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37e Assises de la presse francophone
3 - 8 novembre 2005, Lomé, Togo


Union de la Presse Francophone

Pluralisme et déontologie :
liberté et responsabilité des journalistes

MESSAGE


M. ABDOU DIOUF
secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie

Je tiens, avant toute chose, à saluer les autorités togolaises, le Président Faure Gnassingbé et le Premier ministre Edem Kodjo, qui ont permis la tenue de ces 37e Assises de l'Union internationale de la presse francophone à Lomé. Leur accueil et leur hospitalité témoignent de leur intérêt à défendre les valeurs et les idéaux de la Francophonie. Il témoigne également de leur volonté, dans cette période d'ouverture importante pour le pays, d'améliorer la situation de la liberté de la presse et des médias, nationaux aussi bien qu'internationaux, et de renforcer ainsi la démocratie togolaise.

Les assises annuelles des professionnels des médias de l'espace francophone sont des rendez-vous marquants, auxquels j'attache le plus grand intérêt. Elles sont le lieu de débats sur des sujets importants qui nourrissent la réflexion sur le rôle de l'information et l'identité des journalistes. J'aurai donc à cœur de connaître les conclusions de vos travaux.

Le thème de vos Assises, " Pluralisme et déontologie : Liberté et responsabilité des journalistes ", est à la fois riche et primordial. Il s'inscrit dans le droit fil d'une démarche qui vous a déjà permis, lors de vos assises à Libreville en novembre 2003, de faire, sans complaisance, le bilan de quarante années de formation et de perfectionnement des journalistes et de dégager des perspectives pour l'avenir. A Ouagadougou en novembre 2004, vous avez consacré vos travaux à un sujet marqué par l'urgence, la protection des journalistes.

Les présentes Assises constituent donc une suite logique du vaste travail de réflexion, de proposition et d'action engagé depuis plusieurs années sous la houlette de Hervé Bourges, auquel je rends ici un hommage appuyé pour son expérience, son engagement et sa disponibilité à faire progresser la cause des médias francophones.

Je voudrais renouveler le soutien ferme de l'Organisation internationale de la Francophonie au Président de l'UPF, ainsi qu'à tous les professionnels des médias francophones, dans le combat qu'ils mènent en vue de promouvoir une presse libre et responsable dans nos pays où la situation est marquée par des progrès notables mais où, il faut le dire, un important travail de conviction et de persévérance reste à accomplir.

A Ouagadougou en novembre 2004, nous avons obtenu l'adoption d'une déclaration de nos chefs d'Etat sur la liberté de la presse et sur la dépénalisation des délits de presse. Dimanche prochain au cours du Symposium international sur les pratiques de la Démocratie, des droits et libertés, " Bamako+5 ", nous nous pencherons à nouveau sur ces questions pour évaluer comment dans le cadre de l'action politique de l'OIF, la liberté de la presse et le pluralisme des médias sont susceptibles de renforcer la culture démocratique.

Nous devons convaincre que les menaces qui pèsent sur les journalistes ne sont jamais totalement dissipées. L'actualité nous rappelle en permanence que les atteintes à la liberté de la presse, même dans les pays considérés jusqu'ici comme des modèles, sont encore loin d'être l'exception. Votre rôle dans le combat pour préserver l'avenir de cette liberté de toute intervention étatique abusive est essentiel. Vous devez maintenir vos actions de veille permanente et nous éclairer de vos diagnostics et de vos propositions.

Votre rencontre va renforcer cette veille que vous avez décidé, cette fois, d'exercer dans le domaine de l'éthique et de la déontologie. Votre réflexion sur les droits et devoirs des journalistes, sur la responsabilité sociale et sur la régulation des médias, traduit votre volonté de mieux comprendre et de mieux défendre les règles et les pratiques de votre profession.

Je salue cette heureuse initiative. Parce que, comme vous, je suis persuadé qu'il est aujourd'hui indispensable de procéder à une analyse du contenu et de la mise en œuvre des codes et des chartes, du fonctionnement des observatoires, des conseils de presse, des organes de médiation, des institutions publiques ou privées en charge des questions des medias, en vue d'adapter les règles et les pratiques aux exigences d'un monde en pleine mutation, marqué, entre autres, par l'irruption des medias numériques.

Comme vous, je reste convaincu que le métier de journaliste ne peut se concevoir sans le respect de l'équilibre entre liberté et responsabilité. Il ne peut s'exercer que dans le respect de la rigueur et de l'honnêteté intellectuelle dans la recherche, le traitement et la diffusion de l'information, dans le respect du droit à l'information du citoyen, dans le respect de la vie privée et de la dignité humaine.

Je souhaite un très grand succès à ces trente-septièmes Assises de la presse francophone, en vous assurant du soutien de l'OIF et en vous encourageant dans votre démarche critique et constructive.