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dimanche
24 septembre
discours de clôture par le président Abdou
DIOUF
secrétaire
général de l'Organisation internationale
de la Francophonie
(seul le texte prononcé fait foi)
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Monsieur le Président de lUPF, mon cher Hervé,
Monsieur le Secrétaire général international,
Mesdames et Messieurs,
Je suis arrivé hier soir
à Bucarest, et cest avec un grand plaisir que
je viens ce matin vous rejoindre, avant une semaine bien chargée,
pour participer à la clôture de vos travaux.
Je souhaiterais avant tout adresser
un hommage aux autorités roumaines qui nous accueillent
avec autant de chaleur et damitié, et saluer
en particulier Monsieur Traian Basescu, Président de
la Roumanie, qui a adressé à lUPF un message
dencouragement à loccasion de ces Assises.
Cette séance qui nous
rassemble ce dimanche à Bucarest vient donc clôturer
vos fructueux travaux consacrés au thème riche
que vous avez choisi : Nouveaux médias, nouvel
enjeu européen, nouveaux défis francophones.
Vos Assises viennent utilement
enrichir notre compréhension dun sujet sensible,
complexe mais essentiel. Linformation et la communication
conditionnent plus que jamais le monde dans lequel nous vivons.
Elles viennent comme Janus nous offrir dimmenses opportunités
nouvelles et en même temps nous imposer des contraintes
fortes qui ne sont pas toujours aisées à maîtriser.
Pendant trois journées, vous avez utilement réfléchi
et débattu de ces problématiques qui marquent
les évolutions rapides de nos sociétés
mais aussi de laction que nous nous efforçons
de mener à lOIF.
Certains dentre vous vont
rester encore quelques jours pour exercer leur métier
et couvrir nos rencontres institutionnelles. Mes collaborateurs
sont, bien entendu, à votre disposition pour vous donner
toute linformation dont vous avez besoin. Je prendrai
moi-même connaissance avec beaucoup dintérêt,
et même beaucoup de gourmandise, de vos productions
éditoriales.
Je me garderai bien de vous donner
une quelconque ligne ou une quelconque orientation pour la
manière dont vous allez couvrir ce Sommet. Ceux qui
me connaissent savent que ce nest pas mon genre ! Mais
je voudrais malgré tout vous faire part dune
de mes préoccupations, à laquelle je lespère,
vous serez sensibles.
Cette préoccupation concerne le thème de ce
grand rendez-vous de Bucarest : Les nouvelles technologies
dans léducation. La question de léducation
constitue sans doute le plus grand défi auquel nous
sommes nous confrontés. La modernisation et la dynamisation
de nos systèmes éducatifs, notamment grâce
aux technologies de linformation détermine notre
avenir, celui de notre jeunesse, celui de nos démocraties,
celui de nos économies, celui de nos cultures. Cest
un défi gigantesque, difficile, mais absolument vital.
Nos équipes, nos experts ont travaillé pendant
des mois pour que dans ce domaine, qui figure parmi les priorités
majeures de la Francophonie, le Sommet de Bucarest puisse
aboutir à des conclusions utiles, concrètes,
quil puisse nous donner des indications précises
sur les actions que vont mener lOIF et les opérateurs
de la Francophonie.
Je sais, parce que je suis attentivement
vos médias, que beaucoup dentre vous considèrent
que ce sujet nest pas un sujet de "Une", nest
pas assez "vendeur"pour mériter beaucoup
de place. Mais je pense très sincèrement que
quand nous avons affaire à des sujets aussi vitaux
pour nos populations, pour nos enfants, pour notre avenir,
votre responsabilité de journaliste est engagée.
Gardez bien sûr votre liberté dexpression
et votre esprit critique, mais soyez attentif à cette
problématique, et aidez-nous à sensibiliser
les opinions publiques et les décideurs.
Monsieur le Président,
mon cher Hervé,
Mesdames et Messieurs,
La Francophonie vient de franchir
une étape importante de son évolution. Nous
avions reçu à Ouagadougou un mandat de nos chefs
dÉtat et de gouvernement, assorti dorientations
claires, pour parachever notre réforme institutionnelle,
renforcer et moderniser notre Organisation. Ce travail a été
fait. Nous disposons depuis la fin 2005 dune nouvelle
Charte. Avec le Cadre stratégique décennal,
nos axes de travail sont clairement établis. Nous avons
assaini notre gestion en donnant une priorité absolue
aux résultats et à la transparence. De nouveaux
directeurs ont été nommés, des femmes
et des hommes de grand talent et très motivés
qui ont reçu la mission douvrir lOIF vers
lextérieur, dimpulser denouvelles méthodes
de travail, de rendre plus performantes et plus novatrices
nos capacités daction.
Pour mieux faire rayonner notre
langue, promouvoir la diversité culturelle et linguistique,
agir en faveur de la paix, de la démocratie et des
droits de lHomme, oeuvrer utilement dans le domaine
de léducation, il nous fallait impérativement
tourner cette page, être mieux en phase avec les évolutions
politiques, économiques, culturelles et technologiques
dun monde qui bouge, et qui bouge beaucoup et très
vite.
Dans mon esprit, cette réforme
de lOIF, que jai voulue claire et rapide doit
aider nos opérateurs et nos partenaires à avancer
dans la même direction.
La force de notre Communauté, et son histoire le démontre
bien, cest bien sûr la noblesse de ses ambitions,
la valeur des idées quelle défend, mais
aussi lardeur de lengagement de ses forces vives,
de ses acteurs non-institutionnels, de ses militants. Cette
dynamique de rénovation, de modernisation, de clarification,
de transparence que nous avons entreprise à lOIF
ne vaut que si elle est contagieuse !
Le travail que nous avons accompli
ces derniers mois avec les OING est exemplaire à cet
égard. Il nous permet des avancées prometteuses.
Il nous engage nous-mêmes à nous mobiliser beaucoup
plus fortement pour travailler avec les représentants
de la société civile, pour prendre en compte
leurs initiatives et les valoriser. Un débat sur ces
évolutions, une réflexion sur lavenir
et lactualité de nos engagements francophones,
sur la transparence de nos modes de fonctionnement, sur lutilité
concrète de nos actions, sur leur capacité mobilisatrice
et leur visibilité a été engagée
par beaucoup de nos partenaires. Je men réjouis
et je les encourage en permanence. Cest cette démarche
qui renforcera nos échanges et nos partenariats.
Vous lavez compris, cest
un appel que je vous lance. Ce débat vous devez vous
en emparer dans vos sections, y associer vos jeunes confrères,
et pourquoi pas vos lecteurs ? Vos médias sont un moteur
de la Francophonie, pour la langue, pour le débat didées,
pour les valeurs, pour nos visions du monde. Vous devez agir
pour en renforcer la place et la crédibilité
dans le paysage médiatique mondial qui présente
aujourdhui un rapport de force qui ne nous est pas favorable.
LUPF, si elle se rénove, peut être à
cet égard un outil important déchange,
de partage, de solidarité. Je serais très attentif
à ce que vous entreprendrez, je resterai à votre
écoute pour avancer dans cette direction.
Vous mavez fait parvenir récemment un document
riche et très intéressant sur " le renforcement
de la protection des journalistes et la liberté dexpression
dans les conflits armés" réalisé
par lAssociation Campagne pour un emblème de
presse et activement soutenue par de nombreuses organisations
dont la vôtre. Japporte mon soutien à
cette initiative qui se situe bien dans le prolongement de
la Résolution sur le sujet adoptée par le Sommet
de Ouagadougou. Jappuie votre idée douvrir
le débat avec le nouveau Conseil des droits de lHomme
à Genève et vous pouvez compter sur notre Représentation
permanente pour vous aider. Je vous encourage à poursuivre
ce travail et à amplifier encore la mobilisation des
organisations des droits de lHomme et des opinions publiques.
Jai systématiquement
condamné au nom de la Francophonie les enlèvements,
les meurtres, les agressions inacceptables contre les journalistes,
dans nos pays bien sûr, mais également ailleurs
dans le monde. Du Liban à Haïti, du continent
africain au Proche-Orient et à lAsie, nous devons
tout mettre en oeuvre pour réduire les risques contre
ces actes odieux dont les journalistes sont trop souvent victimes
et qui viennent sajouter à la répression
parfois brutale qui sexerce encore, je le dis avec tristesse
mais sans résignation, dans beaucoup de pays francophones.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
La présence des chefs
dÉtat et de gouvernement francophones à
Bucarest est un événement important pour la
Roumanie qui le mérite bien, mais également
pour tous les francophones et les francophiles dEurope
centrale et orientale. Je suis vraiment heureux de voir, à
travers cet événement, lintérêt
renaissant des médias roumains pour la Francophonie.
Depuis les États généraux de la Francophonie
organisés le 20 mars dernier à linitiative
du secrétaire dÉtat Cristian Preda et
de lambassadeur de France Hervé Bolot, et auxquels
ils ont activement participé, les journalistes roumains
redécouvrent, après une longue période
de censure, de propagande, de désinformation, la richesse
de lengagement historique de leur grand pays francophile
et francophone, de cette période pendant laquelle la
presse francophone était ici florissante. Je ne suis
pas nostalgique. Je veux rester optimiste. La liberté
revient, lentrée dans lUnion Européenne
ouvre de formidables perspectives, la Francophonie se rajeunit
et se reconstruit ici et jouera son rôle de vecteur
douverture et de solidarité. Ce Sommet de Bucarest
sera, jen suis certain, le point de départ dune
nouvelle aventure pour les médias francophones de Roumanie.