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35e Assises de la presse francophone
4 - 8 novembre 2003, Libreville, Gabon

Union de la Presse Francophone

" Formation et perfectionnement des journalistes -
Bilan 1960/2000 et perspectives "

Résolution
Travaux des ateliers
Renouvellement du Comité international de l'UPF
Discours d'Hervé Bourges: clôture 04.11 - ouverture 07.11.
Messages. Président BONGO - Abdou DIOUF
Message du vice-Premier ministre Paul MBA ABESSOLE 07.11.
Revue de presse
Déroulement
Section gabonaise de l'UPF

RESOLUTION

Séance de clôture, vendredi 7 novembre 2003

Parce que les peuples et les économies ont besoin de démocratie, ils ont besoin d'une information honnête, plurielle, indépendante. Pour répondre à ces exigences l'information ne peut être mise en œuvre que par des journalistes et des professionnels capables d'appréhender toujours mieux les réalités d'un monde de plus en plus complexe et de les mettre à la portée du plus grand nombre.

Si la formation et le perfectionnement au journalisme se sont développés de façon importante dans la plupart des pays francophones, force est de constater qu'aujourd'hui, en face de ces exigences, ils ne répondent qu'imparfaitement aux besoins.

Après avoir joué un rôle majeur dans la formation de centaines de journalistes, certains centres sont aujourd'hui coupés des réalités professionnelles et se sont éloignés du terrain. Manque de professionnels formés à l'enseignement, manque de moyens techniques, insuffisance de crédits ont affecté leur capacité à s'adapter aux évolutions du paysage médiatique. La raréfaction des aides qui leur étaient octroyées n'a pas contribué à ce nécessaire ancrage professionnel. Leur responsabilité aujourd'hui plus que jamais n'est pas de former des universitaires bardés de diplômes, mais des professionnels de terrain immédiatement opérationnels et efficaces, pouvant apporter aux médias la qualité dont ils ont besoin pour se développer.

Trop souvent, des formations de courte durée et ne correspondant pas toujours aux besoins spécifiques de chaque média n'ont eu que peu d'effet sur la qualité de l'information. Les motivations des participants parfois fondées sur la seule perception d'indemnités, l'absence d'engagement des directions de médias, l'absence de cohérence et de coordination entre les bailleurs de fonds et de plans de formation réels à moyen terme adaptés à chaque média et à chaque journaliste ont renforcé cette inefficacité relative.

Aujourd'hui, les besoins en formation sont immenses.

Les populations ont besoin de journalistes (rédacteurs, secrétaires de rédaction, reporters, photographes, etc.) conscients du rôle social de leur métier, au niveau de culture générale élevé, connaissant bien les conditions concrètes du traitement de l'information et de réalisation d'un journal, écrit, parlé ou audiovisuel.
Ces journalistes, irréprochables sur le plan éthique doivent connaître parfaitement le cadre juridique dans lequel ils exercent leur métier, ce qui donnera les meilleurs atouts pour développer leur pratique dans des conditions d'indépendance et de liberté toujours meilleures.


Les 35e Assises de la presse francophone proposent :

- la mise en place de formations à l'éthique et à la déontologie permettant la participation du plus grand nombre de journalistes.

- l'organisation de sessions de formation suffisamment structurées à l'intention de tous les acteurs des médias : techniciens, dirigeants, commerciaux, gestionnaires qui ont tous un rôle capital à jouer pour assurer un développement significatif de la qualité et de l'audience de chaque titre.

- la tenue en grand nombre de sessions de formation de formateurs. Aucune session de formation ne devrait se tenir sans participation d'un " formateur stagiaire " qui accompagnerait le responsable de stage.

- que les aides à la formation pour les médias soient conditionnées à l'implication, déterminante, de leurs directions. Placer la formation au cœur de la dynamique de chaque média est la condition sine qua non de son développement, voire de sa pérennité.

- que les formations se déroulant au sein même de chaque entreprise soient considérablement valorisées. C'est là sans aucun doute une des réponses adaptées aux besoins de développement et à de véritables projets pédagogiques.

- que la formation en alternance, qui donne de la cohérence et assure un meilleur suivi pédagogique profitable à chaque journaliste et par là même à chaque média soit elle aussi développée.

- que l'accès du plus grand nombre aux nouvelles technologies, et notamment au réseau Internet complémentairement aux autres types de formation soit encouragé.

- que les établissements de formation développent eux mêmes de façon importante la formation continue, en lien étroit avec la profession. Répondant à un certain nombre de critères, ces établissement trouveraient intérêt à développer leurs échanges, notamment au sein du réseau Théophraste.

- que l'ensemble des organisations professionnelles, directions de médias, pouvoirs publics, organismes de formation, bailleurs de fonds unissent leurs efforts pour mettre en place un système de formation de qualité, à la hauteur des enjeux de démocratie et de développement dont chaque pays a besoin. L'UPF propose de réunir tous les acteurs et les bailleurs de fonds très prochainement, pour chercher les chemins d'une meilleure coordination des efforts consentis.

Le réseau Théophraste rassemble 19 centres de formation francophones dans le but de favoriser les échanges, promouvoir la réflexion sur les métiers du journalisme, former des formateurs… www.theophraste.org . Sont membres du réseau en Afrique subsaharienne les centres de Yaoundé, Dakar, Antanarivo ; en Afrique du Nord : Tunis, Rabat ; Celui du Caire ; en Amérique du Nord Québec, Moncton ; en Europe Centrale et Orientale Moscou, Bucarest, Chisinau, Sofia, Sarajevo ; en Europe de l'Ouest Louvain, Lausanne ; en France, le CFPJ, l'IPJ et l'ESJ.