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36e assises de la presse francophone

Ougadougou, Burkina Faso
mardi 16 - dimanche 21 novembre 2004

mardi 16 novembre

« Mot de bienvenue »

par Edouard Ouédraogo
président de la section burkinabé de l'UPF.

Avec votre permission, monsieur le représentant du chef de l'Etat, je voudrais tout d'abord souhaiter aux participants accourus de par le monde, la bienvenue à Ouagadougou.
Bienvenus, chers confrères, au coeur du Burkina Faso, ce pays que les stéréotypes d'Epinal créditent du qualificatif lourd à assumer de "patrie des hommes intègres", mais qu'en termes plus burkinabé, c'est-à-dire plus mesurés, ou devrait plutôt décrire comme cette terre d'Afrique qui s'emploie à faire de l'homme sa première ressource, et de l'hospitalité un sacerdoce.

Je voudrais ensuite, monsieur le représentant du Président du Faso, vous remercier très sincèrement d'avoir accepté de rehausser de votre présence cette session inaugurale, à un moment où nous savons tous que le compte à rebours du Xe Sommet de la Francophonie accapare tous vos instants.
Votre présence témoigne à suffisance, de tous les sacrifices que depuis toujours, et plus encore aujourd'hui, notre pays et ses dirigeants n'ont cessé de consentir pour préparer notre section à accueillir ces 36e Assises de la presse francophone.
Nous voulons y voir également l'intérêt que le chef de l'Etat porte au thème de cette rencontre centrée sur la protection des journalistes dans ses enjeux pour la démocratie.
Nous en inférons enfin que vous serez un de nos meilleurs avocats dans l'action que l'Union internationale de la presse francophone a déclenchée pour la dépénalisation des délits de presse.

Soyez donc notre voix auprès du chef de l'Etat pour le remercier par avance des projets législatifs que le gouvernement voudra bien initier pour qu'au Burkina Faso, plus aucun journaliste ne tremble à l'idée de pouvoir se retrouver en prison dans l'exercice de son métier.

Je voudrais également saluer et remercier de leur réconfortante présence:
- les présidents d'institution;
- les membres du gouvernement;
- du corps diplomatique;
- des organisations internationales et interafricaines;
- des autorités religieuses et coutumières.

Merci enfin au maire de Ouagadougou dont nous savons qu'il est aujourd'hui le citoyen le plus angoissé de la capitale du fait de l'imminence de la Conférence des maires francophones, mais qui a eu le temps de venir donner symboliquement les clefs de la cité à nos hôtes de par sa seule présence.

Monsieur le représentant du Président du Faso,
Honorables invités
Permettez-moi de m'adresser une fois de plus à mes chers confrères,
J'ai évoqué tantôt la culture hospitalière des Burkinabé. On ne tarit pas d'éloges sur leur sens de l'accueil et de l'organisation.

Si je persiste et signe dans ce sens, vous ne devez pas pour autant vous attendre, chers confrères, à ce que l'hospitalité burkinabé soit la 8e merveille du monde.
Ne vous attendez donc pas à des miracles autres que ceux dont savent souvent accoucher les choses simples.
Je vous engage seulement à vous sentir chez vous.
A écouter battre le coeur d'un pays qui se construit patiemment comme la Rome de la culture, de l'art, de l'artisanat et du sport africains à travers les grandes manifestations fétiches tels la SNC (Semaine nationale de la Culture de Bobo-Dioulasso), le Fespaco (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou), le SIAO (Salon international d'artisanat de Ouagadougou), le Tour cycliste du Faso qui vient seulement de prendre fin.

Chers confrères,
Le Burkina Faso est également et à sa manière, un concentré de l'Afrique souffrante.
Cette Afrique qui peine pour un ordre économique mondial plus équitable.
Pensons par exemple à cette Afrique des forces vives qui aura éprouvé du cycle du coton le double esclavage.

- Autrefois pour avoir sué sang et eau pour que prospère le commerce triangulaire de douloureuse mémoire.
Aujourd'hui pour continuer de suer sang et eau pour voir en fin de compte le fruit de son labeur "dumpé" par les subventions dont les grands pays du Nord engraissent leurs producteurs au détriment des nôtres.
Cet après-midi, vous serez conviés à écouter et relayer le cri du coeur des cotonculteurs burkinabé à travers la SOFITEX, leur institution d'encadrement et le président de leur regroupement professionnel.

Comme vous le voyez, chers confrères, il y a la question de la protection des journalistes qui reste la substantifique moelle de nos assises et sur laquelle nous allons plancher.
Mais il y a également un pays, un peuple et un pan du continent qu'il vous est donné de découvrir.
Le Comité national d'organisation ne ménagera aucun effort pour que vous et nous puissions en tirer le plus grand profit.

Alors, chers amis, face aux insuffisances et autres impédimenta qui viendraient à entraver le bon déroulement de nos assises, ne sombrez pas dans la délectation morose ni les grincements de dents.
Empressez-vous plutôt d'en rire:
- de ce rire gai à la Beaumarchais
ou plus encore de cet éclat sonore et convivial des "entommeures" dont retentit l'oeuvre de Rabelais.

Monsieur le Représentant du chef de l'Etat, Honorables invités,
Si je n'avais garde d'abuser de votre patience, je me serais laissé aller à expliquer à nos hôtes comment ici, au Faso, nous avons donné au rire et au badinage leur pesant d'humanisme.

Je veux bien sûr parler de la catharsis du "Dakiré", cette construction soudano-sahélienne que les anthropologues désignent de l'expression approximative de parenté à plaisanterie et qui aide si bien à la coexistence pacifique entre les différentes communautés et régions de notre pays.

Ainsi, chers confrères, le Burkina est ce curieux pays où vous avez autant de maîtres que d'esclaves puisqu'il y en a autant que compte le pays en Peuls et Bobo, Gourounsi et Boussancé, Lobi et Gouin, le sommun en étant la guerre pichrocholine de mille ans que se livrent Samo et Mossi à coup de facéties et de galéjades.

Alors, chers confrères,
A chacun son Samo et son Mossi, de sorte que tout au long de la semaine que nous allons passer ensemble, la bonne humeur soit la chose la mieux partagée.

Vive les 36e Assises de la presse francophone de Ouagadougou.
Je vous remercie.

Edouard Ouédraogo
président de l'UPF Burkina Faso
Ouagadougou, 16 novembre 2004