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37e
Assises de la presse francophone
4 - 8 novembre 2005, Lomé, Togo

Pluralisme
et déontologie :
liberté et responsabilité des journalistes
CONCLUSIONS
ET PROPOSITIONS
Pendant quatre jours, à Lomé (Togo) l'UPF
a mis au coeur de sa réflexion la préoccupation
déontologique, qui doit être l'affaire des
médias, publics ou privés, mais aussi et surtout
celle des journalistes.
Partout dans le monde, la société se libéralise.
Les individus reprennent en main, avec de mois en moins
de contraintes, leur destin économique, et aspirent
à exercer de la même façon leurs responsabilités
et leurs droits de citoyens. Les médias sont une
partie essentielle de ce jeu. Leur liberté est la
garantie de la progression vers la démocratie.
Au plus près du terrain, pour confronter les principes
et les réalités, l'UPF veut prendre sa part
à l'émergence et à la consolidation,
ici et ailleurs, partout, de médias pluralistes,
publics et privés, d'un journalisme conscient et
responsable, acteur de la démocratisation de la société.
Elle a traduit ses observations en recommandations et propositions
pour l'ensemble du monde francophone.
L'analyse de la situation de l'information dans tous les
pays amène à conclure que, même s'ils
sont conscients des enjeux éthiques, les journalistes
ne peuvent pas toujours exercer leurs droits et devoirs
avec leur seule conscience personnelle et professionnelle.
Il faut que ces préoccupations éthiques soient
partagées par les employeurs et éditeurs.
Il faut que ces préoccupations soient partagées
entre la profession et les pouvoirs publics. Il faut aussi
que les conditions matérielles et morales d'un bon
exercice du métier soient réunies.
L'UPF appelle à un dialogue entre journalistes et
éditeurs pour adopter des chartes déontologiques
de référence, jusqu'au niveau de chaque entreprise.
L'UPF appelle à la mise en place d'instances professionnelles
d'autorégulation.
L'UPF appelle à la démocratisation des instances
légales de régulation, où doivent siéger
des représentants de la profession.
L'UPF s'engage dans la mobilisation pour la généralisation
de conventions collectives professionnelles permettant aux
journalistes de vivre dignement de leur métier.
Consciente de la nécessité d'une consolidation
économique du secteur pour l'émergence de
véritables entreprises de presse viables et indépendantes,
l'UPF souligne l'urgence d'une véritable formation
de managers de presse ; l'intérêt d'une politique
de jumelages, parrainages et d'échanges entre médias
dans la zone francophone ; la pertinence d'une aide publique
nationale ou internationale à des médias remplissant
les conditions requises d'une charte éthique négociée,
d'une convention collective appliquée.
L'accès au métier de journaliste est le plus
souvent libre, dans les différents pays de la francophonie.
Et ce n'est pas toujours une mauvaise chose, tant la liberté
se nourrit de la diversité. Pour autant, si le journalisme
est bien un métier, cela veut dire qu'il s'apprend,
et que le public n'a pas à faire les frais d'un comportement
irresponsable de journalistes inconscients de leurs responsabilités.
S'ils ne les ont pas acquis au cours d'une formation spécifique,
les journalistes doivent, à leur entrée dans
la profession, maîtriser les principes éthiques
et professionnels de leur métier avérés
et reconnus.
L'UPF souhaite que s'engage un processus très incitatif,
pouvant aller jusqu'à l'obligation, visant à
assurer une formation déontologique minimale à
toute personne embrassant la profession de journaliste,
en quelque sorte un "permis de conduire" journalistique.
L'UPF souhaite que soit modélisé un contenu
certifié de formation éthique exigible de
toutes les formations au journalisme, et qui allie théorie
et mise en oeuvre pratique.
L'UPF souligne l'intérêt de développer
la spécificité de la réflexion éthique
francophone par la multiplication des échanges entre
professionnels des différents pays.
L'UPF appelle à la tenue d'états généraux
de la formation professionnelle en Afrique, incluant la
création de processus de certification à l'image
des initiatives du Réseau Théophraste.
La pluralité des médias, qui a fait beaucoup
de progrès, ne garantit pas automatiquement le pluralisme.
La complémentarité des secteurs publics et
privés peut être féconde, si un service
public de l'information, éditorialement autonome,
tire les exigences par le haut. En tout état de cause,
la responsabilité sociale des médias s'impose
à toutes les consciences journalistiques, du privé
comme du public.
L'UPF appelle à ouvrir à la pluralité
tous les secteurs de l'information, de la presse écrite
à la radio et la télévision.
L'UPF appelle à la création de mécanismes
de transparence sur la propriété des médias,
et de mécanismes anti concentration.
L'UPF appelle à une différenciation vigoureuse
des métiers de l'information et de ceux de la communication,
et à toute initiative permettant d'éviter
la confusion entre les métiers de journaliste et
de communicant, ou chargé de relations publiques.
Le paysage médiatique bouleversé par l'arrivée
des nouvelles technologies est entré dans une ère
de complexité et de rapidité accrues, ce qui
génère pour l'information tous les dangers.
Informer pour générer de l'audience ou de
la publicité, informer pour être référencé
- les dérives de la marchandisation, de la superficialité,
de l'amateurisme, sont légion. Internet, moteur d'un
bon journalisme, peut abriter le pire.
L'UPF appelle à une régulation mondiale partagée
d'Intemet.
L'UPF appelle à développer l'éducation
aux médias du public, mais aussi des journalistes
eux-mêmes.
L'UPF appelle à développer les normes de
labellisation et certification de sites internet garantissant
un traitement journalistique professionnel de l'information.
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