Union de la Presse Francophone
 
La francophonie

37e assises Togo
36e assises Burkina
35e assises Gabon
34e assises Suisse
33e assises Liban
32e assises Paris
UPF manifestations
Histoire de l'UPF

Retour pagé précédente
Menu pricipal
La francophonie
La gazette
Pressothèque
Agence d'info - U.P.F.
Langue Française

38e Assises de la presse francophone

Nouveaux médias, nouvel enjeu européen,
nouveaux défis francophones

Bucarest, Roumanie
samedi 23 septembre 2006

Première Table Ronde: Nouveaux médias et déontologie

rapporteur Alain-Blaise BATONGUE
rédacteur en chef du quotidien Mutations, Cameroun.

Les intervenants à cette première table ronde ont décrit les principales caractéristiques de ces nouveaux médias qui impliquent une rapidité dans la transmission des informations, une multiplication des émetteurs et un éclatement des sources d'information, dans une espèce de course contre la montre, dans le rapport concurrentiel qu'ils ont désormais avec les médias classiques. C'est d'ailleurs plus qu'un phénomène de mode, qui semble avoir désormais "formaté" un nouveau profil de journaliste dont la source principale d'information est la toile, en même temps qu'il développe de nouveaux itinéraires de consommation.

Mais les principes déontologiques de la profession sont-ils respectés ? Pour les panélistes, ce n'est pas toujours le cas. Parce que, explique Alfred Dan Moussa qui part de l'expérience personnelle de son journal, Fraternité Matin, la course contre la montre les met peu à l'aise sur le terrain du recoupement et de l'équilibre des informations mises à la disposition des publics. Parce que, relève Iona Avadani, cette information, plus souvent imposée aux consommateurs sans traitement avec discernement, est la négation de plus en plus volontaire de la protection de la vie privée, dès lors que les acteurs de ces nouveaux médias prennent des compromis avec les fonctions classiques des médias qui sont d'informer, d'éduquer et de divertir, puisque l'abondance d'informations sur Internet finit par en diluer la fonction informative.

Conséquence, indique Séverine Laurent en écho aux autres intervenants, un accroissement de la méfiance des informations déversées par les autoroutes du numérique et, même, un discrédit sur toute la profession de journaliste. Le citoyen doute désormais de la pertinence de ces informations, renchérit Daniel Deloit qui indique que le triptyque presse-informations-démocratie ne se décrète pas, il se construit, avant de relever l'exigence d'un contrôle, d'un filtre même si, pour l'instant, personne n'en maîtrise les fusibles.
D'où l'idée, développée par l'ensemble des panéliste, d'une meilleure professionnalisation des médias classiques : défendre un label, développer des contenus, revenir sur la pertinence, la probité et la crédibilité des médias, agents rigoureux de l'intérêt public…

Mais comment y arriver alors que les principaux acteurs des nouveaux médias, qui impriment des pages sur Internet sont aussi considérés comme des journalistes ? Quelles sont les propositions à faire pour sortir de la spirale d'une information certes diversifiée mais trop souvent incontrôlable et parfois dangereuse ?
Chaque intervenant est allé de ses propositions et recommandations, même si elles se rejoignent en quelques points transversaux :

- La valorisation d'un modèle humaniste francophone qui pourrait passer, selon Séverine Laurent, par la rédaction et l'adoption d'une Convention internationale francophone de déontologie journalistique (en y ressortant des interdictions et surtout des valeurs et principes fondamentaux auxquels les journalistes francophones devraient se conformer) ;

- L'élaboration, après échanges et débat, de ce que Daniel Deloit appelle un pacte de co-responsabilité sociale entre le journaliste et le citoyen, à l'effet de labéliser certains sites et de permettre, après un apprentissage propre à tout nouveau métier, de trouver une chaîne identique de référence du journaliste au cube à travers son savoir faire, son savoir penser et son savoir être ;

- Dans la même veine, Alfred Dan Moussa et Iona Avadani proposent, chacun à sa manière, la solution de l'éducation : un même niveau d'éducation, de connaissance et d'information dans ce domaine si difficile des nouveaux médias, souligne l'un ; l'éducation du consommateur, dès le bas âge, de l'utilisateur (modération et respect de l'autre), et du journaliste traditionnel qui doit se repositionner sur la crédibilité institutionnelle, indique l'autre ;

- Cyrille Kileba, qui a axé son intervention sur la fracture numérique et les aléas du journaliste et des nouvelles technologies dans les pays pauvres, coincés par d'autres contraintes, plaide pour une véritable démocratisation des nouvelles technologies, pour éviter l'oppression des uns sur les autres.

Si, dans la salle, quelques participants ont tenu à nuancer des affirmations parfois radicales de certains panélistes, ils ne se sont pas spécialement éloignés des propositions faites par les uns et les autres, en se demandant toutefois comment faire pour les réaliser concrètement pour que, par-delà la révolution technologique, et surtout en s'enrichissant d'elle, vive le journalisme tout court.

Alain-Blaise Batongué
Rapporteur
Bucarest, 23 septembre 2006