Jeudi
30 novembre 2000
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Message
de Son Excellence le général
Emile
Lahoud
Président de la République libanaise
adressé à l'Union internationale des journalistes et de
la presse de langue française (UIJPLF) à l'occasion des
32e Assises de la presse francophone.
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Message
présidentiel lu par S.E. M. Elysé El Alam,
ambassadeur du Liban à Paris, lors de la séance de clôture
des 32e Assises de la presse francophone,
dans l'hémicycle du conseil régional d'Ile-de-France à Paris. |
Mesdames,
Messieurs,
Il
m'est agréable de partager avec vous la commémoration du 50e anniversaire
de la fondation de l'Union internationale des journalistes et
de la presse de langue française.
C'est
à travers le patrimoine d'une nation que se déchiffrent le mieux
son histoire et l'originalité de sa culture. Celui du Liban témoigne
d'un espace accueillant, ouvert sur le monde, fait de curiosité
pour l'autre et nourri d'un dialogue avec l'universel.
Ce
faisant, le Liban s'est doté de trois vocations : arabe, méditerranéenne
et européenne. S'agissant de cette troisième dimension, c'est
essentiellement à travers la pratique ancienne du français qu'elle
se développe et s'affirme sur ses rivages.
Les
relations entre le Liban et la France, et à travers elle l'ensemble
de l'espace francophone, ne sont pas un caprice de l'histoire.
Ces relations sont d'autant plus privilégiées qu'elles sont une
constante dans l'histoire diplomatique de nos deux peuples : par
leur ancienneté certes, mais aussi par leur attachement aux valeurs
humaines que nous entretenons, et que chacun de nos deux pays
défend, à sa manière, et selon ses moyens.
Déjà
en 1946, André Gide disait à Beyrouth : "De me trouver
parmi vous, Libanais, d'où vient que mon émotion soit si vive
? C'est que je sens de toutes parts, ici, combien le Liban participe
à notre culture. Et comme il advient dans cette sorte d'échanges
mystiques, l'on ne distingue dès lors plus bien ce que la France
doit au Liban ou ce que le Liban doit à la France."
L'importance
de ce trait d'union entre l'Europe et l'Orient, initié dès le
XVIe siècle, va nous importer la modernité du siècle des Lumières.
Ceci permit au Liban d'être longtemps à l'avant-garde de toutes
les réformes entreprises au Proche-Orient. Que l'on songe à la
première imprimerie installée au Liban dès 1610, à la première
école dans la conception moderne du terme en 1789, au premier
théâtre fondé en terre arabe en 1847, au premier quotidien en
1858, à la première université en 1866, à la première revue scientifique
en 1870, à la première encyclopédie en 1876, sans oublier que
c'est également au Liban que naquit la première "commune"
arabe, soixante-dix ans seulement après la chute de la Bastille.
Quant
à la presse francophone, elle est ancienne et florissante au Liban.
Elle s'exprime aujourd'hui à travers un quotidien (ils étaient
trois avant la guerre), cinq hebdomadaires et une dizaine de mensuels
spécialisés, tous d'une très grande tenue. Par ailleurs la production
de six maisons d'édition libanaises est aussi francophone. Deux
prix littéraires, décernés à Paris et à Beyrouth, couronnent annuellement
le meilleur de cette production éclectique. Enfin, le Salon Lire
en français et en musique attire chaque année des milliers
de visiteurs, mais aussi des auteurs, des journalistes, des musiciens
et des intellectuels francophones de tous les horizons. C'est
dire combien le Liban est intéressé par tout ce qui touche à la
presse et à la propagation de l'information libre dans le monde.
Le
Liban participe aussi à toutes les instances francophones internationales,
et c'est avec joie qu'il vous accueillera, pour les 33èmes Assises
de la presse francophone du 18 au 24 octobre 2001, en marge du
Sommet de la Francophonie, et vous souhaite d'ores et déjà la
bienvenue au Pays des Cèdres.
Je
souhaite à votre assemblée, consciente de ses responsabilités
à véhiculer l'information objective à travers le monde, de réussir
dans sa noble tâche.
Emile
Lahoud
président de la République Libanaise
30 novembre 2000