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HISTOIRE DE L'UNION DE LA PRESSE FRANCOPHONE

Limoges 1950 par Roger QUEYROI

Portrait...

wpe120.jpg (50568 octets) à l'origine de l'UPF

Dostaler O'Leary

Le fantassin de la francophonie

Ingénieur chimiste, journaliste et écrivain.
Né le 16 août 1908 à Berthierville, Québec
Mort le 18 avril 1965 à Paris.


Dostaler O'Leary publia en octobre 1955 dans la revue Le journaliste canadien français un article retraçant les conditions dans lesquelles fut créée l'association internationale des journalistes de langue française. L'extrait ci-contre rappelle les circonstances de cette fondation qui permit de réunir au Canada le premier congrès international de journalistes.

"... En 1950 - le syndicat des journalistes de Montréal avait 5 ans - nous reçumes du Syndicat national des journalistes de France une invitation à assister à son congrès annuel à Limoges. Nous n'avions pas les fonds pour payer le déplacement d'un délégué ; nous pensions tous qu'il aurait été déplorable de décliner cette invitation de confrères avec lesquels notre activité professionnelle se doublait d'une affinité culturelle. Une démrache auprès du gouvernement du Québec - gouvernement officieux de tout le Canada français - nous permit de résoudre le problème. le pont était jeté; je n'ai pas besoin de vous dire que plus rien ne le coupera.

A Limoges, je retrouvai des confrères rencontrés l'année précédente aux Nations-Unies à New York, où nous avions été unanimes à déplorer, pour des raisons d'ordre pratique autant que culturel, le retard apporté à l'émission de communiqués en français, et, en général, la portion congrue faite à notre langue. A côté de nous, anglo-américains et hispano-américains se tenaient solidement groupés. A Limoges, des confrères venus de Genève signalèrent une situation identique au B.I.T. Une motion, adoptée à l'unanimité, recommanda la formation d'une association internationale de journalistes d'expression française. Un comité provisoire fut formé, des contacts furent immédiatement pris avec les journalistes suisses et belges : l'Association internationale des journalistes de langue française était fondée et le congràs constitutif devait se tenir à Paris en 1952

Cette affiliation des journalistes canadiens-français ne pouvait demeurer platonique ; sans doute, étions-nous de tous les congrès : Champoux et moi à Paris, en 1952, lors du congràs constitutif ; en 1953 à Neufchatel, en 1954 à Dijon, où de deux délégués nous passions à sept comptant cette fois dans nos rangs notre secrétaire Jean-Marc Léger. Mais pour donner son plein à notre association, pour la rendre plus tangible à nos confrères canadiens, c'est au Canada, malgré les difficultés qui ne nous échappent pas au départ, que nous avons insisté pour convoquer son quatrième congrès international qui, on peut le dire sans pour cela tenter de se gonfler d'importance, aura une réception mondiale.

Ce congrès est tout d'abord le premier congrès international de journalistes à se réunir au Canada et même en Amérique du nord. Qu'il soit de plus un congrès de journalistes d'expression française sur une terre aux 95 pour cent, sinon davantage, anglo-saxonne, lui donne une signification toute particulière. Il devient l'affirmation dans le monde de la présence française au Canada, d'une présence et aussi d'une vitalité qui ne manqueront pas d'étonner. Car pour le monde entier - et nos ambassades à l'étranger, comme je viens de m'en rendre compte dans trop de pays, contribuent à imposer cette impression - pour le monde entier le Canada est surtout, sinon uniquement un pays de langue anglaise ".

Dostaler O'Leary
Le journaliste canadien-français
octobre 1955.