Union de la Presse Francophone
 
La francophonie

37e assises Togo
36e assises Burkina
35e assises Gabon
34e assises Suisse
33e assises Liban
32e assises Paris
UPF manifestations
Histoire de l'UPF

Retour pagé précédente
Menu pricipal
La francophonie
La gazette
Pressothèque
Agence d'info - U.P.F.
Langue Française

38e Assises de la presse francophone

Nouveaux médias, nouvel enjeu européen,
nouveaux défis francophones

Bucarest, Roumanie
samedi 23 septembre 2006

Troisième Table Ronde : L'internationalisation des médias

rapporteur Evelyne MENGUE A KOUNG
CRTV, Cameroun.

C'est la nouvelle configuration des médias qui est ici en débat. Des médias qui, grâce à la technologie, défient les frontières, diversifient et multiplient leur public potentiel, tendent vers une démarche globale ou globalisante de " prise en charge " de l'information. Illustration pratique, " Le petit journal.com ", présenté par madame Cécile Vrain, première intervenante de ce atelier. Un journal en ligne qui, dans son fonctionnement et sa structure, incarne cette internationalisation. Ainsi que l'indique Cécile Vrain, rédacteur en chef du Petit Journal de Budapest, le journal assure une présence internationale (75.000 lecteurs francophones environ). Des bureaux sur tous les continent, mais en plus, un éclatement des pôles de responsabilités : Le directeur de la publication est à Bangkok en Thaïlande, les correcteurs sont à Mexico au Mexique, la rédaction en chef est en Ardèche en France ! L'équation du financement de ce journal gratuit est à plusieurs inconnues : l'immensité de l'espace virtuel, la difficulté à trouver des sponsors, etc.
Cependant, il existe un autre enjeu plus fondamental de l'avis de Nikos Bakounakis, rédacteur en chef de " To Vima ", deuxième à prendre la parole, l'enjeu linguistique donc socio-culturel. L'internationalisation des médias s'accompagne en effet aujourd'hui d'un danger de monolinguisme et notamment du primat de l'anglais. En servant de relais à la diffusion de cette langue supposée du plus grand nombre, les médias fragilisent les grandes langues européennes et, par là, un héritage culturel séculaire. Selon l'intervenant grec, il appartient à la Francophonie d'inverser la tendance et minimiser ce péril linguistique.
Tidiane DIOH, le responsable du Programme Médias à la Francophonie, troisième intervenant, affirme d'emblée qu'il n'y a pas d'internationalisation de médias, même s'il existe des médias internationaux. L'enthousiasme et les espoirs que suscite Internet aujourd'hui rappellent l'invention du télégramme en 1837. Le monde ne désespère pas de rapprocher ses extrémités. Mais il subsiste un décalage nord-sud dans l'appropriation de ces nouveaux outils. L'échec du Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication prôné par l'Unesco au début des années quatre-vingt en témoigne. Le défi des médias du Sud est avant tout d'adapter leurs méthodes et techniques d'écriture, leurs démarches éditoriales à une diffusion internationale, pour apprendre à parler au monde. Améliorer les contenus, s'ouvrir des perspectives nouvelles est en tout cas le crédo du Réseau des Médias Francophones (MEDIAF ) présenté par Sévérine Laurent, sécrétaire général adjointe de ce réseau. Crée en 1998 initialement pour les médias du sud, MEDIAF veut s'ouvrir au reste de l'espace francophone et aux autres supports traditionnels (radios-télévisions). Tout le bureau de ce réseau présent à Bucarest compte sur la tribune offerte par les assises de l'UPF pour inciter à des adhésions à MEDIAF. Une adhésion gratuite pour une synergie de moyens et d'actions.
Le débat riche, a laissé émerger quelques idées majeures : l'internationalisation suggère une plus grande connaissance du public ou des publics des médias. Elle n'est pas une panacée, il faut aménager les conditions de sa mise en œuvre au risque de l'affadir. L'enjeu culturel est vital. Une action concrète pourrait être un soutien plus accru aux médias francophones évoluant dans un espace où le français est marginal. Le Fonds d'appui à la presse francophone que développe l'OIF existe déjà à cet effet, autant que des réseaux d'échanges entre instituts de formation en Journalisme et Communication dans ce même espace linguistique à l'exemple du réseau Théofrasque. Des créneaux à explorer par ces médias francophones qui se sentent parfois injustement livrés à eux-mêmes.
En bref, l'internationalisation des médias est en construction. Elle aura du mal à être une réalité si les différents clivages (technologiques, idéologiques, linguistiques) ne sont pas abolis.

Evelyne Mengue A Koung
Rapporteur
Bucarest, 23 septembre 2006