communication, en moyens et en hommes,
est la mission naturelle et essentielle des journalistes.
Et des journalistes francophones.
« Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement
;
Monsieur le Maire de Libreville;
Monsieur le Président de l'Union Internationale de
la Presse Francophone; Mesdames et Messieurs les Délégués
Distingués Invités;
Mesdames et Messieurs,
Le journal est le premier, parfois le seul, livre lu, entendu
et regardé dans une vie. Ici, comme ailleurs dans
le monde, les journalistes sont les premiers auteurs, de
fait, d'ouvrages pédagogiques. Ils le sont en français.
Ma langue, c'est le français et il faut la défendre
culturellement et internationalement. L'idée de la
francophonie ne date pas d'aujourd'hui. Nous avons pensé
que nous aussi, francophones, nous pouvions nous réunir
pour parler de la culture française, mais aussi de
beaucoup d'autres choses. Il n'y a pas de grands contributeurs
et de petits contributeurs de la Francophonie. On cherche
parfois à m'expliquer que parce qu'un pays est un
grand contributeur, il faut écouter ce qu'il a à
dire. Mais moi, je ne suis pas là pour écouter
n'importe qui, n'importe quoi. Nous avons tous une voix
à l'ONU. Par conséquent, grands ou petits
contributeurs, nous devons tous avoir une voix au sein de
la Francophonie. La presse francophone est essentielle,
non seulement à la vie de nos Etats respectifs, mais
aussi à l'édification d'un monde plus civilisé,
plus apaisé, pluriel mais solidaire.
Nous avons tous été atteints par le meurtre
d'un journaliste : Jean Hélène, le correspondant
de RFI, qui était « un homme intelligent, modeste,
pondéré, qui aimait son travail ». Je
l'ai dit parce que je le connaissais. Nous le connaissions
particulièrement, parce qu'il avait été,
il n'y a pas si longtemps, basé ici même, entre
1999 et 2002, comme correspondant de RFI pour toute l'Afrique
centrale.
Je condamne le meurtre de Jean Hélène,
tué à Abidjan par un policier, en me demandant,
si le mobile de ce crime n'était pas tout simplement
de « l'empêcher de dire la vérité
». La question ne peut pas ne pas se poser quand
un journaliste est abattu parce qu'il fait son métier,
c'est à dire parce qu'il est là. Et il était
là, Jean Hélène, parce qu'il avait
été appelé alors que des hommes politiques
arrêtés allaient être libérés
et que, journaliste, il allait les interroger. Et sans doute
faire connaître une vérité. Je l'ai
dit « On n'a pas le droit de tuer les gens comme ça
». La mort de ce journaliste français nous
a non seulement surpris, mais mais elle constitue, je l'affirme,
une grande perte pour nous, Gabonais, autant que pour les
Français. Et c'est assurément une perte cruelle
pour nous tous Francophones. De l'avis général,
Jean Hélène était un juste et un ami
de l'Afrique, même quand il nous critiquait. La mort
d'un journaliste, parce qu'il est journaliste, est toujours
une perte pour tous, parce que c'est l'information que l'on
tue quand on fait taire un agent au service de la vérité
des faits.
Dans un monde où l'information est diffusée
sans frontières, il est essentiel de rappeler que
la protection de ceux qui en font profession doit être
assurée, qu'ils doivent pouvoir circuler et s'exprimer
librement. Devant les atteintes qui sont portées,
au sein même du monde francophone, à la liberté
de travailler des journalistes, qui est, il n'est pas
inutile de le rappeler, la liberté de s'informer
POUR INFORMER, de recueillir des information POUR LES DIFFUSER,
votre organisation, l'Union internationale de la Presse
francophone a demandé la disparition des peines d'emprisonnement
pour les délits de presse. J'appuirai votre demande
pour que tous les chefs d'Etat francophones placent la protection
de cette liberté fondamentale en tête des résolutions
du Xe Sommet de la Francophonie, l'an prochain, en Afrique.
La Francophonie doit pouvoir faire entendre d'une seule
voix les règles de la démocratie et de l'humanisme
à ses propres membres lorsqu'ils contreviennent à
ces principes.
Si je pense, vous le savez bien, que l'Afrique doit d'abord
compter sur elle-même, elle doit aussi compter sur
ses journalistes. Et les journalistes doivent compter sur
la liberté de travailler. Si, comme je l'ai déjà
dit, les grandes conférences sont souvent des grand-messes
dont il ne ressort pas grand-chose, je me sens confiant
dans celle qui vous réunit ces jours-ci à
Libreville. Parce que vous m'avez donné le sentiment
qu'en hommes et femmes d'information, unis utilement au
sein d'une organisation expérimentée, vous
êtes venus puiser, ici au Gabon, une nouvelle et puissante
énergie pour affirmer, sérieusement et durablement,
quelque chose dont nous avons tous besoins: votre métier
de journaliste.
Je vous y aiderai.
C'est donc sur cette conviction forte, que je déclare
ouvertes les 35e Assises de la presse francophone auxquelles
je souhaite plein succès ».
El Hadj Omar BONGO
Président de la République gabonaise
chef de l'Etat
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