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Mardi
8 novembre
Clôture
par M. Edem KODJO
Premier
ministre
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Mesdames et Messieurs,
Nous l'attendions, cette rencontre, oui nous
l'attendions cette rencontre de la presse francophone, non
comme le renouvellement rituel d'un acte routinier, mais en
tant que prodrome, signe d'un acte avant coureur d'une ère
nouvelle pour notre propre organisation médiatique
au Togo.
Réunir ici cet impressionnant aréopage
d'hommes et de femmes de presse, parmi les plus réputés
et les plus chevronnés, venus de tous les horizons
nous offrait l'avantage incomparable de vous voir toucher
du doigt les réalités de notre pays, mais aussi
d'ouvrir à vos confrères togolais les voies
d'une véritable métanïoa, d'une transformation
radicale dans l'art d'être journaliste, de journaliste
soucieux de liberté et de démocratie.
Oui, il est aujourd'hui acquis que sans une
presse libre et indépendante il n'y a point de démocratie,
mais il est tout autant avéré qu'une presse
qui n'a pas conscience de son devoir, celui d'informer et
d'informer juste, ne contribue pas à renforcer le système
démocratique.
La lancinante question qui se pose à
tous les professionnels de la communication est et demeure
le juste respect de la déontologie de cette fonction
noble, entre toutes : le métier de journaliste.
N'est pas journaliste qui veut. N'est pas journaliste
celui qui n'entend point entrer dans la voie de l'acceptation
de la déontologie de cette profession, en délaissant
hardiment les voies obliques de la médisance, de la
surenchère, de la démagogie ainsi que celles,
bien hasardeuses, de la passion étouffant la droite
raison.
Le combat pour la liberté de la presse
ne peut être viable que lorsque la presse démontre
une capacité et un souci constant d'auto-contrôle,
d'auto-régulation.
Le rôle noble et salutaire de quatrième
pouvoir ou de contre pouvoir de la presse en démocratie,
ne peut être joué pleinement et à la satisfaction
des citoyens que lorsqu'il est accompagné des notions
de confiance, de rigueur, de crédibilité, de
moralité. Au delà des textes de loi, il existe
les normes de comportements et de valeurs que nous partageons
et qui imposent implicitement ou explicitement des règles
de conduite, des principes et des valeurs qui sont véritablement
imprimées dans notre inconscient collectif, même
s'il faut faire face à la concurrence implacable et
au diktat des impératifs commerciaux qui sont consubstantiels
à notre société aujourd'hui.
Il faut noter cependant que la définition
de la déontologie a souvent été dans
l'histoire de la presse, le fait de la profession elle-même
; mais suite au laisser-aller et à la détérioration
des pratiques professionnelles, différentes commissions
dans différents pays se sont substituées ou
ont tenté de se substituer aux professionnels pour
leur dicter les règles morales ou d'organisation de
l'exercice de la profession. Ce n'est pas M. Hervé
Bourges, l'ancien patron du CSA ici présent qui me
démentira.
Aux Etats-Unis il y eu la "Federal Communication
Commission" qui a essayé de réglementer
la course effrénée au nouvelles sensationnelles
et mercantiles que se livrent les médias américains
en mettant en place dès 1998, la "Fairness Doctrine".
Dans le Code de conduite des journalistes
anglais, on peut lire les éléments de déontologie
suivants
- la vérification de la véracité et de
l'exactitude de l'information,
- le respect de la dignité, de la peine et de la détresse
humaine ;
dans le même temps, le Code éthique
des journalistes américains insiste entre autre
sur :
- la stricte distinction entre le fait et le commentaire,
- le respect de la vie privée des personnes,
- le devoir de corriger rapidement et complètement
les erreurs
La charte des devoirs professionnels des
journalistes français stipule qu'un journaliste
digne de ce nom,
- n'use pas de la liberté de la presse dans une intention
intéressée
- tient le scrupule et le souci de la justice pour les règles
premières - ne confond pas son rôle avec celui
du policier ;
- tient la calomnie, les accusations des faits, le mensonge,
pour les plus graves fautes professionnelles.
Le Code de déontologie et d'éthique
du Burkina Faso affirme
- le journaliste Burkinabé a droit à la sécurité
physique, matérielle et sociale, dans l'exercice de
ses fonctions ;
- pour sa crédibilité et celle de sa profession,
il se doit de refuser toute tentative de corruption et d'allégeance
;
- le respect du droit des personnes à la vie privée
et à la dignité humaine en conformité
avec les dispositions nationales et internationales en matière
de droit, concernant la protection des individus et interdisant
la diffamation, la calomnie, l'injure, l'insinuation malveillante,
fait partie intégrante des normes professionnelles
du joumaliste burkinabé.
Au Togo, la création de la Haute autorité
de l'audio-visuel a précédé la rédaction
d'un code éthique de la profession et la mise en place
des organes internes de régulation de la profession.
On peut néanmoins lire dans le code de déontologie
du journaliste togolais, ceci.
Les devoirs essentiels du journaliste togolais
dans la recherche, la collecte, le traitement, l'impression
et la diffusion de l'information sont:
- Du respect à la vie privée d'autrui.
Le journaliste respecte le droit à la vie privée
et à la dignité. La publication des informations
touchant à la vie privée d'autrui ne se justifie
que dans l'intérêt du public. Il s'interdit la
calomnie, la diffamation, l'injure et les accusations sans
fondement
- Du droit de réponse. Les informations inexactes
ou fausses doivent être rectifiées. Des personnes
injustement mises en cause ont droit à la réparation
par le droit de réponse. Le droit de réponse
ne peut s'exercer que dans l'organe qui a publié l'information
contestée.
- Du refus du sensationnel. Le journaliste s'interdit
des titres sensationnels. Le journaliste doit s'interdire
des images choquantes.
Malgré tant de précaution formulées
par tant de beaux principes, il est très courant de
lire dans notre presse, des injures directement adressées
au chef de l' Etat et au Premier ministre, de lire des informations
totalement fausses et qui n'ont pas reçu un début
de vérification, de voir présenter des articles
vieux de nombreuses années comme s'il venait d'être
écrits, de chercher des renvois en pages intérieures
qui n'existent pas, de lire à longueur de colonnes
des articles plein de fautes et dans un français approximatif,
de tout résumer dans les titres sensationnels et alléchants
qui ne sont que des montagnes accouchant de souris et surtout
de remarquer dans cette presse la confusion permanente entre
l'information et le combat politique etc.
Il est heureusement vrai que la presse togolaise
n'est pas uniforme et que certains organes refusent la médiocrité
mais ils sont hélas ! Trop peu nombreux.
Tout ça ne nous empêche pas d'aller
de l'avant: «Code la Presse », d'autres chartes
seront ouvertes.
Oui notre presse est encore jeune et a un besoin
de formation évident. Les assises de l'UPF ont été
je l'espère, un moment privilégié pour
nos journalistes, de se frotter et d'échanger avec
les plus belles plumes de la profession. Je sais aussi que
vous n'aviez pas la prétention de clore un débat
et aussi que vous avez su apporter la démonstration
j'en suis persuadé, que le combat pour une presse de
qualité, crédible, libre parce que responsable,
est responsable et continuel.
Le Togo, par ma voix, vous remercie pour avoir
planté un arbre qui ne cessera de grandir. Il vous
remercie d'avoir accepté de contribuer à votre
façon, à l'émergence de ce pays, d'une
démocratie apaisée (Faure Gnassingbé)...
Il vous prie de l'aider à aller de l'avant
à ne pas reculer dans cette voie difficile. Il vous
prie d'être ses porte-paroles, en réalité
ses témoins partout, partout vers le grand large.